Voy. Jeanne éCArc en Betry, par MM. Je.^y et Lanéry dArc
la petite ville de Decize. M. Tarchivisle de Flamard m’y a fait lire à l’année 1429 la mention suivante, qui nous apprend que Jeanne était à Saint-Pierre-le-Moustier au jour de la Toussaint.
a Item : Vous mandons que vous paiez à Guiot Regnier, pour le voyage de son valet du jour de lafeste de Toussaint dernier passée qu’il fut envoyé au lieu de Saint-Pie rre-le-Moustier, pour assentir et savoir novelles des gens de la Pucelle qui y tenaient ledit siège. Pour ce accordé à luy dix sols tournois. »
Une tradition veut qu’en se rendant à La Charité Jeanne soit passée devant le château d’Âpremont. Le possesseur étant anglo-bourguignon ^ Jeanne d’Arc aurait fait tirer un coup de canon contre le château. On l’y montrerait encore. Les bateliers en passant chanteraient : « Voici le château d’Apremont; Jeanne d’Arc lui cracha au front, un boulet pour affront.» L’on montre le boulet, qui est en fer : ce qui est une objection. L'on ne fondait pas encore de boulets en fer, dit M. Louis Noubet *. L’auteur, en disant qu’ils ne datent que de François I®', se trompe certainement. Le père Daniel prouve qu’on en fabriquait longtemps avant.
D’après l’article cité, Jeanne d’Arc était à La Charité le 24 novembre. Cette expédition reste toujours le point le plus obscur de l’histoire de la Libératrice. Quel jour précis commence le siège ? Quel jour fut-il levé et par suite de quelles circonstances? On l’ignore jusqu’à présent.
Dans un mémoire que Perrinet fait remettre au duc de Bourgogne, vers 1435, il écrit que lorsque « La Charité fut assiégé, à la requête du seigneur de la Trémoille et de ses gens, Mgr Claude Chastellux, gouverneur du Nivernais, et Mgr de Villarnot firent défendre et crier par toutes les bonnes villes des marches de par ici, et par les foires et par les marchés que nul ne personne ne donnât secours, confort, ni aide à moi, ni à nul de mes compagnons ». Perrinet s’étant emparé du château de Veauche, le frère de La Trémoille, Jonvelle, le réclama comme étant son bien. Dans ce môme mémoire, Perrinetécrit «qu’il en fut fait pleineobéissance à Mgr de La Trémoille, comme à lui appartenant, lorsque le roi et la Pucelle furent devant Auxerre* ». Nouvelle preuve qu'en étant des personnages des plus en vue dans des partis opposés, La Trémoille et Jonvelle 3e rappelaient qu’ils étaient frères.
Moins d’un an après que Perrinet eut défendu La Charité contre la Pucelle, le roi d’Angleterre, « par considération des grands, notables et loyaux services » que lui avait rendus et lui rendait « le dit capitaine », lui donnait la seigneurie de Loigny à perpétuité, avec droit de transmis-
1. Bulletin de la Société nivernaise des sciences, lettres et arts, 2® série, t. Vlll : Le boulel de Jeanne d'Arc.