Genèse, c. iv, v
LES mots: JHESUS-MARIA. — ORLÉANS. — JARGEAU.
A la séance du l*’’ mars, cette question lui fut posée : « N’aviez-vous pas coutume d’écrire ces noms Jhesus-Maria dans vos lettres avec une croix? — Je les mettais quelquefois^ et quelquefois je ne les mettais pas. Je mettais quelquefois une croix, comme un signe à celui de mon parti auquel f écrivais y de ne pas faire ce que je lui écrivais^, »
Les missives courant risque d’être interceptées, c’était un stratagème fort licite d’employer pareil moyen pour tromper l’ennemi qui s’en serait saisi.
Le 17 mars, on lui posa encore une question du môme genre : « A quoi servait le signe Jhesus-Maria que vous mettiez dans vos lettres? — Les clercs qui écrivaient ces lettres les y mettaient ; et quelques-uns disaient quil me convenait de mettre ces mots Jhesus-Maria*.
A l’article XXIV, d’Estivet vit un abus dans l’usage de ces noms Jhesus-Maria et la croix qui les accompagnait. Jeanne se contenta de s’en rapporter aux réponses déjà données. Il y revient à l’article XXXII, et amène cette réponse : « Je fus conseillée par quelques-uns de mon parti de mettre Jhesus-Maria; et dans quelques-unes de mes lettres y je mettais Jhesus-Maria; et dans les autres non; et quant au point où il est écrit: tout ce que j'ai fait y c'est par le conseil de Notre- Seigneur, il doit y avoir : tout ce que j'ai fait de bien^. »
Le 27 février, Jeanne ayant dit : J'allai d'abord à Orléans à la bastille Saint-Loupy et ensuite à la bastille du pont y l’interrogatoire se continua en ces termes: « Quelle est la bastille d’où vous fîtes retirer vos hommes? — Je nen ai pas souvenance ; j'étais bien certaine, par la révélation que j*en avais reçue, de faire lever le siège d'Orléans; et avant d'y venir y j'en avais donné F assurance à mon roi ^ »
1. Interrogata an consuevit ponere in litteris suis hæc nomina JeshuSy Mariüy cum cruccy respondil quod in aliquibus ipsa ponebat, et aliquando non; et aliquandti ponebat crucem in signum quod ille départe suà cui scribebat, non faceret illud quod eitlem scribebat. (Procès, p. 85.)
2. Inlerroguée de quoy servoit le signe qu elle mectoit en ses lectres : JeshuSj Maria, rcspond que les clercs escrivant ses lectres luy mettoient, et disoient les aucuns qui luy apparlenoit ineclre ces deux inos, Jeshus, Maria. (Procès, p. 183.)
3. Item dit qu'elle fut conseillée par aucuns de son parly qu’elle meist Jeshus, Maria, et ès aucunes de ses lectres mectoit bien Jeshus, Maria et ès autres non. Item dit quant ad ce point où il a escript : Tout ce qu elle a fait, c est par le conseil de Nostre Sei. gneur, que il y doit avoir : « Tout ce que j’ay fait de bien ». (Procès, p. 259.)
4. Prius ivit Aurelianis ad bastiliam Sancti Lupi, et deinceps ad ba^tiliam Pontis