Zacharie, 1, 13, 14; II
2. Applicuitque ibidem horâ quasi meridiand, et se hospitavil in quodam hospitio, et, posl prandium, ivit ad ilium quem dicii regem suum, qui erat in Castro, {Procès, p. 56.)
LE SIGNE DONNÉ AU ROI
écrite de Sainte-Catherine de Fierbois. Elle a dû, comme le porte une tradition du pays, coucher à TIle-Bouchard. Le lendemain, après l’audition de la messe et avoir satisfait à ses devoirs c[e piété, elle aura pu aisément franchir, avant midi, les 16 kilomètres qui la séparaient de la résidence royale. Elle sera descendue devant l’église Saint-Maurice, et, les chevaux remisés, les voyageurs restaurés, Jeanne et ses guides, par le chemin étroit, raide et pierreux, que l’on voit encore, seront venus frapper à la porte de la première des trois enceintes qui forment le château de Chinon.
Jean de Metz, Bertrand de Poulengy étaient connus à la cour. Ils se sont abouchés avec les personnages de l’entourage royal, et ont exposé le motif de leur voyage. Nous verrons, par une réponse de Jeanne, qu’un logement lui fut dès lors ménagé tout près du château, chez une bonne femme, probablement de la domesticité de la cour. C’est là que, durant deux jours, elle fut visitée et interrogée longuement pour savoir si elle pouvait décemment pénétrer jusqu’au roi.
Après les paroles citées, Jeanne ajouta : « Quand j'entrai dans la chambre . de mon roi^ je le connus au milieu de son entourage sur F indication de l ma voix qui me le révéla. Je lui dis que je voulais aller faire la gueire ^ ^ aux Anglais. — Quand la voix vous manifesta votre susdit roi, y avait-il quelque lumière dans le lieu où vous le reconnûtes? — Passez outre.
— Est-ce que vous avez vu quelque Ange au-dessus de lui? — Excusezmoi,^ passez outre. Je vous dirai cependant qu'avant de me mettre à F œuvre il eut plusieurs apparitions et belles révélations, — Et quelles sont ces révélations et apparitions dont votre roi fut favorisé? — Ce n est pas moi qui vous le dirai, et vous naîtrez pas encore de réponse sur ce point. Envoyez vers lui^ et il vous le dira, »
« La voix m'avait promis que le roi me recevrait assez tôt après mon arrivée. Ceux de mon parti connurent bien que la voix qui me parlait venait du Ciel, Ils virent et ils connurent la voix. Le roi et plusieurs autres virent et entendirent les voix qui venaient vers moi, Charles de Bourbon et | deux ou trois autres étaient présents * . »
i. Item dicit quod quando inlravit cameram sui regis prg^dicli, cognovit eum inter alios, per consiliumsuæ vocis hoc sibi revelantis. Dixitque cidem suoregi quod volebat ire factum guerram contrà Anglicos. — Interrogata si, illà vice quà vox ostendit sibi suum regem præfatum, erat aliqua lux in loco præfato,respondit : «Transeatis ultra. »
Interrogata utrùm viderit aliquem Angelum suprà ipsum regem suum, respondit :
« Parcalis mihi, transeatis ultrà. » Dixit tamen quod antequam rex suus poneret eam in opus multeis habuit apparitiones et revelaliones pulchras. Interrogata quales revelationes et apparitiones idem rex suus habuit, respondit : « Ego non dicam hoc vobis. Adhuc non est vobis responsum; sed mittatis ad ipsum regem, et dicet vobis. »
Item dixit eadem Johanna quod vox sibi promiserat, quod satis cité postquam venisset ad regem suum, ipse reciperet eam. Dixit eliain quod illi de parte suà benè cognove-
Que faut-il entendre par ces apparitions et belles révélations? Il n’est pas douteux que le bruit courut que Charles VU avait été favorisé do visions. Pancrace Justigniani l’écrivait de Bruges à son père, en mai 1429 S non sans saisissement.
Les lettres d’anoblissement de Guy de Cailly portent expressément que, en récompense de son dévouement àlaPucelle, le noble gentilhomme vit les Anges, qu’il fut dès lors autorisé à les mettre sur ses armes Pourquoi les purs esprits qui conduisaient la Libératrice ne se seraientils pas aussi manifestés au prince qu’elle venait tirer de l’abîme? ^^ans cependant rejeter celte première interprétation, il nous semble que les paroles de l’accusée sont suffisamment expliquées en disant que Charles VU a eu des révélations, lorsque l’inspirée lui a manifesté les pensées cachées au plus profond de son cœur. Jeanne, au moment de l’inspiration, a déposé Dunois^ et ont affirmé d’autres chroniqueurs % était comme transformée; c’était l’Ange qui apparaissait à travers sa terrestre et pure enveloppe. 11 suffit que Charles de Bourbon et les autres l’aient vue dans un de ces moments, pour qu’elle ait pu dire, dans cette première explication générale, qu’ils avaient eu révélations et apparitions.
La séance du 24 février s’ouvrit par une longue discussion sur l’étendue de son serment. Qu’il suffise de citer les réponses suivantes : « Je vous dirai volontiers la vérité sur ma venue ; encore ne vous dirai-je pets tout ; huit jotü's ne suffiraient pas pour tout dire'^, — Votre voix vous a-t-elle défendu de répondre à toutes les questions qui vous seront adressées ? — Je ne vous répondrai pas sur ce point, fai des révélations qui touchent le roi et que je ne vous dirai pas. — Est-ce que vos voix vous ont défendu de les dire? — Je n'ai pas de conseil sur cela. Donnez-moi un délai de XV jours et je vous répondrai; » et, insistant sur la demande de ce délai, elle dit encore : « Si la voix me ta défendu, qti avez-vous à dire? — Les voix vous ont donc fait celte défense ? — Croyez bien que ce ne sont pas les hommes. Vous n'aurez pas de réponse d' au jour d' hui. Jusqu'à ce que cela me soit révélé, je ne sais pas si je dois vous le dire, oui ou non^ ; » et encore :
runt quod vox eidem Jojianiiæ transmissa eral ex parte Dei, et quod viderunt et cognoverunl ipsam vocem, asserens ipsa Johanna quod hoebenèseit. Ultra dixit quod rex suus et plures alii audiverunt et viderunt voces venientes ad ipsam Johannam ; et ibi aderat Karolus de Borbonio et duo aut Ires alii. [Procès, p. 50.)