‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 256 sur 296 · Jeanne (VArc à Domrémy, p. ccxxv · texte numérisé non relu

Jeanne (VArc à Domrémy, p. ccxxv

SS2 LA VIERGE-LIBÉRATRICE ET SON HISTOIRE FALSIFIÉES PAR LA LIBRE-PENSÉE.

ne l’a donc pas favorisé; 2* ce n’était pas par antipathie contre l’élu que le gouvernement anglais fit saisir le temporel du chapitre et des chanoines; mais uniquement parce que le chapitre avait procédé à l’élection sans avoir demandé et obtenu « congé et licence de ce faire, dit le roi ; contre nosdits droits, et prérogatives dont nous et nos prédécessettrs rois de France avons joy et usé de tout temps ‘ ». Qui donc nous fait connaître que telle est bien l’unique raison de la mesure prise par le gouvernement? M. Luce luimême, en insérant, d’après les Archives de l'Aube, à ce qu’il appelle Preuves, les lettres royaux du gouvernement anglais (p. 180). La preuve se corrobore de ce qui se passa presque en même temps dans un diocèse voisin, celui d’Auxerre. Le siège épiscopal étant venu à vaquer, le gouvernement anglais, par lettres du 31 octobre 1426, intimait au chapitre l’ordre de ne procéder à l’élection qu’après en avoir demandé et obtenu l'autorisation ; ce à quoi le chapitre se conformait*.

En 1429, les évêques de la province de Sens se réunirent en concile à Paris, non pas le 19 janvier, comme le ditSiméon Luce, pour se terminer le 10 mai*, ce qui aurait donné à ce concile provincial nne durée fort inusitée, si elle n’est pas inouïe; mais bien du 1“ mars au 23 avril*. D’après le membre de l’Institut, L’Aiguisé prit dans ce concile une altitude hostile au Régent, et sous son influence l’archevêque de Sens et ses suffragants protestèrent de la manière la plus énergique contre les mesures fiscales concertées entre Bedford et le Pape. Bien plus, les chaires et les places publiques retentirent de prédications enflammées dont le gouvernement anglais prit bientôt ombrage '.

Il n’y a qu’un mot pour qualifier ces assertions, c’est uniquement de la fantaisie. Pas trace dans les documents connus du rôle attribué à L’Aiguisé dans le concile ; constatation seulement de sa présence ; il est nommé le dernier des quatre suffragants de Sens présents à l’assemblée. Pas trace dans les actes cités du concile de protestations contre les mesures fiscales concertées entre le Régent et Martin V.

Il est vrai qu’à la suite d’accords entre Martin V et Bedford, accords dont le récit, hors du sujet, nous entraînerait fort loin, certaines mesures fiscales furent prises qui provoquèrent les remontrances du clergé ; mais les assemblées qui eurent lieu à ce sujet sont en dehors de celles du concile. Aucune des pièces alléguées n’établit que L’Aiguisé en fit partie ; encore moins qu’il y ait exercé une influence prépondérante.

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