JE PRENDRAI HARIT DE FEMME
Plusieurs chroniqqeursnous ont dit qu’elle avait promis de délivrer le duc d'Orléans. C’était si connu que, le 12 mars, sans lui demander si elle avait fait cette promesse, on l’interroge sur la manière dont elle l’aurait exécutée. « Comment auriez-vous délivré le duc d'Orléans? — f aurais pris de ce côté assez de gens parmi les Anglais pour le l'avoir; et si je nen eusse pas pris assez de par deçà, j eusse passé la mer pour V aller quérir à puissance, en Angleterre.
« Sainte Marguerite et sainte Catherine vous avaient-elles dit sans condition et absolument que vous prendriez assez de gens pour avoir le duc d’Orléans qui était en Angleterre, ou autrement que vous passeriez la mer pour l’aller quérir et ramener dans l'espace de trois ans ? — Oui, je le dis à mon roi, et lui demandai qu il me laissât faire des prisonniers. Si j'avais duré trois ans sans empêchement, ye V eusse délivré ; c'était dans un terme plus bref que celui de trois ans, et plus long que le terme d'un an; mais je nen ai pas à présent mémoire^. »
D'Estivet basa sur cet aveu une accusation de témérité et de présomption formulée dans les articles XXXIV et XXXV de son réquisitoire. Jeanne répondit : « Je m'en tiensà ce que fai dit, et pour ce qui regarde la