Les VVicléfistes
2. Le chroniqueur exagère les malheurs de l'Angleterre à la date où il écrit ; mais ils devaitmt dépasser de beaucoup ce qu'il en dit, dans quelques années, avec la guerre des Deux-Roses. 11 prophétisait vrai en disant que ce que souffrait l’Angleterre vers 1436 n'était que le commencement de ses calamités.
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JEAN NIDER
des propriétés de ces animalcules. Le Formicarhim a été détaché du Maliens et édité à part. Nider a adopté la forme du dialogue entre un disciple auquel il donne le nom peu honorable de Piger ^ et un théologien.
C’est dans le Formicarium^ au chapitre vin, qu’il parle de Jeanne la Pucelle ; non seulement de la vraie Pucelle, mais aussi de la fausse Jeanne d’Arc, et de la martyre qui rendit témoignage à la vraie, en montant sur le bûcher avant elle et pour elle, de Pierronne de Bretagne. A ces titres, le passage va être reproduit tout entier.
« Piger. — Y a-t-il de notre temps des hommes de bien qui, à votre avis, aient été trompés par des magiciennes et des sorcières?
« Le Théologien. — Je suspends mon jugement sur les faits que je vais raconter; mais je dirai ce que rapporte la voix publique et est de notoriété. Je cite aujourd’hui un professeur de théologie, mon insigne frère, Henri Kaltyser, inquisiteur delà perversité hérétique. Il remplissait l’an dernier son office d’inquisiteur à Cologne, ainsi qu’il me l’a raconté. Il sut que dans les environs il y avait une jeune fille qui, en tout temps, se donnait les allures d’un homme ; elle marchait armée, avait des vêtements flottants, comme un des soldats soudoyés par les nobles ; elle se livrait à la danse avec des hommes, festinait et buvait, plus que ne le comporte le sexe féminin, qu’elle avouait être le sien.
a Le siège épiscopal de Trêves, comme, hélas! encore aujourd’hui, était alors, à la grande douleur des habitants, disputé par deux contendants ; cette jeune fille se vantait de pouvoir et de vouloir introniser l’un des deux, ainsi que la vierge Jeanne, dont je vais parler, avait fait pour Charles, roi des Francs, qu’elle avait raffermi dans son royaume. Bien plus, elle affirmait n’ôtre autre que cette môme Jeanne elle-même, que Dieu avait ressuscitée. Un jour donc étant venue à Cologne avec le jeune comte de Wertemberg, qui la protégeait et la favorisait, elle accomplissait en présence des nobles plusieurs choses extraordinaires qui semblaient relever de la magie. L’inquisiteur lui envoya une citation et lui intima publiquement l’ordre d’avoir à se soumettre à un sérieux examen. On racontait qu’elle avait, en présence de tous, déchiré une grande nappe, et qu’elle l’avait, sous les yeux de tous, remise soudainement dans son état premier, qu’elle brisait le verre en le jetant contre le mur, et qil’en un instant elle le rendait à sa primitive intégrité; elle faisait d’autres choses vaines du même genre. La malheureuse refusa d’obéir au commandement de l’Eglise, le comte susdit empêcha qu’elle ne fût saisie, et la fit secrètement évader de Cologne. Mais si elle échappa aux mains de l’inquisiteur, elle n’évita pas le lien de l’excommunication.
« Sous le coup de pareille sentence, elle sortit de l’Allemagne et entra en France. Un chevalier, pour la soustraire aux peines et au glaive de l’Église,
LA VlERGE-GÜERaiÈRE DANS LA CHRÉTIENTÉ.
la prit en mariage. Ensuite, un prêtre, je me trompe, un vil séducteur, parvint à se l’attacher. Fuyant secrètement avec lui, elle vint à Metz, où vivant avec lui dans un état de concubinage, elle montra à tous d une manière bien patente l’esprit qui la conduisait.
