LES SEPT-ISLES
Seulement une où deux familles sauvages restent iei à l’année, Mais, à la fin de juin, il en vient beaucoup de tous côtés pour assister à la mission que leur donnent les Pères Oblats : l’église alors en est toute remplie. Du reste, cette chapelle, de 35 pieds sur 25, bâtie. zar le P. Arnaud il y a une
cinqu4 après les fin ont fa fourni [ei, habita la miest pr en bar ensuitd la pêc le terri Qua droit, ment l’ où quat ment p En effe
pour pa
aux en faut alo encore !
comme lancon, Depu morue d à Son CO Durai sécher ]:
sorte de facon À | où cinq donne @ pieds, et
cinquantaine d’années, est la propriété des sauvages. Mais, après la mission, les blancs ont permission de s’en servir pour les fins du culte, en retour des travaux de réparation qu'ils y ont faits et de la sacristie qu’ils ont élevée, avec des matériaux fournis par les Oblats.
Ici, comme ailleurs, la pêche est la seule occupation des habitants. D'abord, au printemps, du commencement de mai à la mi-juin, on pêche le harerg dans la baie même, dont l’eau est profonde, Chacun y pêche à son compte, On met le hareng en barils, et on l’expédie à Québec pour la vente, Ce serait ensuite le tour du saumon. Mais l'endroit n’est guère propice à la pêche de ce poisson; et il n’y a de tendus que deux rets sur le territoire appartenant strictement aux Sept-Isles,
Quant à la pêche à la morue, c’est l'affaire sérieuse de l’endroit, On prend la morue autour et au large des îles qui ferment l’entrée de la baie ; on va d nc faire cette pêche à trois où quatre lieues du village, et cet éloignement rend particulièrement pénible l’exercice du métier de pêcheur aux Sept-Isles. En effet, il faut que les barques partent de terre dès minuit, pour parcourir cette longue distance et arriver en temps utile aux endroits propices ; on s’en revient dans l'après-midi, et il faut alors préparer le poisson pour le commerce. Puis il y a encore à seiner la bouette pour le lendemain, On emploie ici, comme bouette, le squid ou encornet, mais principalement le lancon, poisson tout petit rappelant assez la forme de l’anguille.
Depuis le milieu d'août jusqu’à la fin de la saison, on sale la morue de bonne taille, et chacun en fait la vente où il peut et à son compte, dans les meilleures conditions possible.
Durant la première partie de la saison de pêche, on fait
sécher la morue, Pour cela on apporte la morue au chauffaut sorte de petit hangar), on lui coupe la tête, on la tranche de facon à l'ouvrir en deux, on la sale, Quand elle a passé quatre où cinq jours dans le sel, on l’étend sur les vigneauæ. On
donne ce nom à de longues tables hautes d'environ quatre pieds, et recouvertes par des branches de sapin. C’est sur ces
| branchages que l’on étend les morues pour que le soleil les en rou dessèche, Il faut les tourner matin et soir, La pluie survient- se font elle, on met les morues en tas pour les protéger. l'hiver Lorsque la morue est préparée, on peut l'envoyer à Halifax légram | ou à n'importe quel marché ; mais généralement on préfère la pour ! vendre sur les lieux aux gens qui viennent l’acheter au nom de rite, C | la maison “Charles Robin, Collas & Co., Limited,” de (Gaspé, couche ‘| qui a un bureau d’affaires à Moisie. devant k À On recueille les foies de morue pour en faire de l'huile. raquett ! Quand le poisson est maigre, on n'obtient que de l'huile in- dévoue Ë férieure, qui ne donne pas de bénéfices bien merveilleux, Tel consola a été le cas de ces dernières années. se trou | Il n’y a pas à parler d'agriculture pour ce qui concerne les aux aul | Sept-Isles. On n’y cultive que les patates. Les pré | Le missionnaire des Sept-Isles réside (1895) chez M. Virgile bonne [| Bérubé, marchand, qui l’héberge gratuitement: bel exemple La] | de générosité, portée