LA
Par le bas de la jambe enfermé d’habitude Sous la chaussette dont une vicissitude
A fait glisser le haut qui tombe et se rabat Recouvrant la bottine; on trouve moins d’éclat A la chair, à partir de la limite nette | Sur laquelle devrait aboutir la chaussette ; Le 28 La peau n’a pas la même irradiation; | ù Les deux teints sont voisins sans dégradation Et la ligne qui les sépare se découpe
Rigide.
A gauche, un peu loin de la mer, un groupe È * Se compose de quatre enfants. Pour s'amuser AUS Ils se sont mis, avec passion, à creuser Dans le sable; chacun est muni d’une bêche;
Une fillette a des beaux cheveux; une mèche,
Que le vent a choisie et sépare, se tient Horizontale, même un peu haute, et lui vient D’une façon gênante, auprès de la figure, Continuant ensuite en avant; elle endure
Ce chatouillement sans y faire attention.
La mèche est d’une fort belle dimension;
Elle ondule, elle a des reflets, elle est épaisse.
La fillette, toute à son ouvrage, se baisse;
Trouvant l'effort de ses deux bras insuffisant,
Elle s’acharne et fait son possible en pesant
Avec son corps sur la bèche pour qu’elle enfonce; En peinant avec cette importance, elle fronce
Les sourcils et, montrant ses dents, elle se mord, Sans en prendre une trop grande épaisseur, le bord Irresponsable de sa lèvre inférieure.
La mèche de cheveux, avec son bout, effleure,
En s’y fixant un peu, la toque d’un bambin
A l'expression vive, alerte, au masque fin
Auquel on donnerait cinq ou six ans à peine;
Son costume.ne peut rien avoir qui le gêne,
C’est un jersey collant où son corps est moulé, Ayant un col marin dont un coin est roulé, Se levant et faisant presque un tour sur lui-même,
Capable même d’en commencer un deuxième.
Le petit porte les cheveux flottants et longs ; Ce sont des cheveux clairs, légers, sans doute blonds, Dont les boucles, autour de son cou, peu nombreuses, 7 ‘4 Sont fines, s’allongeant séparément, soyeuses ; k L'enfant, pour enfoncer sa bèche, s’aide un peu
De son pied dont il vient d'appuyer le milieu 4 Contre le manche, en plein sur le tranchant qu’il presse ; La pointe du soulier, par cet effet, se dresse
Et le talon bascule entraîné vers le bas,
Car le pied, en faisant son effort, ne peut pas
Rester horizontal sur un support si mince;
La bottine, devant, s’est contractée et pince A Au fond d’un de ses plis durs et tassés, le bout En métal du lacet qui se plante debout, Solidement et par hasard, dans l’interstice
Momentané, rempli d’aléas et factice
LA VUE | at
Que forme, en rapprochant deux bourrelets, le cuir; Le lacet, libéré, pourra bientôt s’enfuir
Dès que le pied, n’ayant plus son effort à faire,
Reprendra brusquement sa posture ordinaire
Et se tiendra plus droit, plus raisonnable, et mieux. En face de l’enfant, un jeune paresseux
Se reposant après ses fatigues, regarde
Dans le lointain; il s’est interrompu, mais tarde
A se remettre à la besogne:; c’est l’ardeur
Qui lui manque, car il ne trouve que tiédeur
En lui-même, pour son trop puéril ouvrage;
Il ne témoigne ni volonté ni courage; :
Il estime qu’il a suffisamment peiné
Et qu’il a mérité son repos; c’est l’aîné
Du groupe, et le plus grand de beaucoup; sa croissance Le met déjà presque au seuil de l’adolescence :
Son ambition croît, son horizon s’étend:
Les gambades, les jeux ne l’amusent plus tant;
Il a de plus hautains aperçus, d’autres vues,
De vagues sentiments sur des choses mal sues,
Sur les ébauches de ses rêves; son esprit Veut tenter un effort plus vaste, s’enhardit,
«+ 70 S’essaye, part à la découverte, se hausse
Mais échoue. A sa gauche une enfant assez g
Elle est active, elle a du cœur à la besogne.
En prenant de l’élan pour bècher, elle cogne Pre P ; gne |
Avec son coude son voisin, le beau rêveur À qui le jeu parait ennuyeux, sans saveur,
Et la vie enfantine insuffisante et plate.
