‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 8 sur 296 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

On répète une prière qui tient au cœur ; il n’y a pas d’opposition entre ces auteurs, parce qu’ils diffèrent sur les circonstances où elle aurait été adressée à Dieu. Elle était inspirée par un doute que l’infortuné roi de Bourges avait conçu sur la légitimité de sa naissance; la déposition écrite de Paquerel, qui affirme tenir le tout de la Pucelle, confirme admirablement l’indication des trois auteurs cités. Nous verrons avec quelle solennité le moine augustin rapporte les paroles de la Vénérable.

C’est qu’en effet, comme Tobserve justement Henri Martin, le secret révélé est un des points capitaux du divin poème. La loi salique en recevait la plus éclatante confirmation. Le Ciel faisait connaître par un miracle celui qui devait en bénéficier, et il allait, par une suite de miracles, le mettre en possession de son droit. En dehors de la race de David, jamais dynastie n’a reçu pareille consécration. Pourquoi a-t-elle oublié les devoirs qu’elle lui imposait? Pourquoi a-t-elle demandé au sang matériellement considéré, ce qui ne fut concédé à ce sang que tout autant qu'il en sortait, selon l’expression même de la céleste envoyée, des lieutenants de Jésus-Christ, vrai roi de France?

Les docteurs qui ont écrit pour la réhabilitation, ont répété à l’envi que la Pucelle pouvait très légitimement scdire l’Ange de Dieu apportant la couronne au Dauphin. — «Ange signifie envoyé; or Jeanne était bien l’envoyée de Dieu. » — Nous pensons, sans exclure ce sens, qu’elle pouvait le dire plus justement encore, parce que, ayant reçu la révélation des secrets, au moment même où elle les exposait au prince, ce n’était pas tant elle qui parlait que l’Ange qui la mouvait et auquel elle servait d'organe. L’Ange de Dieu parlait en elle, selon l’expression de l’Écriture : Angélus Domini loque balur in me expression familière aux anciens prophètes.

Ces remarques présentes à l’esprit, il est facile de s’expliquer les réponses de la Vénérable, si frappantes de justesse.

A la séance du 22 février, que l’on peut regarder comme la première de l’interrogatoire, Jeanne, dans l’idée générale qu'elle donnait de sa mission, disait : « Tarrivai à Chinon vers midi. Je descendis dans un hôtel; après le dîner, j'allai vers mon roi qui était au château *. »

C’était le 6 mars, qui, cette année, était le quatrième dimanche de carême. Jeanne avait dit s’être annoncée dès la veille, par une lettre

Page 1