même au point que ce digne homme Aux Se tient à lui payer sa dîime chaque année, malgré la résistance un seul k du prêtre. De ce poste, le missionnaire dessert Moisie, les sait pas | Jambons et Sainte-Marvuerite. Il reste alternativement deux Un pôe | ou trois semaines aux Sept-Isles et à Moisie, Il va quatre fois large de (l par année aux Jambons, et six fois à Sainte-Marguerite, Eté 'h En été, il y a les voitures d’eau pour communiquer entre ces connut fl missions, En outre, comme l’on possède quelques chevaux dessus « ( aux Sept-Isles et à Moisie et qu'un chemin passable existe temps, « ( entre ces deux villages, on se rend souvent par terre de lun à où trois ‘l l’autre endroit, Les équipages de luxe sont d’une grande ra- lames Il reté ; on n’a guère que des charrettes, dont les roues ont bien 4, Ce qui ] Il 5 ou 6 pouces d'épaisseur, afin de n’enfoncer pas trop dans le quatre o 1h sable mouvant où il faut voyager. Durant l'hiver, on ne peut se l'endroit I mettre en route, ici comme ailleurs, qu’à lu raquette ou en comé- qu’à ce ll tique. Les raquettes montagnaises sont les seules employées. une prof I Quand on peut choisir le bon temps pour voyager, on arrive à faire gnr nt LL: les trajets sans trop de difficultés, Mais le missionnaire, quand il avait un | | est appelé pour secourir un malade, est bien obligé de se mettre séparait fl 1h |
spé,
ile, in- Tel
les
nple name ince les eux fois
en route par n'importe quelle température, et alors les voyages se font parfois avec les plus grandes difficultés. Ainsi, durant l'hiver de 1895, M. Maltais se trouvait à Moisie, lorsqu'un télégramme le manda aux Jambons, à 48 milles de distance, pour un malade, L’avant-veille, il était venu de Sainte-Marguerite, Cependant il devait se remettre en route. Une épaisse couche de neige venait de tomber, et il fallut battre le chemin devant le cométique : pour cela sept hommes précédaient en raquette, On voit par là la difficulté des communications et le dévouement de ces braves gens pour procurer aux mourants les consolations de la religion. On se dit qu’on pourra soi-même se trouver un jour dans les mêmes circonstances, et l’on fait aux autres ce que l’on voudrait que les autres fissent pour soi. Les préceptes évangéliques ne sont pas lettre morte parmi cette bonne population de la Côte.
La Pointe-de-Monts est célèbre par son serpent de mer. Aux Sept-Isles aussi on a vu un monstre marin, Mais comme un seul témoin l’a vu, et de loin, et seulement une fois, on n’en sait pas long sur son histoire naturelle, C'était en juillet 1892. Un pêcheur des Sept-Isles commencait à pêcher, dès l'aurore, au large des îles, lorsqu’il aperçut, à plusieurs arpents, ce qui lui sembla d’abord être un ramassis de branches d’arbres : il reconnut à la fin que c'était une sorte de tête, peu élevée audessus de l’eau, entourée de “barbes” qui s’agitaient ; en même temps, dans la direction de sa barque, il vit à fleur d’eau deux ou trois replis du corps de l'animal sur lesquels glissaient les lames comme sur une “caye.” La mer était calme ce matin-là. Ce qui paraissait de ces replis semblait avoir une largeur de quatre ou cinq pieds. Le pêcheur ne prenant pas de morue à l'endroit où il s'était arrêté, se déplaca deux ou trois fois, jusqu’à ce que, ayant lancé sa ligne à un endroit connu pour avoir une profondeur d’une trentaine de brasses, il la sentit s'arrêter sur un obstacle, à peu de profondeur ; en même temps, l'eau avait une agitation inaccoutumée, Bien que la distance qui le séparait du monstre marin fût grande, croyant qu’il pouvait se
