‹ La Zone de ParisChapitre 5 sur 33 · ES · texte numérisé non relu

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partie de l'enceinte comprise entre la porte Maillot et la porte d'Auteuil, mais elle ne fut pasratifiée par le Parlement, n’ayant pas été mise à l’ordre du jour.

En 1904, la Ville fitun nouveau pas,le Ministère dela Guerre renonçant{à la construction d’un nouveau mur d'enceinte en remplacementdu murdésaffecté. En 1907, M. Carzcaux ne demandait plus à la Ville que de payer la surface utilisabledes terrains, tenant compte des dispositions à prendre pour la viabilité, l'hygiène et l’embellissement des quartiers environnants : il en fixa le prix à 110 millions. Ce prix fut jugé excessif par le Conseil qui donna mission à sa commission de poursuivre les négociations : elles aboutirent en 1998, et le préfet de la Seine, M. DE SELVES, déposa devant le Conseii les propositions suivantes : prix 64 millions, payable en 20 annuités ; l'enceinte à désaffecter s’arrêterait au canal Saint-Denis, mais la Ville conserverait un droit de préemption sur les terrains s'étendant du canal Saint-Denis à la porte de Pantin ; certains terrains seraient exceptés de la convention. Mais, une fois de plus, les propositions de l'Etat furent rejetées, et sur la proposition de M. Ambroise Renpu, le Conseil émit le vœu que soit adoptée la proposition de loi de M. Srecrrien.(10)

Dans cet historique rapide, on distingue cinq périodes : dans la première, de 1841 à 1882, la Ville ne demande pas la suppression de l'enceinte, mais seulement l’attribution d'indemnités aux propriétaires dont les terrains sont grevés

(10) Proposition SIEGFRIED :

ARTICLE PREMIER. — Les terrains des fortifications désaffectées depuis le Point-du-Jour jusqu’à la porte de Pantin, seront remis à la Ville à charge pour elle de procéder, dans le délai maximun de dix ans, à la démolition, au nivellement, à la création d’un boulevard “circulaire de 20 mètres de largeur et à l'aménagement d’au moins quatre parcs de quinze à vingt hectares et d'autant de squares ou jardins de un à deux hectares, la zone boisée en bordure du bois de Boulogne étant réservée.

ART. 2. — Le surplus, qui ne pourra dépasser la moitié de la surface totale sera vendu, PEtat partageant avec la Ville le produit des aliénations.

ART.3. — Les terrains des fortifications désaffectées et la partie correspondante de la zone de servitudes sont annexés à Paris. Les terrains appartenant à des particuliers et qui seront nécessaires à la

de la servitude; dans la seconde, de 1882 à 1890, elle se heurte à un refus constant de l'Etat qui ne consent pas à la suppression del’enceinte ; dans la troisième période, de 1890 à 1904, l'Etat consent à une suppression partielle de l’enceinte sous réserve de la construction d’une nouvelle enceinte, mais laisse à la charge de la Ville tous les frais de Ja substitution ; dans la quatrième période, de 1904 à 1908, l'Etat, en ne demandant plus que les prix des surfaces utilisables, en cédant gratuitement à la Ville les terrains nécessaires pour la viabilité et l'aménagement, commence à s'associer à l’œuvre d'urbanisme de la Ville. Nous allons, à partir de 1908, entrer dans la cinquième et dernière période, au cours de laquelle des négociations très actives ont été poursuivies qui ont abouti aux conventions de 1912. Pendant ces divers périodes, les Conseils avaient demandé la suppression des servitudes militaires, mais ils ne s'étaient pas préocupés de comprendre la zone dans l'opération du déclassement des fortifications. L'idée de poursuivre une opération portant à la fois sur l'enceinte et la zone se trouve, pour la première fois, dans une proposition déposée au Conseil municipal le 4 novembre 1908 par M. Dausser. La proposition de M. Dausser, celles qu'il à faites par la suite pour la compléter ou la

Ville seront acquis à leur valeur actuelle, déterminée par une commission d'experts désignés en nombre égal par les deux parties et présidées par un magistrat du tribunal civil de la Seine. Le paiement du prix sera effectué au fur et à mesure de la prise en possession.

ART.4. — Après l'achèvement des opérations d'aménagement, les terrains de la zone demeurés en dehors des emprises seront dégrevés de la servitude non œædificandi mais ils resteront soumis aux règlements de voirie et d'hygiène qui seront établis.

Par contre, les propriétaires de ces terrains auront à supporter la moité des frais d'acquisition des emprises et du coût des travaux compris dans l'opération correspondante, le surplus restant à la charge de la Ville.

