‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 19 sur 296 · LA BANNIÈRE DE LA PUGELLE · texte numérisé non relu

LA BANNIÈRE DE LA PUGELLE

étendard ; et je nen eus jamais qu'un. — Quelle signification attachiezvous à la peinture de Dieu tenant le monde et des deux Anges ? — Sainte Catherine et sainte Marguerite me dirent de le prendre hardiment, et de le porter de même^ et d'y faire mettre en peintme le roi du Ciel, Je le dis à mon roi y mais bien avec répugnance. Je ne sais pas autrement la signi^ fication \ »

Le mercredi 17 mars, la séance se termina de la manière suivante : « Qu’est-ce qui vous a mue à faire peindre les Anges avec des bras, des pieds, des jambes, des vêtements ? — Vous en êtes répondus. — Les avez-vous fait peindre tels qu’ils viennent à vous? — Je les ai fait peindre tels, en la manière qu'ils se voient es églises. — Les avez-vous vus jamais en la manière qu’ils ont été peints ? — Je ne vous en dirai pas autre chose. — Pourquoi n’avez-vous pas fait peindre la clarté qui venait à vous avec les Anges ou les voix ? — Parce que cela ne me fut pas commandé^. »

Le soir, les interrogatoires continuèrent sur le même sujet : « Les doux Anges qui étaient peints en votre étendard représentaient-ils saint Michel et saint Gabriel? — Ils y étaient seulement pour l'honneur de Notre-Seigneur qui était peint en V étendard ; je fis faire cette représenta-tion de deux Anges, seulement pour V honneur de Notre-Seigneur, qui y était figuré tenant le monde. — Ces deux Anges, figurés en l’étendard, étaient-ils les deux Anges qui gardent le monde ? Pourquoi n’y en avait-il pas un plus grand nombre, vu qu'il vous était commandé par Notre- Seigneur de prendre cet étendard ? — Tout V étendard était commandé par Notre- Seigneur, par les voix de sainte Catherine et de sainte Margue^ rite qui me dirent : « Prends l’étendard de par le roi du Ciel » et parce qu'elles me dirent : « Prends I étendard de par le roi du Ciel », je fis faire cette figure de Notre-Seigneur et de deux Anges, je les fis colorier ; et je fis tout par leur commandement.

« Leur avez-vous demandé alors si en vertu de cet étendard vousgagne-

1. Interroguée se en icelluy estai ndart le monde est paint, et les deux Anges, etc., respond que ouil, et n’en eust oncques qu’ung. — Interroguée quelle signifiance, c’estoit que peindre Dieu tenant le monde et ses deux Angles, respond que saincte Catherine et saincte Marguerite lui disrent qu’elle prinst hardiement, et le portas! hardiement, et qu’elle list mectre en paincture là le roy du ciel, et ce dist à son roy, mais très envis; et de la signifiance ne sçait autre chose. (Procès, p. 417.)

2. interroguée qui la meust de faire paindre Angles, avecques bras, piés, jambes, ves- Icmenls, respond : « Vous y estes respondu. » Interroguée s’elle les a fait paindre tielz qii'ilz viennent à elle, respond que elle les a fait paindre tielz en la manière qu'ils sont pains ès églises. Interroguée se oncques elle les vit en la manière que ilz furent pains, respond : « Je ne vous en diray autre chose. »

Interroguée pourquoy elle n’y list paindre la clerté qui venoit à elle avec les Angles ou les voix, respond que il ne luy fust point commandé. (Procès, p. 180.)

LA VIERGE-GUERRIËRB D’APRÈS SES AVEUX

riez toutes les batailles où vous vous mettriez, et si vous auriez victoire ? — Elles me dirent de le prendre hardiment et que Dieu m! aiderait. — Qui aidait le plus à la victoire? Était-ce vous qui aidiez Tétendard, ou l’étendard qui vous aidait ? — La victoire de F étendard ou de moi^ tout était A Notre-Seigneur. — L’espérance de la victoire était-elle fondée en l’étendard ou en vous ? — Elle était fondée en Notre-Seigneur et non ailleurs. — Si un autre que vous l’eût porté, eût-il eu aussi bonne fortune que lorsqu’il était porté par vous ? — Je n'en sais rien, je m'en attends à Notre-Seigneur. — Si un des gens de votre parti vous eût donné son étendard à porter, l’eussiez-vous porté, et l’eussiez-vous porté avec aussi bonne espérance que celui dont la disposition vous a été indiquée par Dieu? auriez- vous eu aussi bonne espérance, alors même que cela eût été l’étendard de votre roi ? — Je portais plus volontiers celui gui m'avait été donné par Notre Seigneur ; et toutefois de tout je m'en attendais à Notre-Seigneur »

« Ne fit-on pas flotter ou tournoyer votre étendard autour de ta tête de votre roi (à Reims pendant le sacre) ? — Non que je sache. — Pourquoi en l’église de Reims, au sacre, fut-il plus porté que ceux des autres capitaines?— Il avait été à la peine; c'était bien raison qu'il fût à l'honneur^. »

1. Interroguée se ces deux Angles, qui estoient pains en son estaindart, représentoient saint Michiel et saint Gabriel, respond qu'ilz n'y esloient fors seullement pour Tonneur de Nostre Seigneur, qui estoit painct en Testaindart, et dit qu'elle ne fist faire celle représentacion des deux Angles, fors seullement pour l'onneur de Nostre Seigneur, qui y estoit figuré tenant le monde.

Interroguée se ces deux Angles, qui esloient pains en son estaindart, estoient les deux Angles qui gardent le monde, et pourquoy il n’y en avoit plus, veu qu'il lui estoit commandé par Nostre Seigneur qu'elle prainst cel estaindart, respond : tout l’estaindart estoit commandé par Nostre Seigneur par les voix de sainctes Katherine et Marguerite, qui luy dirent : « Pren l’estaindart de par le roy du ciel. » Et pour ce qu'ilz lui dirent : « Pren l'estaindart de par le roy du ciel », elle y fist faire celle figure de Nostre Seigneur et de deux Angles, et de couleur, et tout le fist par leur commandement.

Interroguée se alors elle leur demanda se, en vertu de celluy estaindart, elle gaigneroil toutes les batailles où elle se bouleroit, et qu'elle auroit victoire, respond qu'ilz luy dirent qu’elle prinst hardiemenl, et que Dieu luy aiderait. — Interroguée qui aidoit plus, elle à l’estaindart, ou l'estaindart à elle, respond que de la victoire de l'estaindart ou d'elle, c’estoit tout à Nostre Seigneur.

Interroguée se l’espérance d’avoir victoire estoit fondée en son estaindart ou d'elle, respond : « 11 estoit fondé en Nostre Seigneur, et non ailleurs. » — Interroguée se ung autre l’eust porté qu’elle se il eust en aussi bonne fortune comme d’elle de le porter, respond : « Je n’en sçay rien, je m’en actend à Nostre Seigneur. »

Interroguée se ung des gens de son party lui eust baillé son estaindart à porter, s’elle l'eust porté, s’elle y eust eu aussi bonne espérance comme en celluy d’elle qui luy estoit disposé de par Dieu, et mesmement celuy de son roy, respond : « Je portoye plus volontiers celluy qui m’estoit ordonné de par Nostre Seigneur; et toutes voies du tout je m'en actendoye à Nostre Seigneur. » (Procès, p. 181.)

2. Interroguée se on fist point fioter ou tournier son estaindart autour de la coste (<i tête n, dans le latin :<icircàcapul regis »), respond que non qu’elle saiche. — Interroguée

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