‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 39 sur 296 · LE PAPE, LA PÜCELLE, LE COMTE D’ARMAGNAC · texte numérisé non relu

LE PAPE, LA PÜCELLE, LE COMTE D’ARMAGNAC

fait en partie cette réponse ; mais pas dans son entier. — Avez-vous dit ([ue vous sauriez par le conseil du Roi des rois ce que ledit comte devait tenir sur ce point ? — Je ne sais rien sur cela. — Est-ce que vous doutiez à qui devait obéir le comte susdit? — Je ne savais pas ce que sur ce point je devais lui mander, parce que le comte désirait savoir à qui Dieu voulait quil obéit. Mais pour ce qui est de moi, je tiens et je crois que nous devons obéir au Pape qui est à Rome. J"ai dit au messager dudit comte d*autres choses qui ne sont pas dans cette copie des lettres. S'il ne s'était pas promptement éloigné il aurait été jeté à teau, pas par moi cependant. Il me demandait à qui Dieu voulait que ledit comte obéit; je lui répondis que je nen savais rien; et je lui mandai plusieurs choses qui ne furent pas mises en écrit. Pour ce qui est de moi, je crois au setgnetir Pape qui est à Rome. — Pourquoi donc, puisque vous croyiez au Pape qui est à Rome, lui disiez-vous que vous lui donneriez conseil ailleurs? — La réponse donnée par moi portait sur un autre fait que celui des trois Papes. — Est-ce sur le fait des trois Papes que vous disiez que vous auriez conseil ? — Je liai jamais écrit, ni fait écrire sur le fait des trois Papes. J'a/firme par serment que je nai jamais écrit ni ordonné d'écrire à ce sujet )}

L’accusateur étaya sur cet incident les articles XXVII, XXVlll, XXIX, XXX de son réquisitoire. Après avoir cité les deux lettres qui viennent d’être reproduites, il en conclut que Jeanne hésitait sur le vrai Pape, et qu’elle préférait son autorité à celle de l’Église, prétendant

I. El quanlùm ad copiam liltcrarum dicli comilis et ipsius Johann.T qiias tunr in judicio perlegi fecimus, eatlem Johanna fuit inlerrogata si ilia eral sua responsio, qua* in prædictà copià continehatur, respondit quod æstimat se fecisse illam responsionem in parte, non in loto.

Inlerrogata an dixerit se scire per consilium Regis regum, illud quod pra'fatus cornes debebat de hoc tenere, respondit quod de hoc nihil scit.

Inlerrogata an ipsa faciebat dubium cui pra3fatus cornes debebat obedire, respondit quod nesciebal indè quid mandare cui deberel obedire, (juia ipse cornes petebat scire cui Deus volebat ipsum obedire. Sed quantum ad ipsam Johannam, tenet et ci’edit quod debernus obedire domino nostro Papa* in Rorna existenti. Dicit etiam quod aliud dixil nuntio præfati coniitis, quod non continetur in illà copià litterarum; et nisi idem nuntius statim recessisset, fuisset projectus in aquam, non tamen per ipsain Johannam. Item dicit quod de hoc quod petebat scire cui Deus volebat quod ipse cornes obediret, ipsa respondit quod nesciebal; sed ei mandavit pluraqua* non luerunl posila in scriptis. Et quantùm est de ipsâ, crédit in dominum Paparn qui est Rorna*.

Interrogata quarè ipsa scribebatquod daret aliàsresponsuni de hoc, ex (luocredebal in ilium qui est Romæ, respondit quod responsum per earn daturn, fuit super alià riiaterià quam super facto trium summor'um Pontificum.

Inlerrogata an dixerat quod super facto trium surnmorum Pontilicurn haberel consilium, respondit quod nunquam scripsit, necfecit scribi super facto Iriurn summorurn Pontificum, et hoc juravit per suum juramenlum, quod nunquam scripsit, nec fecit scribi. [Procès, p. 82-83.)

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