‹ Labrador et Anticosti [microforme]Chapitre 44 sur 103 · partie du récit · texte numérisé non relu

partie du récit

J'ai parlé de l'équipage du yacht: cet équipage, dans son état présent, n’était composé que d’un seul homme. C'était un vieux marin en retraite, qui avait perdu une jambe — je ne dis pas au feu — et portait une jambe de bois : cela le gênait considérablement pour grimper dans les haubans... Par bonheur, il

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Le soir finit par arriver, et avec lui, grâce à la placidité de l'atmosphère, nous vinrent des légions de {aons à cheval (de la cavalerie!) et de jolies mouches dont les yeux d’or aux reflets verdâtres étaient d’une grande richesse ; il vint aussi de ces moustiques avec qui M. Lagueux avait eu maille à partir quelques heures auparavant, Il manquait vraiment ce comble à notre infortune ! Les taons et les mouches, en insectes bien élevés, se contentaient de nous envelopper des méandres sracieux de leur vol ; mais les moustiques ! les moustiques de PAnticosti! c'est-à-dire des moustiques encore barbares, qui n’ont aucune idée de loi, ni d’égards, ni de réserve quelconque. On connaît assez combien les roustiques civilisés sont encore sujets à caution, Que lon imagine donc, si on le peut, la sauvage férocité de leurs congénères de l’Anticosti s’acharnant contre trois pauvres Canadiens en détresse sur ce rivage désolé! La situation fut jugée assez sérieuse, pour que nous recourussions aux armes que nous possédions. M. l'abbé Lagueux et moi étions munis chacun de drogues (antimoustiquaires), préparées lune à Paris, l’autre à Québec, et nous éprouvâmes leur efficacité, qui était minime; nous allâmes jusqu’à nous oïindre successivement de l’une et de lautre à la fois. Cela nous procura bien quelque soulagement, et le gros des ennemis reculaient en approchant de cette couche huileuse et fortement aromatisée, dont ruisselaient notre figure et nos mains ; mais il y avait toujours des insectes plus hardis, des foudres de guerre évidemment, qui méprisaient ces obstacles et nous percaient à l'envi de leurs dards empoisonnés. Dans cette extrémité, je me résolus d'employer les grands moyens. En prévision de circons-

tances aussi fâcheuses, j'avais apporté un immense voile de

mousseline, Je m’enveloppai là-dedans (il paraît que, sans le cigare que j'avais aux lèvres, on n'aurait pris volontiers, affublé le la sorte, pour une première communiante) et j’obtins de cette manière une tranquillité satisfaisante, troublée seulement, de

loin en loin, par quelque féroce ennemi qui trouvait encore moyen de m'atteindre à travers les mailles de ma cotte d'armes.’

Tels furent les agréments de la première soirée que nous passâmes à l'ile d’Anticosta.

DIMANCHE, 7 JUILLET, — Il y a deux prêtres à bord, et pourtant l’éguipage n'a pu aujourd’hui satisfaire au précepte de l'audition de la messe, Il y supplée en disant son chapelet, pendant que les passagers récitent leur bréviaire.

Cet équipage agit toujours avec un ensemble parfait, ce qui étonne moins après qu'on à lu les détaiis que j'ai donnés sur sa composition, Aujourd'hui, vu l’absence du capitaine, c’est aussi l'équipage qui commande à bord, chose bien nouvelle dans les fastes de la marine.

Ce matin, sur les huit heures, comme il fait un léger vent d'est, l'équipage et les passagers unissent leurs efforts pour lever l’ancre et hisser les voiles, et nous partons pour la Pointe- Ouest de l’Anticosti, Mais la brise souffle toujours bien légèrement; même elle cesse tout à fait de temps en temps, et nous n’avancons que lentement. Heureusement, la température est délicieuse, et ce serait le plus agréable des voyages de plaisir que nous faisons, si nous n’étions pas dégradés.

L’équipage étant forcément retenu tout entier à la barre du gouvernail, le soin de faire lu cookerie repose sur les passagers, Au reste, les apprêts culinaires ne sont pas très absorbants à sord de PAida. Comme, d’après le programme élaboré à notre

1—$S'il y a des lecteurs qui n’ont pas encore eu l’occasion d’expérimenter à quel point le fléau des moustiques est terrible, le fait suivant leur en donnera un peu l’idée,

J'ai lu quelque part, et ce n’est pas là, affirme-t-on, simple conte de voyageu", qu'il ya en certain endroit de l'Amérique du Sud, une rivière peu considérable, qui descend de la Sierra de St-Martha, et qui coule littéralement dans un lit d’or: c’est la rivière Volador, découverte par Élisée Reclus, Eh bien, toutes les tentatives que l’on a faites pour exploiter cette mine de sable d’or, qui s’y trouve en quantité fabuleuse, ont échoué à cause des moustiques qu’il y a là! Tous les travailleurs que l’on y a envoyés ont dû battre en retraite.—$Si l'on trouve que cela est raide... :

