LA VIERGE-LIBÉRATRICE PROPHÉTISÉE, ET PROPHÉTESSE TRÈS ÉMINENTE
Sommaire : I. — Observations sur la prophétie.
II. — La Pucelle a été prophétisée. — Prodiges à sa naissance et durant son enfance.
III. — Énumération des prophéties de la Vénérable jusqu'au procès de Rouen. —
IV. — Pourquoi certaines prophéties de la Pucelle qui ne se sont pas accomplies ne devaient pas l’ètre ?
V. — Passage de Benoit XIV sur la Pucelle. — Intention que l'on peut prêter au Pontife.
La prophétie a principalement pour objet des événements futurs, par leur nature au-dessus de toute prévision humaine, ou môme dans un sens plus élevé, au-dessus des prévisions de toute intelligence créée. Cependant, ainsi que le remarque Benoit XIV, on peut donner le nom de prophétie à la manifestation de tout fait qui, dans le passé, le présent ou l’avenir, dépasse la portée naturelle de celui qui le fait connaître. Telles la manifestation de pensées intimes dont rien d’extérieur ne fournit l’indice ; l’annonce d’un événement qui se passe au loin, et dont aucune de nos inventions modernes n’a pu porter la nouvelle; l’indication d'un objet si bien caché que rien n’a pu révéler le lieu où il se trouve déposé. C’est dans ce sens plus étendu que le mot est pris ici.
11 faut ajouter, pour prévenir de fausses interprétations, que le don de prophétie n’est pas un don permanent chez celui auquel il est conféré; il ne s’étend pas à tout ce que peut désirer connaître une curiosité indiscrète. Il est intermittent ; il ne s’étend qu’à quelques points partiqulicrs, selon que Dieu le juge bon pour manifester sa Providence, préparer les esprits à certains événements, détourner des malheurs, autoriser certains de ses serviteurs, concilier faveur à leur ministère ou à leur mission, ou pour semblable raison. Qu’il suffise de rappeler ces points de l’enseignement catholique, sans aborder les détails ardus que demanderait l’exposition complète de la question. (Voy. saint Thomas, 2* 2®, q. 171-2-34.)
Encore que les démons possèdent bien des connaissances au-dessus de