V Apôtre saint Martial et Jeanne dWre, p. 242 et suiv
tant de gens de toutes parts, Français et Anglais et autres, que quelquefois il y avait de vingt à trente mille personnes étrangères à Roc- Amadour. Ledit pardon dura de Pâques jusqu’au troisième jour après Pentecôte; nul homme n’y éprouva ni trouble ni dommage.
« A la mi-carôme environ de l’an susdit (a. st.) vint vers le roi de France, notre sire, une Pucelle qui se disait envoyée par le Dieu du Ciel pour jeter les Anglais hors du royaume de France*. »
Encore que l’on admettrait que les chiffres sont passablement gonflés, l’affluence des pèlerins est indubitable. La foi faisait cesser un moment la haine et la discorde dans un temps où la violence était partout ; Français et Anglais se trouvaient rapprochés par la foi, bien que l’on puisse entendre ici par le mot Anglais les Français soumis à la domination anglaise.
C’est justement que le greffier rapproche l’arrivée de la Libératrice des solennelles supplications qu’il relaie. Il parle comme les docteurs de Poitiers. La prière est le grand levier avec lequel les âmes croyantes remuent le monde, parce qu’elles mettent en mouvement le bras de Dieu. C’est l’enseignement de l’Évangile, etThistorien chrétien doit être heureux de constater des coïncidences qui laissent entrevoir la réalisation de ce que sa foi lui fait un devoir de croire.
Toulouse. — Les délibérations des capitouls de Toulouse étaient rédigées en latin. On possède le registre de 1428-1430. Le R. P. Léonard Cros a bien voulu le compulser à mon intention. Il se compose de 46 folios, et comprend 27 délibérations. Il y est question de la Pucelle dans les délibérations du 25 mai, du 2 juin, du 26 juillet.
Le 25 mai, après délibération sur d’autres sujets, Gilles de Burruco(?) propose d’envoyer vers le roi, tant pour lui soumettre les affaires débattues que pour connaître les faits de la Pucelle *. Beaucoup adhèrent à son avis.
Le 2 juin, la délibération roule sur une altération des monnaies pres-
1 . Lo dissabde e très d’abrial lan MIIIICXXVIII, que era la vespra de Pascas, comensel lo perdo que nre senhor lo papa auia aulrejact et donat a pena e culpa en la cappela e oratori de nrà dona de Roquamador, et ly aiieron tanlas de j^ens de lotas pts, frances et angles et autres, q moltas regadas auia XX et XXX milia psonas strangieras à Roquamador. Duret lo diche perdo de Roquamador entro lo ters jorn àps Pantacosta, ni home no ly près desturbi ni dampnatge. Environ miech careme lan dessus ven al rey de Fransa nrê sh®’’ una piusela q se dizia estre tramesa allrey p Dio del cel, p gitar los angles del reaime de Fransa. (Communiqué par M, Georges Martin^ docteur en droit.)
2. Tampro præmissis quampro sciendo ea quæ fuerunt facta per Puellam (f® 17 v®).