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oTe départ de la Longuepointe, nous ne deviohs rester qu’une nuit tte seulement sur le yacht, nous n'avions songé que fort sommairement à ravitailler le vaisseau, au moment du départ. ous Aussi, ces deux jours, nous avons été joliment à l’abri des ten- L tations de gourmandise, Du pain, du beurre et du lard salé : voilà quelle a été la composition de nos repas ; et pour rompre DuTr- un peu la monotonie de ce menu, nous n'avons trouvé d’autres de ressources que celle de changer l’ordre de ces mets. Mais si elet, l'esprit est souvent la dupe du cœur, l’estomac n’est pas si facile à tromper ; il était même déjà à craindre qu’il ne se révoltât, qui comme il a fait si souvent depuis l’époque bien lointaine de 1 sû Ménénius Agrippa, quand nous trouvâmes en quelque armoire LussI du biscuit de matelot, que nous accueillimes comme un dessert 4h s les exquis. Nous étions évidemment en veine de bonheur, puisqu’en une autre cachette nous fimes la découverte de quelques harengs jé vent saurs ! 11 fut aussitôt décidé que le soir même il y aurait à bord VE pour un diner d’apparat en l’honneur...de la Confédération canadienne, inte- dont nous n'avions pu célébrer la fête en son jour propre, à

raison des circonstances où : us nous sommes trouvés. La vue d’une voile à l’horizon suffit pourtant pour arrêter tous les préparatifs.

Dans notre détresse, nous avions été jusqu’à souhaiter que le Str Constance, que le gouvernement fédéral met généreusement au service des contrebandiers du Saint-Laurent, vint à passer dans ces parages, à nous prendre pour des gens en révolte contre les lois de la douane, et nous tirât enfin d'affaire de quelque facon,

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Ce n’était pas le Constance qui nous apportait des chaînes ! C'était seulement une barge qui venait à notre rencontre, amenée de la baie des Anglais par le capitaine de l'Aîida qui s’en revenait à son vaisseau, À deux heures de l'après-midi, les deux embarcations s'étaient abordées, et nous passions du yacht dans la berge qui devait plus aisément nous rendre à destination, même à la rame, sil le fallait, Mais auparavant, M. Ellison, capitaine de l’Aida, répondant à nos questions, nous a raconté

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de quelle facon Monseigneur et lui ont fait leur voyage d'hier soir,

Assurément, bien qu'hier nous n’ayons pas été exempts d'inquiétude en voyant Mer Labrecque entreprendre un pareil trajet sur cette côte déserte, nous étions loin de prévoir dans quelles terribles conditions se ferait le voyage.

D'abord, au lieu de quinze milles à parcourir, il y en avait en réalité tout près de trente : c’est une différence déjà très appréciable.

Puis l’on n'avait pas compté avec les terribles moustiques qui en véritable nuée entourèrent tout le temps nos voyageurs. Que l’on imagine ce que fut ce martyre en entendant Monseigneur avouer qu'il éprouva beaucoup de soulagement lorsque le sang de ses piqûres, coagulé avec les insectes écrasés, lui eut recouvert la figure d’un enduit protecteur !

Pour comble de malheur, Sa Grandeur éprouva une indigestion, provenant sans doute de la qualité de la nourriture qu'il avait prise avant son départ du yacht et du violent exercice auquel il s'était livré trop vite après ce repas. Il faut aussi sans doute tenir compte de l’excessive fatigue d’une marche prolongée, non plus sur la belle grève de sable durei que lon trouve souvent sur les rivages de la Côte Nord, mais sur du gravier et même sur des cailloux ; car telle est la nature de la grève sur la partie de l’Anticosti que nous avons visitée, Toujours. est-il que, sur les huit heures du soir, le prélat s’affaissa sur le sol, privé de sentiment. Étant promptement

revenu à lui, il se leva et voulut continuer la marche; mais, presque aussitôt, il tomba de nouveau, en perdant encore connaissance, Une troisième tentative eut les mêmes résultats, Le Capt. Ellison, très inquiet, aurait bien voulu se rendre aux habitations pour chercher du secours; mais il lui était impossible de laisser Monseigneur isolé à un pareil endroit et à l'entrée de la nuit, Il fallut donc se résigner à coucher à la belle étoile, sur cette grève déserte, Un bon lit de branches de sapin et un feu entretenu avec soin permirent au malade de

