‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 32 sur 296 · III ’p · texte numérisé non relu

III ’p

Cest le seul mot qui puisse effrayer, et il est voilé dans une assertion qui englobe toutes les villes de France.

Tout se fera, à \aide du roi Jésus, qui que vienne contre. Il s’agit du parti anglo-bourguignon, et non pas des obstacles que pouvaient apporter à la mission ceux qui devaient être les premiers à en bénéficier, et, par suite, les premiers à la seconder.

C’est pourtant de ces derniers que ces obstacles devaient venir. La Pucelle en avait trouvé déjà de leur côté, et en ce moment même, on cherchait à se passer d’elle.

Qu’on se rappelle ce que les Cousinot et d’autres chroniqueurs nous ont dit de Tarrêt devant Troyes, et du dessein presque formé de revenir en arrière. Dunois le confirmera dans sa déposition. Troyes ne céda que lorsqu’on remit à la céleste envoyée le soin qu’on aurait toujours dû lui laisser, celui de forcer la ville. Entendons ce qu'elle nous dit du cordelier Richard, qui fut un des premiers à parler de soumission.

Le 3 mars on lui posa cette question : « N’avez-vous jamais connu frère Richard ? — Je ne V avais jamais vu quand je vins devant Troyes, — Quel accueil vous fit-il ? — Ceux de la ville de Troyes^ à ce que je pense, Venvoyèrent devers moi, disant quHls craignaient que mon fait ne fût pas chose de Dieu ; et quand il vint devers moi, en s'approchant il faisait le signe de la croix et jetait de Veau bénite; et je lui dis: Approchez hardiment, je ne m'envolerai pas... — Quelle révérence vous firent ceux de Troyes à votre entrée ? — Ils ne m'en firent pas; mais, à mon avis, frère Richard entra avec nous à Troyes; je nai pas souvenance de F avoir vu à Ventrée. — Ne fit-il pas un sermon à votre venue? — Je ne m'y a^'vêtai guère, et je n'y couchai pas ; et quant au sermon, je n'en sais rien ^ »

D’Estivet apporta ces réponses comme preuve que Jeanne se faisait adorer comme sainte; c’est ce qu’on lit à l’article LU de son réquisitoire, auquel Jeanne répondit: «/en ai autrefois répondu, et quant à la conclusion, je m'en rapporte à Notre- Seigneur^ . »

t . Interroguée s’elle congnust oneques frère Ricard, respond : « Je ne favoys oneques veu, quand je vins devant Troyes. » — Interroguée quelle chière frère Ricard lui feist, respond que ceulx de la ville de Troyes, comme elle pense, l’envoièrent devers elle, disans que ilz doubtoient que ce ne feust pas chose de par Dieu, et quand il vint devers elle, en approuchant, il faisoit signe de la croix et gectoit eau bénite, et elle lui dist : « Approuchez hardiement, je ne m'envoleroy pas. » (Procès, p. 99-100.)

Interroguée quelle révérence lui firent ceulx de Troyes à l’entrée, respond : « Hz ne m’en firent pas point », et dit oultre que, à son advis, frère Ricard entra quant eulx à Troyes; mais n’est point souvenante s’elle le vit à l’entrée. Interroguée s’il list point de sermon à l’entrée de la venue d’elle, respond qu’elle n’y arresta guères, et n’yjeusl oneques; et quant au sermon elle n’en sait rien. (Procès, p. 102.)

2. Respond quante au commencement de l’article : « J’en ay autresfoy respondu. » Et quant à la conclusion de l’article, s’en rapporte à Nostre-Seigneur. (Procès, p. 291.)

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