‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 98 sur 327 · Erreur en ce qui concerne la Pucelle · texte numérisé non relu

Erreur en ce qui concerne la Pucelle

au nombre de trente environ. Tous furent noyés. L'événement fut regardé comme miraculeux.

En cette conquête les Français gagnèrent grande abondance de vivres, et beaucoup d'artillerie, bombardes, canons, serpentines, veuglaires et autres engins de guerre, et conquirent aussi du mobilier.

Le même jour, assez tard, la Pucelle et ses gens, rentrèrent à Orléans, avec grande joie au cœur, rendant grâces à Dieu de la victoire, et menant leurs prisonniers devant eux.

A la revue des gens de la Pucelle, faite après la victoire et Tassaut, il ne se trouva que cinq hommes de moins, et quelques blessés.

Quelques-uns affirmèrent que durant lassant deux oiseaux blancs furent vus sur les épaules de la Pucelle. Les Anglais prisonniers dirent et attestèrent que les Français leur avaient paru trois fois plus nombreux qu'ils n'étaient, et que, par suite, ils avaient été si épouvantés qu'ils en avaient perdu la force de se défendre.

Le dimanche suivant, lendemain de cette victoire et de cette conquête, au point du jour, les autres Anglais des bastilles du côté de la Beauce, voyant leur maie aventure et redoutant la puissance de la Pucelle, abandonnèrent leurs places et bastilles, s'enfuirent tous ensemble, au nombre de deux mille cinq cents combattants, tant à pied qu'à cheval. Ceux de la ville et la Pucelle, voyant cette fuite, sortirent d'Orléans au nembre d'environ cinq cents chevauchcurs ; ils tombèrent sur la queue des fuyards, en tuèrent et prirent quelques-uns, sans qu'ils se retournassent, ou fissent quelque démonstration de se défendre *. Ce que voyant, la Pucelle lit retirer ses gens et cesser la poursuite, disant que puisqu'ils partaient. Ton ne devait pas trop les harceler; que d'ailleurs c'était dimanche, jour et fête du repos de Dieu, et qu'elle leur avait donné jour pour se retirer jusqu'au lundi.

L'on rentra dans la ville, et, la nuit accordée au repos, le lendemain ceux d'Orléans sortirent, et allèrent aux bastilles délaissées par les Anglais. Ils y trouvèrent des vivres, de l'artillerie et d'autres armements de guerre, pour une grande somme d'argent.

1 . Le chroniqueur attribue ici à la Pucelle ce qui fut le fait de La Hire, après des incidents racontés par d'autres historiens.

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