‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 196 sur 296 · Bevue poitevine et saintongeoise, 15 mars 1891, p · texte numérisé non relu

Bevue poitevine et saintongeoise, 15 mars 1891, p

CAnORS.

comptes de rhôtel de ville de Périgueux une note dont voici la traduction :

« Item, nous avons payé le treizième jour de décembre que nous Times dire une messe chantée, parce que maître Helie Bodant était venu dans cette ville et prêchait à tout le peuple les grands miracles accomplis en France par l’intermédiaire d’une Pucelle qui était venue trouver le roi notre sire de par Dieu; et à ladite messe, nous avons fait mettre deux cierges du poids de un quart et demi, et donné deux sols à l’officiant, M® Jehan de Lascoutz. Monta le tout à la somme de trois sols, 4 deniers et une maille ^ »

M. Hardy nous apprend que maître Bodant était un frère prêcheur, dont il raconte brièvement Thistoire, qui n’est pas sans péripéties.

Cahors. — Les docteurs de Poitiers trouvaient un motif de croire à la Pucelle dans les prières qu’au milieu des épouvantables calamités du temps les peuples faisaient monter vers le ciel. Le R. P. Deschanips, dans un volume qui a reçu de hautes et chaleureuses approbations, l’Apôtre SAINT Martial, a observé que la première apparition avait lieu, lorsque l’ostension du chef de saint Martial attirait les foules autour des reliques de l’apôtre de l’Aquitaine ^

La déposition de frère Paquerel nous a donné lieu de rappeler qu’au moment où la Vénérable était examinée et approuvée à Poitiers, les peuples se pressaient au sanctuaire qui fut le Lourdes du moyen âge, à Notre-Dame du Puy; que Jeanne y était représentée par sa mère et par ses guides. Un autre sanctuaire attirait les foules priantes au moment où la jeune fille se présentait à Baudricourt; c’était le sanctuaire de Roc-Amadour dans les solitudes et les gorges du Quercy; sanctuaire pittoresque entre tous, dont les origines traditionnelles, comme celles de Notre-Dame du Puy, se rattachent au disciple du Christ, à saint Martial. 11 y avait grand pardon à Notre-Dame de Roc-Amadour en 1428, de Pâques au troisième jour après la Pentecôte, c’est-à-dire du 4 avril au 25 mai. Or Jeanne sc présentait à Baudricourt vers le 13 mai. Le livre consulaire de Cahors, dit le livre tané^ a consigné et l’aflluence des pèlerins, et à la suite l’apparition de la Pucelle. Voici traduit en français le passage qu’on lit au folio CLXIII : « Le samedi et trois d’avril en 1428, qu’étaient les {premières) vêpres de Pâques, commença le pardon [jubilé) que notre seigneur le Pape avait octroyé et donné pour la peine et la coulpe en la chapelle et oratoire de Notre-Dame de Roc-Amadour, et y allèrent

1. Item beylem, lo Xllljorn de dezembre, que fezem dire una messaam nota, perso que M° Hélie Bodant era vengut en esta vila et prediquel à toi lo poble les grans miragles que eran estai fach en Fransa per la venguda d una pioucela qui era venguda a nostre sier le rey de part Diou; e nos fezem melre a la dicha messa dos siris qui pesavan un quart et demi quart, e donem à mosser Joh. de Lascout que dizia la dicha messa dos s. ; monta 111 s. p. 1111 d. i“®.

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