« Il y a moins de dix ans, on vit en France une jeune fille, appelée Jeanne, que j’ai déjà nommée. Elle était, à ce que l’on croyait, remarquable par son esprit de prophétie et par sa puissance miraculeuse. Elle portait constamment le vêtement d’homme. Les doctes épuisèrent inutilement leurs exhortations pour le lui faire laisser, et l’amener à prendre ceux de son sexe, alors surtout qu’elle disait hautement être vierge et femme.
« En signe des victoires que je dois remporter, disait-elle, et pour que « je prophétise par la parole et par le costume. Dieu m’a envoyée avec un « habit d’homme, secourir le vrai roi de France Charles, et l’affermir dans « la possession de son royaume, d’où cherchent à l’expulser le roi d’Angle- « terre et le duc de Bourgogne. » Alors, en effet, ces deux princes alliés opprimaient très lourdement la France devenue un champ de carnages et de batailles.
« Jeanne marchait toujours à côté de son Seigneur comme l'aurait fail un chevalier. Elle prédisait bien des événements à venir et des événements heureux; elle eut sa part dans quelques victoires; et elle accomplissait de telles merveilles que ce n’était pas seulement la France, c’étaient tous les royaumes de la catholicité qui en étaient dans l’ébahissement.
« Elle en vint à tel excès de présomption que, même avant d’avoir reconquis entièrement la France, elle menaçait par lettres les Bohémiens, parmi lesquels pullulaient alors les hérétiques.
« Séculiers et ecclésiastiques, réguliers et moines se demandaient quel esprit la conduisait, si c’était l'esprit du démon ou l’esprit de Dieu. Des hommes du plus haut savoir écrivirent à son sujet des traités, où ils émettaient sur la Vierge des sentiments non seulement différents, mais contraires.
« Après avoir été, durant quelques années, d’un grand secours au roi Charles, et l’avoir consolidé sur son trône, par disposition divine, ainsi qu’on le croit, elle fut prise par les guerriers anglais et jetée en prison.
« On fit venir et on convoqua en très grand nombre des maîtres en droit divin et humain, et elle fut soumise à de longs interrogatoires. J’ai appris de Nicolas Lamy, licencié en théologie, député de l’I niversité de Paris {à l'assemblée de Bâle), qu’elle avait fini par avouer vivre dans la familiarité d'un Ange de Dieu. Des hommes du plus éminent savoir jugèrent, d’après plusieurs indices et plusieurs preuves, que cet Ange était l’esprit
JEAN NIDER
du mal. 11 en avait fait comme une magicienne. Les juges permirent à la justice séculière de la livrer aux flammes, ainsi que le roi d’Angleterre Ta fait savoir à notre empereur Sigismond, dans un écrit détaillé où il donne la suite de cette histoire.
A la même époque, parurent dans les environs de Paris, deux femmes disant hautement être envoyées par Dieu, pour venir en aide à Jeanne la Pucelle. Ainsi que me Ta exposé de vive voix ledit maître Nicolas, elles furent comme magiciennes et sorcières appréhendées par l’inquisiteur de la foi. Examinées par plusieurs docteurs en théologie, il fut établi que leurs extravagances étaient l’effet des tromperies du malin esprit.
« L’une d’elles se reconnaissant séduite par Tange de Satan, se repentit sur les représentations des maîtres de ses erreurs passées, et les abjura comme c’était son devoir. L’autre, persistant dans son opiniâtreté, périt dans les flammes.
« Piger. — Je ne puis assez m^étonner comment le sexe faible peut en venir à de tels excès de présomption.
« Le Théologien. — Les simples qui te ressemblent en sont surpris; mais aux yeux des sages, semblables excès ne sont pas étonnants. Dans la nature il y a trois classes d’êtres qui, s’ils sortent des limites ordinaires, soit en bien, soit en mal, atteignent le sommet de la bonté ou de la perversité ; ce sont la langue, l’homme d’Église et la femme. Régies par le bon esprit, c’est l’excellent; régies par le mauvais, rien n’csl pire. »
(Nider développe successivement chaque partie de son assertion.)
