‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 6 sur 296 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

LA VIERGE-GUERRIÈRE D'APRÈS SES AVEUX ET SES LETTRES

L’accusée de Roueu était tenue à la plus grande réserve pour ne pas compromettre le parti qu’elle avait mission de relever. L’observation porte surtout sur les interrogatoires qui doivent être reproduits dans le présent volume. Quel abus eût été fait de ses paroles, si elle avait dil, par exemple, que le Dauphin avait conçu des doutes sur la légitimité de sa naissance, parlé des obstacles mis à sa mission par ceux-là mêmes qui auraient dû la seconder? Disposée à mourir pour les siens, elle a gardé un silence héroïque sur ce qui aurait été pour eux un déshonneur et une défaveur.

Même devant un tribunal légitime, un accusé devrait se taire sur des faits qui constitueraient un péril pour l’Etat tout entier; à plus forte raison lorsqu’il est, comme la Vénérable, interrogé par de soi-disanl juges, dénués de toute juridiction. 11 ne faut pas perdre de vue cette observation, en étudiant les réponses de Jeanne, notamment sur le signe donné au roi, sur l’échec contre Paris.

Ce que la Vénérable a dit de sa vie guerrière se trouve disséminé dans le Procès tout entier. En groupant l’ensemble de ses réponses sur un point déterminé, nous suivrons l’ordre des faits. De nombreuses lettres arrivaient à Jeanne, non seulement de la France, mais encore de divers points de la chrétienté. Des secrétaires lui en lisaient le contenu et écrivaient la réponse sous sa dictée. Neuf de ces lettres ont échappé aux destructions du temps. Elles sont insérées, d’après leur date, à la suite des réponses données sur la période où elles ont été écrites.

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