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somption dans son inexpugnable retranchement, sourd à toutes les propositions, à toutes les provocations armées, par lesqueUes on le presse de venir se mesurer en rase campagne.
Laquelle des deux armées quitta la première cette position d’expectative? Les chroniqueurs ne sont pas d’accord. Il certain que Charles VU, le soir du 15, vint coucher à Crépy; mais l’armée passa la nuit dans le camp qu’elle occupait depuis deux jours. D’après Perceval de Cagny, la Pucelle et le duc d’Âlençon attendirent le lendemain jusqu’à midi, et n’allèrent rejoindre le roi que lorsqu’ils apprirent que Bedford rentrait par Senlisà Paris (III, p. 189). Ce serait le contraire, d’après la chronique de Le Fèvre de Saint-Remy (III, p. 509). Ce qui est certain, c’est que, par là, le Régent anglais n’arrèta pas les conquêtes de Charles VII. Ce que ne pouvaient pas les armes, une stupide ou perfide négociation le fit.
15. La Pucelle autour de Paris. — Partie de Compiègne le 2.3 août, elle recueille sur son passage une partie de ceux qui avaient occupé Senlis (III, p. 190); elle a dû, en continuant sa marche, sommer, ainsi que c’était son habitude, les places et les forteresses de rendre obéissance au Rot du Ciel et au gentil roi Charles. Saintines, Chantilly, étant indiqués par Monstrelct comme ayant fait leur soumission (III, p. 423)^ il semble de toute vraisemblance que la Libératrice sera passée par Chantilly. L’armée arrivait à Saint-Denis, d’après ChufTart, le 25 août, d’après de Cagny, le 26 (III, p. 190).
Elle s’installa dans les villages environnants, parmi lesquels Monstrelet cite Aubervilliers et Montmartre (III, p. 423). Des escarmouches avaient lieu autour de la ville d’après de Cagny (111, p. 190); ce que confirme Chuffard (III, p. 520). M. Germain Le Fèvre Pontalis a découvert que les troupes de la Pucelle s’étaient emparées des châteaux de Béthemont et Montjoie-Saint-Denys entre Saint-Germain et Poissy (III, p. 520, note).
De l’ensemble des chroniques, il résulte que La Chapelle-Saint-Denys, village à moitié chemin de Saint-Denys et de Paris, était comme un point de ralliement.
« 11 ne se passait pas de jours que la Pucelle ne vint faire les escarmouches; elle se plaisait beaucoup à considérer la situation de la ville, et par quel endroit il lui semblerait convenable de donner un assaut » (III, p. 190). Il est, par suite, moralement certain qu’elle adû, plus d’une fois, aller à Montmartre, où l’attiraient sa dévotion, les troupes qui y campaient, et la facilité d’observer Paris. Elle devait donner l’assaut à la descente de Montmartre, dit la Chronique des Cordeliers (111, p. 442).
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LA VIERGE-GUERRIÈRE
Parfois les escarmouches avaient lieu à un moulin à vent devers la porte Saint-Denys et La Chapelle (III, p. 190). D’après la chronique latine de Jean Chartier, ce moulin touchait aux faubourgs (III, p. 161). Il devait être vers Saint-Laurent où la Chronique des Cordeliers prétend que la Pucelle aurait éprouvé un échec manifestement exagéré (III, p. 442).
Pendant ce tomps l’on faisait arriver aux Parisiens des lettres écrites en beau langage, dit ChufTart. Elles portaient le sceau du duc d’Alençon; c’étaient sans doute des promesses d’amnistie telles que la Pucelle en faisait à toutes les villes du saint royaume, promesses fidèlement tenues. On répandait dans Paris des bruits bien contraires, puisque, d’après Fauquembergue, l’on disait que Charles VII voulait détruire la ville et y faire passer la charrue (III, p. 479). Le bon greffier ajoute avec raison que c’est chose difficile à croire. Les Anglo-Bourguignons exploitaient ainsi l’antique haine des Parisiens contre le Dauphin viennois et surtout contre les Armagnacs. Que le sentiment de la vengeance, notamment des massacres de 1418, se réveillât au cœur de ces derniers, et surtout au cœur du fils du connétable d’Armagnac, si atrocemenl assassiné, cela n’est pas impossible; mais rien n’était plus contraire aux dispositions de la Pucelle et à sa conduite.
D’après ChufTart (III, p. 520) et les registres dü chapitre [ibid,, p. 531), ‘ une première attaque, et comme un essai de la journée du lendemain, eut lieu le 7 septembre. La cause de l’échec du 8 a été expliquée [suprà,^, 67 et seq.) \ bornons-nous à exposer le matériel des faits. Le gros de l’armée passa la nuit à La Chapelle. Il a été observé comment une réponse de la Pucelle suppose que l’on satisfit d’abord aux devoirs religieux imposés par la fête (suprà, p. 70). Sur les huit heures, l’armée, bien pourvue de tout ce qui était nécessaire pour un assaut, quitta La Chapelle (III, p. 191). L’armée s'établit sur la butte du Marché-aux-Pourceaux, entre la porte Saint-Honoré et Saint-Denys (III, p. 521). Elle se divise en deux parts; l’une qui attaquera, l’autre qui empêchera que les Parisiens, sortant, comme on le supposait, par la porte Saint-Denys, ne viennent tomber sur les derrières des assaillants. Une butte, ou petite élévation, qui, diaprés la chronique latine de Chartier, semble aussi un foirail, devait cacher ceux qui étaient en observation. « Non procul rétro gleham fori pecudum agmen residere nec intraneis apparere statuerunt \ » Les canons et coulevrines furent ainsi installés sur le marché aux pourceaux. 11 y avait, ce semble, un premier fossé entre le marché aux pourceaux et les défenses extérieures de la ville, notamment entre les barrières et les
i. Manuscrit de Chellenan.
ÉCLAIRCISSEMENTS
boulevards qui protégeaient la porte Saint-IIonoré. Ce premier fossé était à sec.
La Pucelle et ceux qui l’accompagnent s’emparent après un fier assaut qui commença sur le midi, mais dura plusieurs heures, du boulevard qui défend la porte Saint-Honoré; ils avaient mis le feu aux barrières. Les Parisiens sont forcés de rentrer dans la ville (III, p. 108, 140, 191). La rentrée des Anglo-Bourguignons a vraisemblablement produit dans Paris la panique signalée par Fauquemberguc (III, p- 478), par le Greffier de La Rochelle (p. 213) et implicitement par Chuffart, qui raconte que les Parisiens reprirent courage un peu après quatre heures.
Un second fossé, profond, rempli d’eau, courait le long des remparts. La Pucelle, montant sur le dos d*âne, se mit à sonder en divers lieux la }n'ofondeur de Veau et de la vase et y passa un grand espace de temps (III, p. 140) ; elle cherchait l’endroit plus facile à combler ; mais elle était courroucée d'être peu secondée (III, p. 227). Le succès déjà obtenu en refoulant les Parisiens dans la ville était un gage qu’elle allait mettre le roi dans Paris, ainsi qu’elle n’avait cessé de le promettre. Le roi dans Paris, comment le concilier avec les trêves du 28 août, d’après lesquelles le duc de Bourgogne était autorisé à défendre Paris, et résister