Cette page de Nider donne lieu à d’importantes remarques :
1® Nous voyons à quelles sources empoisonnées le célèbre dominicain avaitpuisé ses informations. D’une part, c’estNicolas Lamy, un des grands personnages de la corporation qui fut l’implacable ennemie de la céleste envoyée, de TUniversité de Paris. Si Lamy ne fut pas présent à Rouen, il fut à Bâle le collègue actif des Erard, des Bpaupère, des Courcelles, ces grands acteurs du drame sacrilège de Rouen et de Bâle ; d’une autre part, Nider puise dans la lettre empestée que la cour d’Angleterre avait envoyée à l’Empereur et à tous les rois, ducs, etc., de la chrétienté entière. Impossible de rien trouver de plus déterminé contre la victime de la place du Vieux-Marché.
Cependant le Théologien est loin d’être convaincu. 11 dit, en effet, qu’il suspend son jugement sur les faits qu’il va raconter. Il est de toute évidence qu’il ne le suspend pas sur la des Armoises, ou la fausse Jeanne d’Arc. A ses yeux elle est, — ce qu’elle était vraiment — une indigne scélérate. Son doute ne porte donc que sur la Vénérable, et sur celle qui
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la crut inspirée au point de monter sur le bûcher en témoignage de sa foi.
2° Le récit du religieux nous apprend de précieux détails sur l’idée que l’on se formait de la Vénérable dans l’Allemagne et la chrétienté entière. Elle était regardée comme une Vierge, remarquable tant par l'esprit de prophétie que par le don des miracles. Les merveilles qu’elle accomplissait étaient telles qu’elles jetaient dans la stupéfaction non pas seulement la France, mais encore tous les royaumes de la chrétienté. Virgo... tam prophelico spiritu quam miraculorum potestate^ ut putabatur, clarens... mira talia perpetrabat^ de guibus nedttm Francia, sed omnia christianorum régna stupebant.
3° La Pucelle portait l’habit viril, m signum victoriæ, ut verbo prædicem et habita... Encore qu’il y eût un autre motif, celui-là existait ; il a été allégué par Jeanne au cours du procès.
4“ Nider fait dire à Jeanne : « Je suis envoyée par Dieu pour aider le vrai roi de France Charles et t affermir dans son royaume », et il confesse qu’il en a été ainsi, par cette transition à sa captivité : Postquam regem Carolum in multis juvisset et (îrmasset regno. Il dit qu’elle fut prise, ut creditur., nutu divino, ce qui est vrai, mais dans un sens différent de celui du théologien. Les Saintes disaient à leur disciple : Il faut que tu sois prise.
5° L’authenticité de la lettre aux Hussites reçoit une confirmation de ce passage du dominicain. Encore qu’il affirme que l'on composa des traités tant pour que contre la mission divine, nous ne possédons en dehors du procès de condamnation que des traités pour ; car l'on ne peut pas donner le nom de traité aux assertions gratuites et en opposition avec les faits que la haine a laissées tomber de la plume des auteurs anglo-bourgu ignons .
6” Même avant son martyre, Jeanne, comme le Sauveur, a eu sou témoin, et son témoin jusqu’au bûcher. Nider, qui, avec Chuffart, est le seul qui nous parle de Pierronne de Bretagne, ne donne pour motif de son supplice que le témoignage qu’elle rendait à Jeanne. 11 était cependant à bonne source pour savoir la vraie raison de la condanmation, puisqu’il l’a apprise de la bouche même de l’un des juges. Pierronne de Bretagne mériterait une étude sérieuse, basée sur des documents ; mieux vaut cependant se contenter de ce que nous en disent Nider et Chuffart que d’échafauder, comme on l’a fait, des romans sur ce nom défiguré. Le roman, la fantaisie, le conte, voilà les vrais fléaux de la céleste histoire. C’est vouloir barbouiller le poème réel créé par l’infinie sagesse.
