‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 91 sur 327 · Advisait son fait · texte numérisé non relu

Advisait son fait

2. Ny destruitle; destruit dans le langage du temps aie sens de u ravager », encore plus que celui de « anéantir ».

Le lendemain lundi, qui fut le xi® du mois, le roi alla ouïr la messe en ville, et là ceux de Reims, de Châlons * et d'autres bonnes villes, vinrent lui promettre obéissance. Ceux de Reims disaient que depuis longtemps * ils attendaient sa venue à grande joie.

Incontinent après la messe le roi partit pour Châlons, sans boire ni manger. Quand le roi fut passé avec tous ses gens, ceux de la ville qui étaient sur les murailles virent une grande compagnie de gens d'armes, — ils étaient bien de cinq à six mille, — tous casque en tête ^ ayant chacun une lance devant, un fanon blanc en leur main, qui suivaient le roi, comme à la distance d'un trait d'arc ; ils les avaient vus pareillement à l'arrivée devant la cité. Sitôt que le roi eût disparu*, ils ne surent ce qu'ils devinrent.

Le xvii' jour du môme mois de juillet, le roi fut sacré et couronné en la ville de Reims; et c'était fort belle chose de voir le mystère; car il fut aussi solennel, et l'on trouva toutes choses, comme habits royaux, et tous autres objets à lui nécessaires, aussi bien appointés pour l'accomplir, que si le roi l'eût mandé un an d'avant. Il y eut tant de gens que c'était chose infinie, et [infinie aussi) la grande joie que chacun en avait.

MM. le duc d'Alençon, le comte de Clermont, le comte de Vendôme, les frères de Laval, de La Trémoille et de Gaucourt, y furent en habit royal \ Mgr d'Alençon fît habiller le roi. Losdits seigneurs représentèrent les pairs de France. Mgr d'Albret tint Fépée devant le roi durant ledit mystère. Les pairs de l'Eglise y étaient avec leurs mitres et leurs croix; Messieurs les évoques de Reims et de Châlons qui sont pairs ; et au lieu des autres, les évoques de Sens {de Séez) et d'Orléans et deux autres prélats.

Pour aller quérir la sainte ampoule en l'abbaye de Saint-Rémy, pour l'apporter à la grande église de Notre-Dame, où fut fait le sacre, furent ordonnés le maréchal de Boussac, les seigneurs de Rais, Gra ville et La Ilire avec leur quatre bannières, que chacun portait en sa main. Tous quatre étaient armés de toutes pièces, à cheval, bien accompagnés, pour conduire Tahbé dudit lieu qui apportait ladite ampoule. Ils entrèrent à cheval en

1. C'est contraire au récit de Rogier, que l'on verra plus loin, au moins pour Reims.

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