‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 233 sur 296 · LES PROPHÉTIES DE LA VÉNÉRABLE · texte numérisé non relu

LES PROPHÉTIES DE LA VÉNÉRABLE

parsemé les pages de son procès-verbal de prophéties menaçantes pour les bourreaux et dont l’histoire a enregistré l’accomplissement. Elles sont réservées, a-t-il été dit, au volume suivant. A l’étranger surtout, Jeanne fut connue comme prophétesse plus encore peut-être que comme guerrière, a-t-il été déjà observé.

A Domrémy, Jean Walterin et Michel Lehuin, probablement parce qu’ils s’étaient prêtés au rôle des fiançailles ourdi par les parents, déposent, le premier, que plusieurs fois Jeanne lui a confié qu’elle relèverait la France et le sang royal, le second, qu’une fois, la veille de saint Jean qui précéda son départ, elle lui avait dit qu’entre Coussey et Vaucouleurs, il y avait une jeune fille qui avant un an {dans l’année qui allait suivre) ferait couronner le roi de France (11, p. 207). Elle avait été plus explicite encore quelque cinq ou six semaines auparavant, lorsque vers l’Ascension, cette année le 13 mai, elle avait abordé Baudricourt pour la première fois. « Je conduirai le Dauphin au sacre, malgré ses ennemis », avait-elle dit. Elle avait été plus loin : elle avait chargé Baudricourt de lui mander de ne pas engager de combat, et de se contenter de garder ses positions, que Dieu lui enverrait secours après la mi-carême (II, p. 23i). Le message ne fut pas transmis, ou l’on n’en tint aucun compte, a-t-il été observé. L’armée de Charles engageait la journée de Rouvray le premier samedi de carême, et l’on sait quelle en fut l’issue ignominieuse. Le secours arrivait le dimanche après la mi-carême, 6 mars, ainsi que Jeanne l’avait dit à Jean de Metz, alors qu’elle ignorait comment elle sortirait de Vaucouleurs : « Il faut que je sois en chemin vers le roi avant la micarême » (11, p. 231.) Elle était réellement en chemin ; mais elle n’arriva que trois jours après.

Le 12 février elle annonçait la défaite de' Rouvray, subie en ce moment même à cent lieues de distance (111, p. 67, 114, eisuprà, p. 327).

Le voyage de 'Vaucouleurs à Chinon était semé de périls tels que les guides craignaient de s’y engager. Jeanne leur prédit, ce qui arriva effectivement (III, p. 87, 115, et II, p. 223), que Tonne trouverait pas de sérieux obstacle, et Ton a vu que des brigands, s’étant postés pour détrousser la petite troupe, furent comme cloués au sol, impuissants à faire un mouvement.

A Chinon, non seulement elle reconnaît le roi qui se dissimule au milieu des courtisans, quoiqu’elle ne Teût jamais vu, elle lui révèle des secrets qui n’étaient connus que de Dieu et du prince, puisque c’était une prière mentale dont il n’avait parlé à personne {suprà, p. 2, 327).

Comme elle sortait du château, un libertin ayant prononcé des paroles de blasphème outrageantes pour la pudeur de la Vierge, celle-ci s’écrie :

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LE SURNATUREL DANS LA GUERRIÈRE-LIBÉRATRICE

« Tu blasphèmes et tu es si près de la mort ». Il se noyait une heure après (suprà, p. 219).

Introduire un grand convoi de vivres à Orléans passait pour presque impossible ; à Poitiers, un mois à l'avance elle disait ; « Nous les mettrons dedans à notre aise, sans qu'un Anglais saille de ses bastilles. » (III, p. 71.) L’événement justifia la prophétie.

Toutes les histoires signalent l’indication de l’épée de Fierbois, la description qu’elle en donna sans l’avoir jamais vue. Non seulement elle prédit comme début et signe de sa mission la délivrance d'Orléans ; mais que de prophéties à cette occasion!

Celle de la grave blessure qu’elle devait recevoir à l’assaut des bastilles, sans pour cela cesser de besogner, était connue au loin plusieurs semaines à l’avance, puisque de Lyon le seigneur de Rosethlaer l’écrivait à Bruxelles, dès le 22 avril (III, p. 540).

Elle prédit que soudainement le vent qui s’opposait à la montée des bateaux qui devaient recevoir les vivres du convoi deviendrait favorable, et il en fut ainsi (111, p. 75, et suprà, p. 180).

Elle envoie son héraut d’Ambleville réclamer son compagnon que les Anglais retenaient pour le brûler, lui annonçant qu'il n’aurait aucun mal et le ramènerait {suprà, p. 160 et aliàs). Ce que l’événement vérifia. A Glacidas, qui répond à sa sommation par des insultes, elle prédit que les Anglais de sa bastille mourront et qu’il ne le verra pas (III, p. 517), ou même qu’il mourra sans saigner (III, p. 306).

Le mercredi 4 mai, lorsque les Français subissaient de rudes pertes au fort Saint-Loup, elle est soudainement éveillée et avertie du péril {suprà, p. 168, 173, 203, 209, etc.).

Le soir de la même journée, elle disait qu’avant cinq jours il n’y aurait pas un seul Anglais devant les murs d’Orléans délivré {suprà,

Le vendredi soir 6, elle annonce qu’aprèsun grand assaut, les Tourelles seront prises, et qu’elle reviendra par le pont; ce qui semblait impossible, et fut pourtant réalisé {suprà, p. 168 et aliàs).

Lorsque, le soir de cette même journée, Dunois, désespérant d’emporter la forteresse, donnait le signal de la retraite, elle le supplie d’attendre en promettant le succès (III, p. 81, 125, etc.; suprà, p. 182). Elle donne comme signe que les Anglais seront perdus du moment où la queue de son étendard touchera la forteresse, et il en fut ainsi (111, p. 82, 125, etc.).

Elle avait su ce que les capitaines avaient délibéré en un conseil auquel elle n’assistait pas, et qu’on voulait lui cacher (III, p. 151).

A Jargeau, elle fait donner l’assaut contre l’avis des capitaines en promettant le succès, et, précipitée à bas des échelles par une grosse pierre.

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