Fallait-il que l’Université de Paris fût animée d’une vraie rage contre la Pucelle pour condanmer au feu celle qui soutenait avec la catholicité
LE DOYEN DE SAINT-THIBAUD DE METZ
qu elle était divinement envoyée, alors même que la cause n’avait été examinée que par un tribunal favorable, celui de Poitiers. Que pouvait attendre la captive, lorsque neuf mois avant le supplice les abominables
docteurs se montraient si barbares ! Anathème à leur mémoire !
LE DOYEN DE SAINT-THIBAÜD DE METZ
Dom Calmet a publié au tome 11 de son Histoire de Lorraine^ parmi les preuves, une Chronique de Metz, commençant en Tan 1229 et finissant en 1445. L’auteur se désigne ainsi : A’., Doyen de Saint-TItiband^ curé de Saint-Supplice. 11 nous fait connaître qu’il écrit sous le règne de Charles Vil; c’est donc un contemporain des événements. Sa chronique, succincte dans ses débuts, s’étend au fur et à mesure qu’il se rapproche de lage où il vivait.
Le doyen n’a pas bien fondu ce qu’il dit de la Pucelle. 11 donne un sommaire de son histoire à la date de 1428. L’année commençant alors à Pâques, la Libératrice est entrée en scène dans les dernières semaines de l’année 1428; elle fut approuvée par les docteurs de Poitiers, et mise en œuvre dans les premières semaines de l’année 1429, quelle que soit la manière de supputer les dates. Le chroniqueur y revient à l’année 1429 et même 1430.
Au moment où il écrivait ses lignes sur la Pucelle, la fausse Jeanne d’Arc devait être dans sa plus grande vogue ; car on voit qu’il croyait à l’aventurière, et pensait que Jeanne d’Arc avait échappé au bûcher. C'est ce qu’il dit sous l’année 1428 ; mais il n’en parle plus à l'année 1 429.
Est-ce pour démentir encore mieux cette fausse assertion que le doyen aura écrit en 1460 la suite des rois de France avec les années de leur règne, et qu’arrivé à Charles Vil, il lui consacre quatre ou cinq pages où il est exclusivement question de la Pucelle ? Ce qui est certain, c’est que l’œuvre est tout entière dans cette sèche nomenclature terminée par le passage que l’on va lire. 11 a été édité pour la première fois par Quicherat ; il était alors dans le n® 122 du fonds Cangé, devenu maintenant le n® 3736 du fonds français de la Bibliothèque nationale.
Le doyen écrit en français messin. Le style a été légèrement rajeuni.
« 1428. — Vous devez savoir de ce roi Charles, dont j’ai parlé, qu’il fut plus de quinze ans débouté et déchassé de son pays et royaume de France par les Anglais, et par le confort et aide du duc de Bourgogne, qui les soutenait et confortait à son pouvoir de toutes ses gens ; ce qui
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était contre droit et raison et contre son serment ; dont c'était grand pitié.
« En cette année advint une moult grande merveille, comme vous ouïrez ci-après; car une jeune lille native d’un pauvre laboureur de la ville de Domrémy au diocèse de Toul se mit en chemin, et elle fit tant par ses journées qu’elle vint par-devant le roi Charles de France dessus dit; elle fit tant que le roi accompagné de moult de gens vaillants et de ses amis se mit en voie de conquéler son royaume de France ; et il fit tant qu’il advint qu’en moins de trois mois, il conquit une telle partie de sondit royaume, que le dimanche xvii* jour de juillet, an MCCC et XXIX, il fut sacré en la cité de Reims, et ce fut en partie par la prouesse de cette fille appelée Jehanne.
« Elle chevauchait en armes moult hardiment, et portait dès lors (des) une moult grande lance et une grande épée, et elle faisait porter après elle une noble bannière peinturée de la benoite Trinité et de la benoite Vierge Marie. Elle avait encore cette coutume que un chacun jour, devant qu’elle montât à cheval, elle oyait deux ou trois messes, et se confessait, et recevait chacune semaine Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle aida à conquôter, moyennant les gens du roi, moult de bonnes villes, de chastels, de cités et de forteresses; mais en dernier lieu elle fut prise par les Anglais et par les Bourguignons qui étaient contre la gentille fleur de lys ; elle fut moult longuement détenue en prison, et puis envoyée en la cité de Rouen en Normandie, et là elle fut mise en un échafaud et brûlée en un feu, à ce que ton veut bien dire\ mais depuis fut trouvé le contraire. Et l’on disait que c’était sans cause, et que on l’avait fait par haine.