trouver au-dessus du prolongement de son corps, il fut saisi d’épou vante, s'éloigna précipitamment, et s’en revint à terre. Depuis, il n’a jamais osé retourner à cet endroit. —J'ai pu rencontrer ce pêcheur, du nom de Louis Lévêque, et l’interroger longuement sur ce qu’il a vu, Mais il n'en parle pas volontiers, disant que, si un autre lui racontait une apparition pareille, il ne le croirait pas. Il s'attend donc à de l’incrédulité chez ses auditeurs, et c’est pourquoi il aime mieux ne pas conter son aventure, Je laisse au lecteur le soin de se former une opinion sur le fait étrange qu’il vient de lire, S'il a déjà avalé tout rond quelque serpent de mer, je ne vois pas pourquoi il ferait la petite bouche devant le monstre que je viens de lui
servir,
MERCREDI, 12 JUIN.— Nous devions, ce jour-là, partir en voiture pour Moisie ; mais le capitaine Marquis ayant fait venir sa gotlette exprès pour nous y transporter, Monseigneur décida que nous prendrions passage à bord de cette embarcation. Vers dix heures, nous faisions nos adieux aux braves gens des Sept-Isles, et nous embarquions avec M. l'abbé Maltais. (C'était la première fois que je mettais le pied sur une voélette, et je tombais vraiment bien pour cette première expérience : car la goélette du capitaine Marquis est un beau vaisseau, très bien fini et de la plus grande propreté ; elle est aussi bonne voilière, La brise de l’ouest soufflait fortement, et nous fûmes bientôt en dehors des îles montagneuses qui protègent la baie et s’apercoivent de bien loin à l’est, Malheureusement la brise diminua et fit même place au calme. Le calme est le grand fléau de la navigation, La raison en est naïve, à force d’être évidente : on navigue pour avancer; et durant le calme, on n'avance pas Et même on recule, quand on a contre soi le flux ou le reflux de la mer, comme il nous arriva justement, (rrâce à de petites brises qui s’élevaient de temps à autre, nous refaisions à la fin, et même un peu plus, la route que le montant nous faisait
perdre, village couran le cher descen La cha partimi hygién:
pas, mé tune, À sur une l'exerei valérien de quel de ce tr miniatu de l’éch Les garde
Et la fu instant,
atteigni
COM POS populati
Le jol ouest de
perdre, et nous parvinmes ainsi jusqu'à un mille et demi du village de Moisie, Mais alors il fut constaté que la force du courant était si considérable que nous reprenions malgré nous le chemin des Sept-Isles. Aussi, il fallut adopter le parti de descendre à terre, et de nous rendre à pied jusqu’au village, La chaloupe du bord nous conduisit done au rivage, et nous partimes pédestrement, — J’apprécie beaucoup l'importance
hygiénique de la marche, ce classique exercice ; mais, n’est-ce pas, médecins et hygiénistes qui nous la recommandez opportune, importune, vous ne nous imposez pas de nous y livrer
sur une épaisse couche de sable mouvant? Car ce n’est plus de l'exercice, la marche faite en ces conditions : c’est un labeur de galérien ; c’est le martyre d’un confesseur de la foi prisonnier de quelque peuplade barbare. Voilà le souvenir que je garde de ce trajet d’un mille et demi, opéré à travers ce Sahara en miniature, lorsque le mercure devait avoir atteint les sommets de l'échelle thermométrique.
Les indigènes apercurent enfin la caravane dont l’arrièregarde
.....Suait, souffait, était rendue.
Et la fusillade commenca aussitôt, Cela ne nous arrêta pas un instant, malgré mon sentiment qui ne prévalut pas. Enfin, nous atteignimes l’endroit où nous attendait un peuple nombreux, composé en bonne partie de Montagnais et de Montagnaises, la population blanche étant en ce moment occupée à la pêche.
Le joli vilage de Saint-Joseph de MoisiE est bâti sur le côté ouest de l'estuaire de la rivière de ce nom.
ces
— qe ©
MOISTE, - Commi loi des Moisie voyage porainé pays bi de Saïi DRAKE,
La ri tout ce grand | firmatio Elle for petits vi que, dur Stanley sommait ouest, ] mille et cette dis milles :
est le ] saumon, quantité