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LA VIERGE-GUERRIÈRE D’aPRÈS SES AVEUX.
quêtes si étendues faites après le sacre. Tout lui est dû, dit Perceval de Cagny. En disant que si elle était chef de guerre, c’était pour chasser l’Anglais, Jeanne, du reste, semble concéder la pensée et l’expression. Par deux fois, à la suite de cette lecture, elle prophétise la reddition de Paris, avant sept ans ; c’était la confirmation de cette parole que si les Anglais s’étaient rendus à sa sommation, ils n’auraient été que sages.
Fallait-il que la Vénérable eût l’absolue certitude de sa mission pour tenir un langage si fier dans sa simplicité! Pas un mot qui ne porte. Elle est venue pour réclamer le sang royal fait penser à l’expression biblique : le sang de ton frère clame vers moi '.
Tout y est plein de la royauté de Notre-Seigneur, le fils de sainte Marie. Il veut que le royaume de France soit gouverné par voie d’hérédité ; il en sera ainsi, car le vrai héritier c'est Charles ; cela lui est révélé par la Pucelle. C’est une allusion aux secrets.
C’est bien l’expulsion totale de l’envahisseur qui est l’objet de la mission de la Pucelle : rendes à la Pucelle les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France; elle est envoyée pour vous bouter hors rfe toute France. Il n’est pas question de Reims, tandis qu’il est question de Paris où le vrai héritier entrera.
Bien remarquable est la phrase finale : un exploit sans pareil accompli par la France et la Pucelle en faveur de la Chrétienté ; c’est comme le festin destiné pRr le père de famille au prodigue réconcilié, et objet des caresses paternelles. C’est cette couronne mille fois plus riche que celle de Reims réservée à Charles VII, si, au lieu de suivre les conseils d’une politique fallacieuse, il avait suivi les conseils de la Pucelle. Christine de Pisan l’annonçait dans sa poésie ; les lettres citées par Morosini (III, p. 580 et 578) prouvent que d’autres l’attendaient. Les Anglais, s’ils veulent faire raison au Roi du Ciel, pourront être admis à cette fête donnée au bénéfice de la Chrétienté.
L’évêque du Mans, Martin Berruyer, dans son mémoire pour la réhabilitation, répondait à l’objection tirée du non-accomplissement de cette prophétie, que peut-être dans l’avenir, sous l’inspiration de la Pucelle, les Français feraient pour la Chrétienté le fait le plus splendide qui eût été encore réalisé ’. Dieu ne permettrait-il pas, ne provoque-t-il pas l’amour si vif pour la Libératrice afin d’accomplir cette promesse? Que ne ferait pas sa miséricorde si le roi de la Pucelle, Jésus-Christ, était proclamé roi, si sa loi, devenue la loi de la France, devenait la loi des familles, des individus? Les dons de Dieu sont sans repentance ; la promesse de Jeanne se réaliserait.