Aperçus nouveaux, p. d
Quicherat ne dit pas tout. Dans la séance du 9 mai le sanhédrin de Rouen, ayant fait étaler devant Taccusée l'appareil des tortures, délibéra si elle n'y serait pas soumise. La presque universalité des docteurs repoussa ce moyen barbare, que la loi canonique interdisait d'appliquer aux femmes. Trois des opinants furent d'un avis contraire ; Courcelles est un des trois \
L'Université de Paris a pressé Luxembourg de livrer sa prisonnière aux tribunaux ecclésiastiques; il a réprimandé Cauchon de la lenteur de ses poursuites, exhorté le roi d'Angleterre à se hâter. Ces négociations ont duré sept mois. Au moment où l'Université y prend une part plus odieuse, son recteur est Courcelles, du 10 octobre au 16 décembre ^
Thomas Courcelles fut interrogé pour la réhabilitation de 1436. Voici le jugement porté par Quicherat sur sa déposition : « L'embarras qui rogne dans toutes ses réponses est digne de pitié. Ce ne sont que réticences, hésitations, omissions : des circonstances qui devaient faire le tourment de sa mémoire, il ne se les rappelle pas ; d'autres qu'il avait consignées dans sa rédaction, il les nie. Toute son étude est de donner à entendre qu'il a pris peu de part au procès. Mais cela n'est pas admissible ^ »
Ainsi parle de Courcelles le paléographe qui, dans le reste des lignes quïl lui consacre, lui est on ne peut plus sympathique, comme cela devait être. Courcelles a des titres aux sympathies des libres-penseurs.
Qu'était donc ce bras droit de Cauchon et que devait-il être durant la longue carrière qui lui restait à parcourir? Quicherat répond : « Il faut reconnaître en lui le père des libertés gallicanes. Après les avoir dictées Tune après l'autre à l'assemblée (de Bàle), il eut l'art inconcevable de les faire accepter à Rome ^ »
Père des libertés gallicanes^ c'est incontestable. Du Boulay l'appcîlle le défenseur très intrépide de ces libertés, ennemi irréconciliable des annales et de pareilles exactions de la cour de Rome*.
« Personne plus que Courcelles n'a dicté un plus grand nombre des articles du saint concile (de Bàle), » écrivait de lui un jeune tonsuré, présent à Bâle, à la suite d'un prélat révolté contre Eugène IV, -^neas Sylvins Piccolomini, qui, revenu à des sentiments orthodoxes, devait être le grand pape Pie II, et réprouver en termes fort énergiques ce qu'il avait dit h. l'honneur de la schismatique assemblée^.
Un des bons historiens de l'Église, Sponde, appelle Thomas Courcelles