‹ La vulgarisation de la science sociale chez les canadiens-français [microforme]Chapitre 4 sur 13 · IV.—Utlilé de cette vulgarisation · texte numérisé non relu

IV.—Utlilé de cette vulgarisation

t Nous avons vu quel est l’intérêt et l'importance des questions sosiales à l’époque actuelle, Ja confusion qui règne dans le et l'insuffisance des doctrine

la ennériorité da

s idées populaires S Courantes en matière sociale : j'ai démontré “icment de l'école de LePlay et de Tourville, et la possibilité de la diffusion d

de cercles locaux d'étude.

canadien de science sociale

€ cet enseignement chez nous par le moyen Mes amis les membres du premier cercle m'ont prié d'indiquer ici

Un peu plus en

P di n

détail quel sora le mode d'action de ces cercles et les résultats que nous pouvons en attendre,

Les ellets de cette propagande de science sociale seront où direcis ou indirects; directs sur une élite, les membres des cercles, indirects, sur la masse et les institutions.

lo Effets directs sur une élite,

Cette cite S'adonnera à Fétude positive, méthodique et suffisam ment complète dos phénomènes sociaux. Dés lors elle sera assurée des

avantasres que donne la poursuite de toute science bien entendue. Ces

avantages sont au nombre de quatre: renseignements; développement de la faculté d'olservation: formation de l'esprit et du caractère; aptitude à l'action.

La science est utile, tout d'abord, en ce qu'elle ajoute à la somme de nos renseignements positifs, I serait oiseux de m'attacher à démontrer cette vérité, plus où moins bien reconnue de tous. Qu'il me suffise de rappeler le dicton populaire, suivant lequel un homme averti, ou si l'on veut, un homme renseigné, en vaut deux.

Un deuxième service que la science positive rend à ses adeptes, est de développer en eux la faculté d'observation, S'il y a avantage à emmagasiner dans son esprit des connaissances acquises par Ja lecture on l'instruct:2 orale, c'est un avantace beaucoup plus grand encore, on le conçoit, que d'être en mesure de rocueillir soi-même ses renseignements, dé pouvoir se mettre directement en contact avec les faits et les choses. Or cette faculté d'observation, comme toute autre, se développe et se fortifie par l'exercice méthodique.

Troisième service que la science positive et méthodique rend à ses adeptes: elle leur forme l'esprit et le caractère. Qu'est-ce à dire? Que la science bien entendue ne se borne pas à mettre ses adeptes en mesure d'emmagasiner les renseisnements fournis par d'autres ou d’en recueillir directement: elle les dresse à faire l'analvse, la comparaison et la classification de ces renseignements, à saisir la nature intime de ces faits, ainsi que les rapports de cause à effet qui se manifestent de l’un à l’autre. Par là même elle forme l’esprit, en révélant non seulement les choses et les faits, mais l'enchaînement des choses et des faits.

Or, en formant l'esprit, la science forme aussi le caractère, car l'intelligence et la volonté sont intimement nnies. et on ne saurait. sauf les cas de dépravation, prendre connaissance de la vérité sans vouloir v conformer ses actes Cans in mesure de ses forces.

Enfin, la poureuite de la science tend à développer chez ses adentos le désir de l’action, et par suite l'aptitude à l’action. L'homme de scien*a connaît les choses: il ne les connaic pas simplement par ouï-dire, mais directement par l’observation: bien plus, il connaît les relations de 34

choses entre elles; il sait comment elles agissen! et réagissent les unes sur les autres: et dès lors, il est porté, non seulement à conformer théoriquement sa volonté, comme je viens de le dire, à cette connaissance, Mais à orienter sa vie et celle des autres dans le sens de cet enseign3ment, en d'autres termes, à agir sur les choses el les hommes.

Ces quatre résultats que je viens de signaler (accroissement de la somme des renseignements, développement de la faculté d'observation, formation de l'esprit et du caractère, aptitude à l’action) sont les effets propres de toute science positive, d'observation. Mais il est évident que ces effets varieront en importance suivant l’importance de l'objet même de chaque science, Ët l’objet de la science sociale (la connaissance des groupements humains) étant plus élevé et d’un plus grand intérêt Pour nous que celui d'aucune des sciences physiques et naturelles, il s'ensuit que ces effets seront plus importants dans le cas de la science sociale que dans le cas des autres. En effet, la science sociale augmenterait la somme de nos renseignements positifs, dévelo;:perait notre faculté d'observation, formerait notre esprit et notre caractère, nous disposerait à l'actior à l'égard d’un ordre de faits d’un intérêt immédiat, constant et fondan, tal pour nous.

Il me semble évident que ve triple entraînement intellectuel, morai et pratique aurait pour effet de porter à son : iximum la valeur personnelle et sociale des membres de ces cercles. Elle assurerait à chacun d'eux une supériorité dans sa profession. Ce n’est pas tout de bien connaître la routine de son métier, la technique de son art; on est beaucoup plus sûr de soi et de sa voie, sans compter qu'on est un citoyen beaucoup plus utile, lorsqu'on se rend compte exactement des relations de son état de vie avec tous les autres, de la place que l’on occupe dans l’ordre social, de l'agencement général de la société.

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