La fillette a dans son dos une lourde natte
Qui tombe droite et dont la régularité
Est obtenue avec art et sévérité;
Rien ne dépasse, rien ne s’écarte ou se mêle,
Tout est net, appliqué, voulu; la natte est belle,
Elle a du tassement dur dans son épaisseur,
De la vigueur et du brillant dans sa noirceur
Nr nd
Qui tranche fortement sur la robe moins noire;
Dans le bas de la natte un ruban neuf en moire
je coque se gonfle au contraire, et son creux . ne une courbe large, étendue et très ample
N'a presque pas changé de place; il se termine
Par deux pointes, chacune imperceptible et fine
… Formant un angle par l’échancrure, au milieu,
Le Angle dont le sommet mal fait s’écarte un peu
Du centre du ruban; le second pan se cache Sous la natte, introduit par le vent; une tache Au pourtour tortueux, débordant, inégal,
a S’étale sur le bout de moire vertical
Éd Qui sépare les deux coques; l'endroit se plisse, Car on a bien serré le nœud de peur qu’il glisse.
(st 7e
Mais sans épingles ni grands rubans; ce bonnet
Derrière les enfants, assise à quelques pas Une femme s’occupe à tricoter un bas;
Faute de mieux elle a pris une vieille chaise
Inconfortable, sale, incomplète et mauvaise,
Dont les pieds, tous les quatre ensemble, ont p
De résistance ni réelle ni factice.
La femme porte un beau bonnet blanc de nourric Ordinaire, banal, tout simple, et qu’elle met … Encore maintenant, est tout ce qui lui reste De sa tenue ancienne, et tout seul il atteste Qu'elle fut autrefois nourrice; les parents L'ayant appréciée et s’en trouvant contents L'ont conservée auprès d’eux après le sevrage 6 Du nourrisson qui, SOUS sa garde, avance en âge. ne: ® Son bas n’est pas depuis très longtemps commencé, ; On n’en voit qu’un fragment uni, pas nuancé,
Un début promettant la suite; elle tricote
* Fa
l'es
Activement, mettant ainsi comme une note
De bon travail, d'emploi de temps, d'utilité
Au beau milieu des jeux et de l’oisiveté
à Qui domine dans les groupes, dans les familles; Son ouvrage est bien fait et ses longues aiguilles Possèdent, toutes les quatre, leur propre emploi; Elle se reconnaît d’instinct, sans désarroi
Dans cet emmêlement apparent; l'habitude
L’exempte de la plus légère incertitude;
Elle répète son mouvement machinal
Indéfiniment, sans se donner aucun mal,
Faisant, comme par un miracle, chaque maille
Régulière, identique et de la même taille;
Deux aiguilles dans ses gros doigts sont bout à bout; Pour le moment, ce sont ces deux-là qui font tout;
Sortant sournoisement des mailles, les deux pointes - Ont l’air de se chercher querelle, presque jointes;
On devine leur bruit, leur choc perpétuel,
Le cliquetis de leur inoffensif duel;
Elles semblent toujours prêtes à se répondre
. . : k à TE Sans se tromper d’endroit et sans jamais confondre
Leurs manigances ni leur rôle respectif; .
La nourrice fait son travail constant et vif Sans le voir et sans y penser; son esprit vogue Vers un sujet bien plus grave; elle dialogue Avec une autre femme et paraît discuter; L'autre est assise près d’elle et, pour l’écouter Avec plus de profit, elle a cessé de coudre; C’est une gouvernante; elles ont à résoudre Certaine question pressée et qui revêt
À leurs yeux quelque grand et puissant intérêt, Question à la fois délicate et prenante ; C’est la nourrice qui parle; la gouvernante Guette anxieusement, pour saisir au plus tôt L'occasion qu’il lui faut, pour placer son mot; 6 Cette application volontaire l’oblige
À ne pas s’employer ailleurs; elle néglige Son ouvrage qui, lui, veut être regardé Étant plus compliqué que du tricot; un dé
Brille à son doigt; avec l’extrémité du pouce
À gauche un jeune couple |
Examine la mer; l’homme de son bras droit
Le
Tient la femme par la taille; son second doigt … =. S’écarte largement des autres, se sépare, | Se détachant beaucoup sur l’étoffe qu’il barre; Eu Les deux amoureux sont calmes, contemplatifss 40 | Ils trouvent de profonds mystères suggestifs | Dans le spectacle sans égal et grandiose
De cette immensité forte qui vous impose
Et devant qui le cœur bat, plus fier, ennobli; Cela, pour un moment leur procure l’oubli Des faits habituels et plats, du terre à terre; Ils sont dans cet état d’esprit où l’on enterre Les multiples soucis, légers, quotidiens,
Les tracas lancinants, avec les mille riens Dont l’indéfinissable et lente kyrielle | Rend la vie absorbante et trop matérielle; | 4 Leur pensée est bien loin du monde; ils sont grisés Par les profonds aspects qu’ils ont poétisés; . 4 L'homme, dont on voit la joue, ébauche un sourire; Son geste de soudain enlacement lui tire |
Sa manchette qui monte un peu, laissant à nu
PA
rene
r ME Mes rf:
Devant eux, plus à gauche, une vague déferle
Et recouvre les pas aux trois quarts effacés
De deux enfants jouant ensemble, déchaussés, É Sur la surface du sable enfonçant, humide;
L'empreinte de leurs pieds nus n’est guère solide
Tout son poignet; un fin bracelet est venu.