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retrouver quelque force dans un sommeil réparateur, A trois heures du matin, on se remit en route : on avait encore quinze milles à parcourir! Il était convenu que, lorsque l’évêque ne pourrait plus marcher, le capitaine continuerait seul le trajet, pour aller avertir les gens de la Baïe-des-Anglais, Mais heureusement Monseigneur put tenir debout jusqu’à ce village, où l’on arriva, très incognito, vers huit heures du matin. Brûülant de fièvre et absolument exténué, comme on le pense bien, Monseigneur s'arrêta à l’hospitalière demeure de M, F. Chabot, un Jersiais catholique de grande affabilité, et y recut les soins que requérait son état, Il garda le lit presque toute cette journée, et le soir, quand nous arrivâmes nous-mêmes à la Baie-des-Anglais, nous le trouvâmes déjà un peu remis. Il portait sur sa figure d'innombrables cicatrices des piqûres qu’il avait recues : on aurait dit quelqu'un qui vient de subir la petite vérole, Ces traces persistèrent pendant plusieurs jours,

Maloré sa grande faiblesse, Monseigneur voulut présider, à huit heures du soir, à l'ouverture de la mission, et y adresser quelques mots aux bons Anticostiens réunis à la chapelle.

On nous dit que feu Mgr Langevin, évêque de Rimouski, fit en 1575 la première visite pastorale en ces lieux. Et depuis cette époque, ces braves gens n’ont pas revu d’évêque, On peut done croire que leur joie est bien wrande durant ce séjour que fait au milleu d'eux le Pontife qu’ils attendaient depuis longtemps. Et ils entendent dire avec satisfaction qu’ils ne seront plus tant d'années sans recevoir la visite de leur premier pasteur, puisque Mer de Chicoutimi se propose de revenir tous les quatre ans, comme 1] fait dans les autres parties de son vaste diocèse.

LUNDI, 8 JUILLET,—A Saint-Alfred de la Baie-des-Anglais;' nous sommes à 340 milles de Québec. Cette longue distance ne étonne pas; au contraire, car nous voyageons depuis si longtemps, que l’on me ferait facilement admettre un chiffre

l—STATISTIQUES,— Population : 15 familles, 73 âmes, dont 49 communiants. Confirmés, 7,

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| double ou triple de celui-là, Mais enfin, la géographie a dit : | D'abo: (à 340 milles ; il n'y a plus qu’à se soumettre. verne | Il paraît que le vrai nom de la baie des Anglais serait : baie ments l: de la Loutre, Cela m'est bien égal; mais, en tout cas, cette la ma 1 dénomination n’est jamais usitée, et c’est bien là le sort le plus Ottaw À fâcheux qui puisse échoir à un nom quelconque. Je dois “ pêch IA ajouter que je n'ai pu savoir pour quelle raison cette baie, n'était à! English Bay, comme disent les cartes, a cette allure britannique! aussi, !

| EE À Ce qui est certain, c’est qu'il y a là une baie, qui ne s'enfonce pas tout, i L bien loin dans les terres, il est vrai; mais il ne faut pas se Stock

| montrer dificile, sur cette grande île où les ports de refuse l'être a sont si rares, et la baie des Anglais offre aux petits navires un les ms

| havre très appréciable, qui s'étend depuis la Pointe-Ouest jus- payer | qu’à la Pointe-aux-Anglais, du côté de l’est, de la p | Nous logeons ici chez M. W.-Jeau Girard, dont l’hospitalière l'agrieu | maison est la résidence du missionnaire qui vient tous les travaill quinze jours donner ici les offices religieux. Quand M. Girard continu

arriva pour s'établir en cet endroit, vers 1873, il n’y avait encore pour ok

| que sept familles, dont la pêche était l'occupation, et qui s’y guère € | étaient fixées depuis moins de dix années, tiens fi En ce temps-là, l’île d’Anticosti appartenait à la Compagnie | treize f

Forsyth, dont les extravagances resteront longtemps fameuses : il parti 1 on commit l'erreur de commencer par la fin l’exploitation en reste @ 2 grand de l’île, et l’insuccès fut complet, Sous ce régime, la en cettd | population de la Baie-des-Anglais atteignit le nombre de sur la ( | | quatorze familles. édifices (l En 1884, l’île fut vendue par autorité de justice et achetée les rete il au prix de $107,000 par un M. Stockwell, d'Angleterre, La de la m ( Compagnie des MM. Collas, de la Gaspésie, vint à cette époque ture ! (| Il faire un établissement de pêche, et l’on compta jusqu’à quarante Nord, e | familles résidant ici, dans cet âge d’or, Mais cette brillante Par exe | k période fut de bien courte durée, et cela tint à plusieurs causes. Iion at f larmes 1 | ‘à 1—M. Faucher de Saint-Maurice (De tribord à bâbord, p. 120) est porté à croire costi, pl

k que ce fut à cet endroit de la côte de l’île d’Anticosti que le capt. Raïinsford, com- Un

na mandant l’une des frégates de l'amiral Phipps, fit naufrage, en 1690, en revenant pêche 6

i: . de l'expédition contre Québec.

