LE BEAUVAISIS
Tavait-il suivie dans la campagne après le sacre? C’est ce que l’on se demande.
Le livre des comptes fait foi que la ville paya sa dépense à Reims, elle est ainsi mentionnée :
« A Alix, veuve de feu Raulin Moriau, hôtesse de l’Ane rayé, pour dépenses faits en son hôtel par le père de Jeanne la Pucelle, qui était en la compagnie du roi, quand il fut sacré en cette ville de Reims, ordonnés être payés des deniers communs de ladite ville, la somme de XXIV livres parisis, comme il appert plus à plein par le mandement dudit lieutenant, donné le XVIII* jour du mois de septembre, l’an mil CCCCXXIX, et par quittance de ladite Alix, au dos d’icelui mandement pour ce XXIII 1. p. »
L’Ane rayé, dit M. Jadard auquel tout ce qui regarde Reims est emprunté, était une hôtellerie importante. 11 en est souvent question dans les comptes, à raison de ses vastes écuries qui donnaient sur la rue des Fusilliers
En Beauvaisis. — Une histoire manuscrite de Beauvais par M. Hermant {BibL nationale, supp. Fr, n° 5-?, /. lü) nous a conservé la tradition suivante : « L’on tient par une ancienne tradition, dans Textrémité de ce diocèse [de Beauvais) y que la Pucelle Jeanne a demeuré quelque temps au château de Borenglise, de la paroisse d’Elincourt, entre Compiègne et Ressons. » Cette créance populaire est tout à fait vraisemblable. Quicherat, que nous reproduisons, ajoute en note que la paroisse d'Élincourt étant dédiée à sainte Marguerite, c’était pour la Pucelle un motif de rechercher le voisinage de cette église.
Jeanne d’Arc a dû séjourner à Borenglise lorsqu’elle cherchait à arrêter le duc de Bourgogne qui s’emparait de Gournay-sur-Aronde, de Choisy, et des autres avant-postes de Compiègne.
En ce môme temps, le 24 avril, elle se présentait aux portes de Senlis, et demandait à y être admise avec mille chevaux. Le livre des délibérations du conseil de la ville, qui existe encore, nous fait connaître la douloureuse réponse qui lui fut faite. « Vu la pauvreté de la ville en fourrages, grains, avoine, vivres et vin, il lui sera offert d’entrer dans la ville avec 30 ou 40 hommes des plus notables et non plus *. »
Le pays devait en effet avoir été appauvri par les armées de Charles VU et de Bedford, qui s’étaient durant deux jours tenues sous ses murailles, au milieu du mois d’août précédent. C’était le lieu de résidence