isser jusque-là; c’est un bracelet de femme,
| Témoignage de quelque impérissable flamme, Relique n'ayant pas de prix, gage d'amour
À Domné pour qu’on le porte à jamais, nuit et jour ;
Le bracelet est fait d’une fragile chaîne ;
| Des perles de grosseur suffisante et moyenne
L’ornent, séduisant l’œil par leur bel orient Et leur égalité ; le même point brillant
Étincelle, de loin en loin, sur site perle.
Sur cet inconsistant et facile terrain
- œ Que l’eau, par son élan même, est toujours en train 2 D’aplanir et d’user, sitôt qu’elle le frotte; eh : Le plus jeune des deux enfants marche et barbotte : En pleine vague; il a dans la main gauche un seau Ne.
De métal peint, pour les pâtés en sable; l’eau
Lui montant jusqu’au bas des chevilles y trouve Un double obstacle; la gène qu’elle en éprouve. Se traduit par des plis courbes, par des remous D'ailleurs sans importance, inoffensifs et doux; Dans le seau de l’enfant, une petite pelle
Se tient debout, un peu penchée; on ne voit d’elle Que la poignée, ainsi que le vieux manche en bois Assez mince, mais dont la hauteur et le poids
Font dévier le tout que cette force entraîne.
La peinture du seau représente une plaine
Avec, dans le lointain, un délicat clocher
Que le seau, par son seul mouvement, fait pencher, Mais qui semble d’abord se pencher de lui-même;
Dans la plaine, joyeux et fort, un homme sème,
: be dé l'endroit offre un échantillon de
Te
nt resserrés les uns près des autres, en tas,
Ée ns “ on puisse y trouver la DE d’une rue;
__ Ennemi du danger; ses pieds nus font des creux,
Des empreintes qui sont faciles sur ce sable
Humecté récemment et très modifiable ;
Les pas nombreux, petits, sont fortement moulés, Reconnaissables tous sur les endroits foulés; L'enfant tient une pelle en bois, de même forme Que celle du petit, mais longue, lourde, énorme; Par ses proportions elle ressemble un peu
À quelque bèche dont elle doit tenir lieu; L'enfant a ramassé toute une pelletée 2 Qu’en ce moment il n’a pas encore jetée; Mais il est sur le point de prendre son élan ; Pour la lancer avec force dans l’océan; di:
Il tient sa pelle dans ses deux mains, la recule Par une impulsion discrète, presque nulle; Mais son attention est tendue, il est prêt
Au moment du plus grand recul et de l’arrèt
À faire repartir, sans qu’un seul grain ne verse
Le sable, hardiment et fort, en sens inverse, é ù Tout en le maintenant en un paquet serré, Afin qu’il tombe au loin, sans fragment séparé, 20 Et fasse son plongeon d’un seul bloc et sans perte;
La place où fut ôté le sable est recouverte
ue déjà plein, inondé, le trou
a Ja Per est sans ASE faible et mou;
1 présente l’aspect d’un mince aérostat
n détresse, penché, monstrueusement plat;
Sombres sur le fond blanc, clair ; elles sont plus Qu’un ensemble partout pareil, complet, uni, Et d’où l'original se trouverait banni; | Chaque raie, en suivant la grande silhouette, …
La reproduit de plus en plus courte et fluette, ‘< À mesure qu’on va près du centre; en dessous. Une queue en papier a des mouvements doux,
Des ondulations; sans doute elle serpente
Un fil noir paraissant incassable, tendu, Et par qui l’horizon est comme un peu fendu, … Descend du cerf-volant qu’il retient ferme, et pa Inflexible, isolé, raide à travers l’espace; 2 Quand, du regard, avec persistance, on le suit 4 ; En bas, pour arriver à son but, il conduit — à