« Il fut encore dit pour le temps qu’elle régnait avec le bon roi Charles, que bientôt après son sacre, elle/conseillait bien d’aller- devant Paris, et disait pour vrai qu’ils la prendraient ; mais un sire appelé La Trémouille qui gouvernait le roi, dékangea icelle chose, et il fut dit qu’il n’était pas du tout bien loyal audit roi son seigneur, et ql’il était jaloux des faits qu’elle faisait, et fut coupable de sa prise. ï)
Ledoyen^ qui a écrit ce qui précède sous la rubrique de tannée 1428, y revient en t année 1429 dans les termes suivants :
« 1429. — En celle année et en celui temps fut levé le siège que les Anglais tenaient devant la cité d’Orléans ; et il y en eut une grande partie de tués par Jeanne la Pucelle.
« Item en l’an précédent, avait été tué d’un coup de bombarde, le comte de Salisbury' et disait-on que ces choses avaient été faites par la vertu
1. Le doyen se trompe. Salîsbury avait été tué six mois avant Tarrivée delà Pucelle.
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LE DOYEN DE SAINT-TflIBAÜD DE METZ.
d'une Pucelle appelée Jeanne, qui était native de Vaucouleurs ; et disaiton que ces choses avaient été pronostiquées par certains mètres {vers) trouvés ès anciens livres de France, dont la teneur est telle :
Gallorum pulli trono bella parabunt.
Ecce béant bella, fert tune vexiUa Puella.
« Le vers suivant marque l’année 1429.
Bis seX CVCVLLI, bis septeM se soClabVnt*.
« L’année de ces événements fut aussi prédite par d’autres vers que voici :
Cum fuerint annî completi mille ducetUL
Et deciès déni fuerint in ordine pleni,
Et duo sex déni fuerint in ordine pleni.
Et duo sex déni venient ab æquore rend.
Tune périt Anglorum gens pessima fraude suoruin.
« En icelle année, par le conseil de ladite Jeanne la Pucelle, vint Charles roi de France en Champagne, à force d’armes ; il prit Troyes, Châlons et Reims, et y fut couronné au mois de juillet; et moult d’autres villes se rendirent à lui. Et au mois d’août, les deux armées furent l’une devant l’autre, et ne se firent rien. lEt le jour de Notre-Dame en septembre la Pucelle assalIETla cité de Paris, mais elle n’y fit aucun profit, et elle y fut blessée; c'est qu’elle ne fut pas bien suivie; c’est pourquoi elle lit sonner la retraite*.
« 1430. — Et en la môme année, Philippe, duc de Bourgogne, avec les Anglais mirent le siège devant Compiègne ; et un peu après Jeanne la Pucelle fut prise et mise en la main des Anglais, mais ledit siège, bientôt après la Saint-Luc* fut levé par les gens de Charles roi de France, à la grande honte, à la grande confusion de messire Jean de Luxembourg, capitaine des Bourguignons, pour ce que les Bourguignons étaient plus que les autres, et qu’ils s’enfuirent honteusement. »
[Le passage suivant vient à la suite de la chronologie des rois de France. Encore qu’il renferme quelques erreurs telles que Baudricourt conduisant lui-même la Pucelle à Chinon, Salisbury tombant sous les coups de Jeanne d’Arc, il y a cependant d’intéressantes particularités, spécialement sur la détresse du roi de Bourges.]
t. Ces vers barbares ont été déjà produits dans Bréhal, et dans la Chronique de Moro- «ini, dans Gornerius avec des variantes difficiles à expliquer. Les cinq vers qui suivent, AU moins le quatrième, sont aussi fort énigmatiques.