‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 188 sur 296 · Page · texte numérisé non relu

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EXTRAIT DES COMPTES DE LA VILLE D’ORLÉAiNS.

que la belle-mère du roi, Yolande, y fait venir de divers côtés. Tel Geffroy Drion. Il y passe vingt jours*. Si l’on pouvait douter que le premier convoi soit descendu par eau deChécy jusqu’à Orléans, on en trouverait la preuve dans les gardes qui couchent aux chalands qui l’ont amené jusqu’au pied de la tour Neuve, dans les chariots payés pour rapporter dans le grenier qui a été loué^, et jusque dans les informations faites par Jean Caseau, notaire du châtelet, contre ceux qui, pressés sans doute par la disette, sont venus de nuit embler {voler) du blé dans les chalands amarrés à l’aumône, sous le pont’.

Les détails abondent sur les achats de traits, d’arbalètes, de salpêtre, de poudre, sur la solde payée aux canonniers. Des villes alors fort lointaines ont envoyé des quantités considérables de provisions de guerre. Alby a donné 32o livres, tant salpêtre que soufre*, Montpellier cinq balles de soufre et de salpêtre pesant sept cents livres^ plus quatre arbalètes d’acier®. En 1436 la ville achète à Naudin Bouchard un long canon très bel et long; et le fit durant le siège pour getter de dessus le pont aux Anglois qui passaient la rivière de la bastille qui estait en l'isle^ à la bastille du champ Saint-Privé^ pour ce qu'il n'y avait canon en la ville qui y peust jetter’^ , On met le feu au boulevard des Tourelles au moyen de fagots et de haillons graissés; un chaland chargé de matières inflammables fétides est mis sous le pont des Tourelles.

Des guetteurs sont toujours en observation au haut des tours de Notre-Dame et de Saint-Pierre- en-Pont. Le jour de l’assaut des Tourelles, des bateliers sont sans cesse occupés à passer d’une rive à l’autre ceux qui prennent part à la bataille. En ville l’on cuit en maints endroits les pains que Von se hâte de faire passer aux combattants. La ville en a payé de quatre à cinq cents douzaines ; elle a soldé pour ce jour dixhuit tonneaux de vin, des porcs cuits à point, qui leur ont été expédiés.

Orléans ne s’est pas contenté de solder les frais de sa propre délivrance. Il a voté trois mille livres pour débusquer les Anglais de Jargeau *. Il y a envoyé ses pièces de canon, ses canonniers, sa grosse bombarde, à laquelle sont attelés vingt-deux chevaux. Même coopération à la délivrance de Beaugency La grosse bombarde a été amenée jusqu’à Gien à

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