LA VIEB^Æ-OLEBEIÉRE D APRÈS SES AT£CA
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excellent chrétien. Le témoignage rendu à l'orthodoxie du roi. rapporté par de nombreux témoins, ne saurait être l'objet d'un doute ; mais d'après de La Pierre, elle aurait ajouté : el U n'a pa^i cru m moi : et in me non credidit. Quel est le sens de ces paroles? Jeanne les a*t>elle dites dans le sens où le Maître disait : Celui qui croit en moi, ne croit pas en moi, rnms en relui qui m'a encoqé? A-t-elle voulu dire qu'il n'avait pas cru d'une manière constante, ferme? Quoi qu'il en soit, ce n'est pas notre siècle quia le droit d’inculper le roi de la Pucelle ; ce ne sont pas surtout ceux qui le font avec le plus d'acrimonie. Jeanne n'était en rien spirite, elle était catholique jusqu'à la sainteté. Les impies de nos jours croient aux médiums : ils sont pris d'hydrophobie pour le surnaturel catholique. La preuve qu'ils n'accepteraient pas une nouvelle Jeanne d'Arc, ce sont les procédés auxquels ils ont recours pour travestir et dénaturer celle du xv'' siècle. L'accepter avec ses conséquences, c'est-à-dire avec son Seigneur connu, aimé, servi, ce serait relever la France.
Charles VII a-t-il fait quelque chose pour délivrer la Vénérable? La Chronique Morosini affirme à deux reprises qu’il a agi avec vigueur auprès du duc de Bourgogne et des Anglais. Les dames de Beaurevoir, ce semble, auraient pu le seconder puissamment. Il n’est pas sans probabilité que d’abord Ton ne pensait pas à un procès en matière de foi, et que Jeanne était regardée comme une prisonnière ordinaire. Remise entre les mains des Anglais, il eût été bien inutile de traiter avec eux d’une rançon; ils estimaient leur prisonnière plus que tout l’or du monde; ils ne l’auraient pas donnée pour Londres, disent des chroniqueurs de leur bord.
Quant à ceux qui parlent d’une délivrance par les armes, on peut leur demander pourquoi la France n’a pas encore repris Metz et Strasbourg? Délivrer Jeanne par cette voie était aussi difficile pour Charles Vil qu’il l’est aujourd’hui de recouvrer ces deux forteresses.
Régnault de Chartres, comme archevêque de Reims et métropolitain de Heauvais, aurait pu, ce semble, intervenir contre un suflfragant qui entreprenait de juger une cause sur laquelle lui-même s’était prononcé, et avait porté une sentence approuvée par le Ciel, et ratifiée par l’admiration de tout ce qui n’était pas Anglais ; mais ce que nous avons rapporté du chancelier-archevêque prouve qu’il était loin de vouloir intervenir en faveur de celle qui contrecarrait sa politique.
Si la Libératrice a trouvé dans les hautes classes de l’indifférence et de l’hostilité, il n’en a pas été de même dans l’ensemble de la nation, qui a témoigné pour elle d’un enthousiasme dont les accusateurs firent un crime à la victime.