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D'abord la pêche devint moins productive ; d'autre part, ie gouvernement offrait aux Anticostiens de leur donner des emplacements à Hull, bourg voisin d'Ottawa, Ottawa, où fonctionne la machine administrative qui fait mouvoir tout le Canada, Ottawa, le centre de cette mer politique où tant de gens “pôchent en eau trouble” avec assez de succès, vraiment : n'était-ce pas assez tentatif pour des pêcheurs ? Vers cette époque, aussi, un incendie détruisit une dizaine de maisons. Mais, avant tout, il y avait la ligne de conduite inaugurée par ce M. Stockwell. Puisqu’il était propriétaire de Pile, il entendait l'être aussi de tout ce qu’elle portait, y compris les terrains et les maisons des habitants, et chaque emplacitaire devait lui payer $10 de rente par année, Peu favorable à l'exploitation de la pêche, m’a-t-on dit, il voulait que l’on se livrât surtout à l'agriculture, et même il fit venir des gens de l’Angleterre pour travailler sur les terres. Quant aux pêcheurs résidants, ils continuèrent à pêcher, mais en même temps ils cultivèrent, pour obéir à leur propriétaire, Bref, cette situation ne plaisant guère aux gens, et l’avenir s’annoncant assez mal, les Anticostiens firent bon accueil aux propositions gouvernementales, et treize familles émigrèrent dans une même année; un an après, il partit encore sept familles. Je serais curieux de savoir s’il reste encore À Hull beaucoup des gens qui allèrent s’y établir en cette occasion, Toujours est-il que j’en ai rencontré plusieurs sur la Côte Nord, que le plaisir de contempler tous les jours les édifices du Parlement d'Ottawa n'avait pu charmer assez pour les retenir à l’intérieur des terres. Détachez donc le navigateur de la mer! Avec des pêcheurs, faites des ouvriers de manufacture ! Ceux-là étaient done revenus en divers lieux de la Côte Nord, et derechef se livraient à la pêche comme de plus belle, Par exemple, l’Anticusti leur était restée au cœur — comme ion aux Troyens établis dans la presqu'ile d’Italus — et les larmes leur en venaient aux yeux rien qu’à y penser. L’Anticosu, pour eux, c'était une terre promise; c'était là que la pêche était bonne! c'était là que la terre poussait toutes

sortes de choses! Et quel beau climat, et combien favorable à la santé !

Je suis donc arrivé à l’île d’Anticosti avec les idées les plus favorables, et autant que j'en puis juger par la Baïe-des-Anglais, on à eu raison de m'en parler avantageusement, Ce pays ne ressemble en rien au sol désolé de la Côte Nord, Nous y trouvons au contraire une bonne terre arable, recouverte d’une végétation pareille à celle des meilleures parties de la Province. Des champs d'avoine de belle venue, des jardins remplis de légumes, nous rappellent les campagnes de “par chez nous.” Je vois partout de grandes Berces en fleurs, et de jolies Campanules violettes élèvent leurs jolies clochettes au milieu des herbes voisines, Mais ce qui m'émerveille davantage, ce sont de splendides Orchidées dont il y a de beaux bouquets dans plusieurs maisons, Y aurait-il ici de ces amateurs pour qui la culture de certaines fleurs devient une insatiable passion ? L'amour des Tulipes fit commettre jadis des extravagances à des gens très sérieux; et, de nos jours, il y a des individus qui céderaient leur droit d’ainesse pour une espèce d’Orchis qui manque encore à leur collection, Eh bien, y a-t-il des orchidophiles (car on à pris la peine de faire le mot) parmi les Anticostiens ? Point du tout! Ces brillantes fleurs de Cypripède, aux couleurs les plus r les, croissent à l’état sauvage, à peu de distance du village; et il n’y à en l'affaire d'autre “ orchidophilisme ” que d’aller les cueillir pour en décorer l’intérieur du sweet home.

Mil, trèfle, choux, navets, carottes, panais, tout cela vient très bien en ce pays; les pommes de terre aussi, mais on me dit aw’elles sont ‘“mouilleuses.” L’avoine ne mûrit pas toujours, et le plus souvent on la fauche lorsqu'elle est encore verte, pour en faire du fourrage.

Si l’on a besoin de fourrage ici, c’est qu’il y a des chevaux, car on ne voit pas de bêtes à cornes à la Baie-des-Anglais. Et l'on n’en voit pas, parce qu'on n’a jamais pu réussir à les y acclimater, A diverses reprises, on a tenté l'expérience, mais

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