L'article 6 et l’article 7 instituent « une commission supérieure d'aménagement de l’agglomération parisienne », qui sera chargée d’ établir, d'accord avec la ville de Paris et les municipalités suburbaines, un plan d'extension de la Ville comprenant les voiies à créer ou à élargir, les espaces libres à réserver; elle se préoccupera également de la conservation et de l’ aménagement des forêts domaniales et des servitudes d'hygiène publique dont pourront être frappées les propriétés: particulières. Sa compétence s’exercera sur une zones d’une largeur de dix kilomètres autour des fortifications actuelles.

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préciser, étant à la base de toutes les négociations entreprises dès lors, nôus devons en donner une analyse aussi complète que possible.

Proposition Dausset. M. Dauséer rappelle d’abord tout ce qui à élé fait jusque là. 1 déclare que lés Statistiques ont démontré qué lasanté d'une villé dépénd du volume de ses espaces libres, de même que la santé de l’homme dépend surtout de l’état de ses poumons. » Si, dit-il, les foftifications ne devaient être désaffectées du’en vue d’un lotissement, iniéux vaudrait, dans l'intérêt de la santé publique, le maintien dé la situation actuelle : Car, «si peu esthétiques, si incommodés, si inutiles que soient ces talus et ces'fossés, ils n’en coustilüent pas moins üne sotte de matelas d’air qui eñtoure Paris; ils f’en Sont pas moins ulie sorte de promenade où, läute de mieux, déux cént mille Parisiens viennent les soirs d'été et les dimanches se reposer de leur labeur sur le maigre gazon, respirer plus à l’aise qué dans leurs logements étroits et dans leurs ateliers si souvent Ialsäins ».« Si on lotissait ces térrains, ajouté M. DaAussEr, on Subprimerait la dérnière réserve d'air naturel qui s'ofire à nous et ilfaudrait Créer les espaces libres en expropriant à grands frais des espaces déjà habités, » Sa proposition consisté d’abord dans l’achat ét la désaffectation en un seul bloc de tout l’ensemble de l'enceinte fortifiée. C’est une erreur de traiter lé problème par fractions sans savoir le prix global de la céssion, et d'autre part, il est des quartiers déshérités ou la désaffeclation s'impose autañt que pour les quartièrs avoisinant le bois de Boulogne. De plus, la question de la fortification he peut être envisagée sans celle de la zone ; en négligeant de s’en préoccuper, la Villé se créerait une concurrence des plus redoutables. Si la servitude non ædificandi tombait par suite de la désafféétation, « partout les roulottes, les méchantes cahutes qui ornent si larnentablement ces

espaces, feraient place à des immeubles de rapport munis des perfectionnements modernes, et d’un accès facile grâce au développement de nos lignes du métropolitain et de tramvays, » M. Dausser estime que lé terrain même des fortifications doit être bâti et la zone libre. Entre l'enceinte fortifiée et les espaces découverts aménagés sur l'emplacement de la zone militaire, il y aurait un immense boulevard qui ferait Le tour de Paris, comportant une allée centrale plantée d'arbres et deux larges chaussées dont l’une affectée aux piétons ct voitures et l’autre aux automobiles et qui constituerait une promenade unique au monde. Mais pour l’exécution de ce plan d'ensemble, il est indispensable d'obtenir par une loi l’expropriation et l’annexion des terrains de la zone militaire qui serait convertie totalement en espaces libres. Le lotissement des fortifications procureraitune recette qui couvrirait presque entièrement les dépenses, Sur la zone seraient aménagés de vastes terrains de jeux et d'exercices physiques, des jardins ouvriers et de larges parcs. Des hôpitaux, des maisons ouvrières, des palais de sports et d'expositions, des théâtres populaires pourraient être édifiés le long des terrains qui auront fait place à l'enceinte fortifiée.

Les zoniers recevraient des indemnités d’expropriation.

Les communes ont également grand intérêt à la réussite du projet, car elles bénéficieront des espaces libres créés et les immeubles qui bordent la zone acquerront des plusvalues considérables, Et, avec un espoir qui, hélas ! ne s’est pasencore réalisé, M. Dausser ajoute : « de cette population (celle de la zone)les éléments sainsetintéressants resteront sur leur territoireet iront seloger aux alentours ; quant aux éléments hétéroclites, ils disparaitront : ce sera tout profit pour les habitants et aussi pour le budget communal ».

La proposition de M. Dausser, si différente dans ses principes et $es conclusions des propositions antérieures,

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