Par sa ligne rigide et qui, par moments, brille
Au soleil — jusqu'aux mains d’une petite fille | EE:
Qui lève ingénument, en sainte, ses grands yeux, Comme pour faire sa prière, vers les cieux; NN M
Elle veut simplement voir comment se comporte
| Le cerfsvolant dans les airs, s’il faut qu’elle sorte un nouveau bout de fil et si le vent tient bon; Dans ses petites mains, c’est autour d’un bâton < Que Je fil qu’elle tient en réserve s’enroule,
À Formant dans le milieu même une grosse boule ; ll s ’entortille sans cesse, en long, entravers, Ses passages étant chaque fois recouverts;
‘ “al trace et forme avec lui-même des losanges
à Presque tous imparfaits et déviés, étranges;
| Certains mieux définis, plus privilégiés,
Par un hasard sont bien survenus, réguliers;
r. Mais à d’autres endroits, tout s’embrouille et se mêle.
Plus haut un long parcours en planches, parallèle
A la côte, assez loin de la mer, est aisé
Pour la marche; un flâneur semble être reposé
fo LA VUE
En l’atteignant, après une trotte incommode Dans le sable; il est mis à la dernière mode
Et son costume assez prétentieux et clair
Est juste dans le vrai ton pour bord de la mer; C’est un de ces cerveaux inoffensifs et piètres Occupés de sujets mesquins; il a des guêtres Éclatantes par leur impeccable blancheur
Et dont la coupe est un pur modèle; une fleur Orne, en la parfumant aussi, sa boutonnière;
Il baisse gravement vers elle sa paupière
Pour voir l'impression flatteuse qu’elle fait
Et les tons bien fondus et doux qu’elle revêt; C’est un œillet des plus beaux, soi-disant unique, Mais dont la taille sans pareille ne s’explique Que par l’habile, la secrète jonction
De plusieurs en un seul; une séduction
Plus complète en résulte, et la fleur, toute ronde,
S’épanouit.
Sur les planches beaucoup de monde
: Plus loin un marchand
| A des bonbons et des gâteaux, des friandises
; Pour tous les goûts et pour toutes les gourmandises; Il est en blanc, du haut en bas, en pâtissier,
Son bonnet sur l'oreille; il fait apprécier
d . Ses succulents produits, toutes ses bonnes choses, ; En prenant galamment de gracieuses poses
: . Pendant qu’il montre son grand panier surcharge
D'un assemblage bien assorti, bien rangé
ne 5 Von groupe, PqUs Fe on lui PERD un Rss
Fos Ce
De brioches, de fins sablés, de madeleines *
Et de tartes de mine appétissante, pleines ER
Des fruits les mieux choisis du monde et très divers;
D ee
Dans la foule, un jeune homme, indifférent, salue Des gens qu’il croise; mais il passe et continue ë ne: Sans leur parler. La paix et la tranquillité Fes Règnent dans ce public nombreux; sa densité, L'apparence des dos, le nombre des figures,
La différence des costumes, des allures, |
Les gens communiquant, serrés et rassemblés,
Les solitaires qui circulent isolés, | Les silhouettes sans rapports, jeunes ou vieilles, Les tournures, jamais voisines ni pareilles,
Les barbes, les mentons rasés, les aperçus
De groupes plus ou moins élégants ou cossus, Tout cela réuni forme une foule humaine
De composition bizarre, hétérogène;
Mais dans l’ensemble tout se brouille et se confond, 1
e Plus 4 toujours vers la gauche, des gens assis
à S’espacent, parsemant le reste de la plage;
Un garçonnet, encore en robe, n’est pas sage
Et subit le reproche amer, silencieux, D'une femme montrant simplement les grands yeux,
Ouvrant très hautes les deux paupières, pour faire.
Un regard glacial, terrifiant, sévère.
