‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 137 sur 381 · LES RÉVÉLATIONS DE LA PUCELLE · texte numérisé non relu

LES RÉVÉLATIONS DE LA PUCELLE

d'être la jeune fille exemplaire, de confesser souvent ses péchés, de garder la virginité d'âme et de corps. Tous leurs conseils et toutes leurs exhortations avaient donc pour but la sainteté, la piété, les pratiques catholiques.

« Ce sont ces esprits qui l'invitèrent à garder la virginité, et rien n'est plus connu que la fidélité avec laquelle elle l'a conservée toute sa vie. Ce n étaient donc pas des esprits immondes. Job (XI), nous parlant du démon sous le nom de Béhémot. nous apprend qu'il dort dans les marais, c'està-dire dans la luxure. Le Seigneur ayant chassé des démons, ils lui demandèrent d'être reliés dans des porcs luxurieux, pour eux délicieuse habitation.

« Il est établi par le procès, par les enquêtes sur la vie et la conduite de la Pucelle, qu'elle a promptement obéi aux pieux conseils des esprits. Les esprits mauvais n'ont pas coutume de donner pareils enseignements; les leurs sont le plus souvent en opposition avec ceux de la Foi.

« Un troisième signe d'une bonne révélation, c'est la patience qui amène la durée et la persévérance dans les bonnes œuvres. La patience de Jeanne a brillé dans les épreuves, notamment dans la constance de sa chasteté, que jusqu'à la mort elle a conservée dans son intégrité, au milieu des hommes d'armes. Partout où se trouve une vierge, là se trouve un temple de Dieu, enseigne saint Âmbroise au chapitre Tolerabilius (causa XXXII, q. V). La virginité jointe à l'humilité mérite toute admiration [Hoc auUm Kripsimm, XXX dist.). Jeanne, autant qu'elle le pouvait, bannissait hardiment de l'armée les femmes de mauvaise vie.

u Elle rendait le bien pour le mal; ce qui est le sommet d'une patience arrivée à la perfection, d'après S. Augustin au psaume CVIII [Beus laudem), Jeanne défendait de tuer, de blesser des ennemis de toute insolence, alors qu'ils étaient tombés aux mains de ses compagnons d'armes. Elle avait en horreur l'eiTusion du sang humain ; elle endurait très patiemment les injures dont elle était l'objet de la part du camp ennemi ; elle épargnait les vaincus, elle avertissait les chefs de cesser la dévastation de la France, et de rentrer dans leurs foyers. C'est démontré par la déposition de nombreux témoins dignes de foi, et par plusieurs endroits du procès.

(' Un quatrième signe de bonne révélation, c'est la vérité. Ce signe est donné au Deutéronome (XVIir, où il est dit : « Vous direz intérieurement : comment comprendre si cest le Seigneur qui parie (par la bouche d»^ celui qui se donne comme prophète) ? La réponse vient à la suit« : Si ce que le prophète a annoncé n'arrive pas, le Seigneur n'a pas parlé.

« De ce passage les docteurs tirent deux conclusions : La première, c'est que nul ange, nul prophète n'annonce l'avenir, sans que cet avenir ne se réalise dans le sens que le prophète ou le Saint-Esprit avaient en Mie. Tels ne sont pas les oracles des démons ; les démons trompent et sont trompés. La seconde : si ce que le prophète avait prédit n'arrive pas dans le sens que semblent indiquer les mots, le prophète recevra à ce sujet une seconde révélation, par laquelle le Saint-Esprit lui manifestera comment il faut entendre la prophétie : si c'est dans un sens conditionnel, littéral ou mystique. Il en fut ainsi pour Jonas au sujet des Ninivites, pour Isaïe au sujet d'Ezéchias.

« Jeanne a prédit des événements futurs, en un temps où ils se dérobaient à la connaissance des hommes ; lorsque, vu la diversité des fortunes, personne ne pensait qu'ils pussent humainement se réaliser. Ces événements futurs dépendaient de la volonté variable des hommes ; les démons ne peuvent former sur cela que des conjectures, sans pouvoir en affirmer rien de certain. Jeanne les affirmait avec gi-ande assurance, tels que nous les avons vus se produire; preuve que c'étaient de vraies prophéties, des prophéties venant de Dieu, ainsi que l'enseigne saint Augustin aux livres XVII et XVIII de la Cité de bien.

« Jeanne a prédit la levée du siège d'Orléans, le couronnement du roi, la soumission de la ville de Paris avant sept ans, l'expulsion des Anglais du royaume entier, la paix avec le duc de Bourgogne. Tout est arrivé, comme elle l'avait prophétisé.

« Guillaume de Paris, dans la seconde partie de son livre de l'univers [Départe nobiliori)^ enseigne que les bons anges ont un soin particulier de la défense des nations, des cités, des contrées, des royaumes; et il en donne pour raison la grandeur ou l'abondance de la charité dont les anges et les âmes saintes sont remplis. Si le bien de la paix qu'ils cherchent à procurer aux hommes n'en résulte pas toujours, cela ne provient pas d'un défaut de leur part, mais bien de la malice des hommes. Ainsi, avant la destruction de Jérusalem, on entendit les anges s'écrier : sortons d'ici.

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