LA CONSTITUTION PHYSIQUE DE LA PUCELLE
Sommaire : Ni portraits, ni statues authentiques de la Vénérable. — Elle était forte,
belle. — Cheveux. — Signes particuliers. — Sa parole. — Don des larmes. — Costume.
Aucun pinceau, aucun ciseau du temps ne nous a transmis de la Vierge-Guerrière ni tableau, ni statue qui soient arrivés jusqu'à nous. Le portrait montré à Jeanne dans la prison d'Arras a disparu. Nous en sommes réduits aux éléments incomplets que nous ont laissés les écrits du temps.
Personne ne peut mieux nous renseigner que Jean d’Aulon, maître d’hôtel de la Vénérable : il nous dit qu'elle était : « belle et bien formée » {suprà^ p. 215); d’après Cousinot, qui doit l’avoir vue : « elle était bien compassée de membres et forte » (III, p. 66). Le chambellan de Charles VII, Perceval de Boulainvilliers, doit avoir conversé avec la Vénérable. Il la dépeint ainsi dans sa lettre au duc de Milan : « Cette Pucelle a la beauté qui convient^ elle a une attitude virile,.. Von ne vit jamais pareille force à supporter la fatigue et le poids des armes; c'est au point qu'elle peut rester six jours et six nuits sans détacher une seule pièce de son armure (II, p. 245). »
Ces trois témoins, qui parlent de visUj sont unanimes pour affirmer que Jeanne était forte.
L’auteur des Annales de Bretagne,, Alain Bouchard, écrivait près d*un siècle après le martyre ; d’après lui elle était grande et belle.
L’Italien Sabadino la dit forte et robuste y belle, de visage un peu brun y avec des cheveux blonds [suprà, p. 260).
Philippe de Bergame nous l’a ainsi dépeinte : « Elle était de petite taille, avait une physionomie de paysanne, les cheveux noirs, et une très grande force musculaire » (suprà, p. 265). Le livre de Pluscardin la dit petite de taille, et faible de corps [suprà, p. 302).
Tous, ce dernier excepté, s’accordent pour la dire bien prise et douée d’une grande force corporelle. Seuls Philippe de Bergame et le moine de Pluscardin la disent petite de taille. Les erreurs relevées chez l’un et l’autre