Un homme vient de bien lancer avec la main Un gros ballon; il est en face d’un gamin
Qui, guettant le ballon, saute de joie, exulte; L'homme à la gaité franche et forte de l’adulte Qui, par hasard, se mêle aux ébats des enfants; Il rit complaisamment et ses superbes dents a 4 Brillent très blanches dans sa grande barbe noire. Le gamin attentif, amusé, semble croire, - Soit avec des raisons logiques, soit à tort,
Que le ballon lancé trop vivement, trop fort, Accomplira, plus loin qu'il ne faudrait, sa chute; Aussi le bond joyeux et prompt qu’il exécute * Est rétrograde avec intention; en l'air Le ballon bien gonflé, rebondissant et clair,
Est recouvert de cuir et d’assez grosse taille.
Un oisif isolé, mélancolique, bäille
En lisant le premier article d’un journal
Sans doute monotone à périr; il est mal
- Sur sa chaise; il se sent trop contraint et se vautre.
Avec gène, avec des contorsions.
Un autre Confie au sable un nom ineffablement cher Qu'il écrit lentement avec le bout en fer De sa canne; à côté, des traces d’écriture Préexistent déjà, mais un trait les rature; C’est un premier essai malheureux, avorté ; Cette fois-là le nom chéri fut écourté Par mécontentement; c’est sur une diphtongue Qu'il s'arrête; la canne est suffisamment longue Pour que celui qui la bouge n’ait pas besoin De se baisser; il suit négligemment, de loin Ce qu’il écrit et, sans aucun zèle, s’appuie
A son dossier ; le nom, presque achevé, dévie
Comme s’il ménageait prudemment son espace;
De l’eau qui marque des ondulations fines
Sur le sable humecté.
: En visière sur ses sourcils; elle regarde
En s’éloignant un peu de la chaise; à la fin
Il devient plus pressé, plus rapide, plus fin,
Une femme regarde, en bas, le nom que trace : Le bout obéissant de la canne et sourit En voyant ce que l’homme audacieux écrit
Au grand jour, sans secret, dehors.
D'autres personn Enfants désordonnés, parents, nourrices, bonnes, Font des groupes, chacun se suffisant, à part
Et restant installé plus ou moins à l'écart
Plus loin quelques cabines S’alignent, ne servant que pour l’heure du bain; |
Une femme puissante et forte tient sa main
La mer et son immense horizon; elle darde
ne 2100 re: à son geste;
eh 'endant que son doigt raide, inexorable, reste 38 À Droit et tendu vers son but, son expression En
Re
’assentiment facile et forcé qu’elle espère ; er
evendique, non sans “hâte, l’adhésion, Re
re Près d d’elle, semblant mal comprendre, son compère ei : ait de son mieux pour la suivre; il est habillé ; C omme un matelot de hasard, déguenillé ; : 246 Asa taille s’enroule une vieille ceinture © Molle; son pantalon en grosse toile dure
; » Se retrousse assez haut pour que ses deux genoux
Files libres de tous leurs mouvements en Rae
TR au dehors 7 sens intérieur . De l’épais tissu. L'homme est un simple baigneur,
n la ne semblant familiarisée
A la garde constante, ainsi qu’à l’entretien … 8 ;
Des cabines et du linge la ie
ne et par Nue au contraire, te Du premier coup on sent qu’elle vient de quitter Son ouvrage, qui doit même se limiter
Aux environs et dans cette place restreinte;
Sur le sable, derrière elle se reconnait, Se succède à distance inégale et renaît À Jusqu’à l’endroit atteint par elle et qu’elle occupe; Elle s’est mise à l’aise en relevant sa jupe, d Aimant mieux, pendant sa besogne, ne tacher
Que son jupon.
S’avance dans la mer, grand, formant une pointe;
D’autres rochers plus courts, plus petits et plus bas;
La mer, pour le moment, ne les recouvre pas,
Pour les envelopper d’un nuage et brouiller Leurs contours avec une apparence de rage.
Sur le grand rocher même on a fait un passage ik Pour les piétons; il est rustique, accidenté, Montant ou descendant parfois, mouvementé ; Exprès, on a laissé vers le centre une arcade Naturelle ; le tout forme une promenade,
Un but commode pour la flânerie; au bout,
Au point le plus extrême, un couple attend, debout,
Ne pouvant se lasser de voir le point de vue; L'homme et la femme ont un regard qui s’habitue, De moment en moment, aux très grands aperçus;
Leur vision s’adapte et ne s’étonne plus
+ LA VUE f9.