‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 189 sur 296 · IV · texte numérisé non relu

IV

destination de La Charité. 11 semble que le siège a été levéavant qu’elle fût arrivée, et aussi avant que fussent arrivés les cinq cents compagnons qui y étaient dirigés, et qu’Orléans fit habiller de huques de draps pers à croix de blanchet ^

On trouve dans les comptes de la ville les noms de tous les capitaines accourus à la défense d’Orléans. La ville ajoute aux gratifications trop légères, et, ce semble, tardivement acquittées, que leur donne l’indigent roi de Bourges.

Parmi ces défenseurs, aucun n^est plus intéressant que Jean le Lorrain, maître Jean le Canonnier, le Coulevrinier, ainsique le désignent les documents du temps. Maître Jean était du pays même de la Libératrice, puisque Montesclère, son lieu d’origine, est le château-fort qui dominait Aiidelot, la prévôté dont relevait la partie française de Domrémy. Le lieu et les antécédents de l’habile et jovial pointeur sont ainsi désignés dans les comptes du trésorier des guerres, Hémond Raguier : « Amaistrc Jean de Montesclère, canonnier demeurant à Angiers, la somme de sept vingts (140) escus d’or, que le roi notre sire, par ses lettres patentes, données à Chinon le II® jour de février de l’an 1428 (a. st.) a ordonné lui estre baillée et délivrée, et laquelle le mois d’octobre précédent... il lui promit, alors qu'il le manda d’Angiers, pour l’envoyer à Orliens le servir de son fait, industrie et mestier ; lequel y alla, et servit bien grandement ledit seigneur*. »

Maître Jean, né à Montesclère, résidait donc à Angers, lorsque, dès le commencement du siège, le roi l’envoya à Orléans. Son nom revient plusieurs fois dans les comptes de la ville. On y lit : « A maître Jean Canonnier, pour don à lui fait par les procureurs pour lui aider à vivre, pour ce qu’il n’a nuis gages de la ville, 24 livres*. »

Il fut blessé, ainsi que cela est formellement affirmé dans la note suivante : « AGeffroy Drion, apothicaire, pour avoir gouverné maître Jean le coulevrineur, quand il fut blécié, et un sien varlet, par composition faite à luy VU 1. IllI s. p.^ »

Ce valet reçut lui-même la gratification suivante ; « Pour bailler au Moine, varlet de maistre Jehan, le canonnier, pour don à luy fait par les procureurs pour ce qu’il estoit blécié* XXXII s. p. »

On procure à maître Jean du plomb dont il faisait si bon usage*.

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