LE ROI ET LE ROYAUME DE FRANCE
Le roi, — Jeanne disait que Tange remémorait au roi sa grande patience dans les tribulations; ce qui nous autorise à penser que c'est cette patience et ses autres vertus, qui ont valu à notre monarque le secours de ceUf Pucelle. On voit qu'elle répondit, dans un interrogatoire du procès, qu elle était venue pour grande chose, à savoir pour porter secours aux bonnes gens d'Orléans, et aussi pour les mérites du bon roi et du bon ducd'Orléan>. Il y a tout à croire en effet que le roi, privé de tout secours humain, avait mis toute son espérance en Dieu, et que dans cette confiance son cœur lui disait avec le pieux Josaphat : Ignorant le parti à prendre, il ne nous reste. Seigneur^ qu'à lever les yeux vers vous (II Paralip., XX). Pareil moment était très convenable pour recevoir secours de celui qui aime à intervenir dans les nécessités extrêmes, le propre de la divinité étant de donner son secours quand tout est désespéré.
Le royaume. — Il a eu à sa tète des rois très glorieux, fidèles, pleins de respect et de dévouement pour Dieu et pour la sainte mère Église. Saint Jérôme disait : seule la Gaule a été exempte des monstres de Thérésie. L'éloge a continué d'être mérité, puisque jusqu'à ce jour la foi du Christ s'y est maintenue sans altération ; d'où le nom de royaume tri*? chrétien, de rois très chrétiens.
Voilà pourquoi il n'est pas permis de croire que la très religieuse maison de France, que les sujets qui lui sont soumis, aient été abandonnés de Dieu, au point d'avoir été le jouet d'une devineresse, d'une invocatrice de? démons, d'une idolâtre.