‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 209 sur 296 · TOURNAY · texte numérisé non relu

TOURNAY

Denys et autres villes devers le roy nostre S' pour enquerre et savoir de ses nouvelles, dont il rapporta lettres du dit seigneur, et aussi de la Pucelle, auquel voyage il vacqua XVIII jours iinans le XIV® jour de septembre ensuivant CV s. IX d. *. »

L’on ne possède malheureusement pas ces deux dernières lettres de la Pucelle. Un autre passage du livre des comptes est intéressant à plus d’un point de vue ; il est tiré du registre qui commence au 1®*^ avril 1430 et finit au 30 septembre. On y lit :

« A Jehan Naviel, clerc, pour baillier et porter à Jehanne la Pucelle, estant prisonnière à la ville d’Aras, sur la resqueste par elle faite par ses lettres et seur message que, en la faveur du roy nostre S® et des bons services qu’elle l’y avoit fais, que ladite ville lui vosist [voulut) envoier de XX à XXX escus d’or, pour emploier en ses nécessité/. Sur quoi fu, par la délibéracion et ordonnance de messieurs les quatre consaulx, baillié et délivré audit Naviel, ou {au) nom que dessus la somme de XXÏI couronnes d’or, qui vallent XXXI liv. XIIII s. 7 d. TL »

L’on ne trouve pas dans les registres des délibérations consulaires trace de celte allocation. On aura craint peut-être que cette mention ne fût l’occasion de tracasseries contre ceux qui témoignaient ainsi de leur pitié effective à celle que le Bourguignon se disposait à livrer, sitôt que le prix d’achat aurait été versé.

M. l’abbé Debout est le premier qui ait attiré l’attention sur cette mention des livres de comptes de Toumay. Il en résulte que le séjour à Beaurevoir a été moins . long qu’on ne l’imagine généralement. Déjà au chapitre de la captivité de la Pucelle {suprà^ p. 107), nous nous sommes efforcé de déterminer la durée probable du séjour de Jeanne à Beaulieu, Beaurevoir, Arras, Le Crotoy.

Il n’est pas jusqu’aux livres de comptes de l’Allemagne qui ne témoignent de l’enthousiasme provoqué par la Libératrice. Dans un registre des dépenses de la ville de Ratisbonne, M. de Hormayr trouva une mention ainsi traduite dans le Double Procès de Quicherat(t. V, p. 270) : « Itern^ nous avons donné pour voir le tableau qui représente comment la Pucelle a combattu en France, ^ deniers. »

On observe qu’à cette époque, en 1429, l’empereur Sigismond visitait Ratisbonne.

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