‹ Lacaune Station d'EnfantsChapitre 10 sur 17 · SE · texte numérisé non relu

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Pression atmosphérique.

Disons un mot des variations barométriques déjà envisagées au chapitre des vents avec lesquels elles sont en rapports étroits.

La région de Lacaune étant à la limite d’influence de deux systèmes, la pression atmosphérique est relativement stable. Les variations ne sont jamais brusques et s’étalant sur plusieurs jours, ainsi qu’en fait foi la carte journalière de la station météorologique.

Mais conjuguées à l'effet de l’altitude, elles n’en constituent pas moins une contre-indication aux formes hémoptoïques de la tuberculose. Maintes fois, les médecins locaux ont été dans l’obligation de faire redescendre précipitamment dans la plaine des tuberculeux envoyés un peu imprudemment.

Enfin, Lacaune, située à une altitude de 800 m., reçoit néanmoins l’air des sommets qui l’environnent de tous côtés ce qui lui confère les avantages d’une altitude d’environ 1.000 mètres. Toutefois, sa situation abritée la met à l'abri des perturbations excessives et, sur un mur bien exposé, nous avons pu obtenir d’une manière régulière des raisins d’une maturité parfaite. La végétation abondante est le siège d'échanges gazeux intenses favorisés par une nature propice. Elle dégage en abondance de l'ozone et des essences balsamiques. Les gaz rares de l'air dont l’action problématique est encore inconnue, sembleraient donner des émanations beaucoup plus importantes dans les terrains volcaniques anciens. Comme le fait justement remarquer M. ARBINET LA BESSEDE, « il n’est pas douteux que ce fait permette d’attribuer une influence climatique spéciale à ces régions curieusement favorisées notamment autour des villes d'eaux de La Bourboule, du Mont-Dore. de Saint-Nectaire et de La-

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malou ». Soulignons au passage, l’analogie de sous-sol entre les stations de Lamalou-les-Bains, Andabre, Sylvanès et Lacaune-les-Baïins, qui constituent un véritable bassin thermal.

En conclusion, nous sommes en présence d’un climat de transition, ce que laissait prévoir la situation géographique. Si l'influence atlantique est prédominante, le climat méditerranéen se manifeste lui aussi d’une façon appréciable. On peut donc conclure que si la température de Lacaune est sujette à des variations assez importantes, la durée de l’insolation jointe à la pureté de Pair permettent une action prolongée des agents cosmiques, des UÜ. V. en particulier. La rareté des vents trop violents, les faibles variations de la pression atmosphérique, la richesse de l'air en ozone et enfin l'influence vivifiante d’une abondante végétation constituent les éléments d’un climat qui correspond parfaitement aux indications de l’aérium.

CLIMATOT:ÈERAPIE

Transmise par une expérience millénaire, l'influence de la transplantation climatique sur l’organisme humain est encore considérée comme un élément non négligeable de notre arsenal thérapeutique.

Dans son traité Des airs, des eaux et des lieux, Hippo- GRATE souligne l’importance que Ia médecine de son temps accordait aux agents météorologiques dans l’équilibre physique et même moral des individus. Plus près de nous. AVICENNE et AVERRHOËS, célèbres médecins et philosophes arabes dont l’influence sur les Latins fut assez durable, ne dédaignaient pas non plus d’avoir recours aux cures climatiques dans leurs prescriptions thérapeutiques. Au siècle dernier, nombreux furent les médecins qui, parmi les éléments curateurs, accordaient un rôle considérable aux changements de milieu. L’avénement de l’ère pasteurienne et les progrès importants réalisés dans les moyens médicamenteux ont éclipsé pendant un certain temps cette thérapeutique qui nous est si généreusement offerte par Dame Nature.

Mais, après une période d'enthousiasme trop exclusif, échec cu laggressivité de certaines médications ont ramené les regards vers d’autres procédés qui, s’ils ne donnaient pas de résultats spectaculaires, étaient du moins sanctionnés par une longue expérience et respectaient le fameux adage « Primum non nocere ». Cela est surtout vrai dans le domaine de la Tuberculose où, malgré l’appoint non négligeable que nous offre la mycothérapie, le

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rôle majeur de la vieille cure hygiénique est reconnu par tous.

La France, de par sa situation géographique, possède tout ce qui est nécessaire pour organiser une gamme étendue de cures climatiques. À ce point de vue on peut considérer que ses richesses sont très supérieures à celles de la plupart des autres pays. Cependant, dans ce domaine comme dans bien d’autres, nous sommes restés longtemps indifférents à ces inestimables ressources. Depuis quelques années, la mise en valeur d’un certain nombre de nos stations climatiques, la création et l’aménagement d'établissements de cure permettent maintenant à la France de soutenir la comparaison avec ses voisines, la Suisse et l'Allemagne, qui l’avaient devancée dans ce domaine.

Par son air pur, sec et frais, qui favorise les échanges, la station de Lacaune présente, ainsi que nous l'avons vu, une modalité très intéressante du climat de moyenne altitude du type tonique plutôt stimulant. Aïnsi que le fait remarquer DumaREsr : « Les climats du type stimulant sont d'autant plus efficaces que le sujet est plus jeune. Chez les enfants, leur valeur médicatrice est incomparable; chez les sujets âgés il faut se défier de Paltitude. » En effet, la capacité réactionnelle des jeunes organismes leur permet de profiter au plus haut point des avantages d’un tel climat. Encore faut-il qu’il n’y ait pas à redouter ce coup de fouet, défavorable chez des sujets trop déprimés ou trop excitables et même nettement nuisible chez certains cardiaques ou tuberculeux à tendance congestive.

Depuis longtemps déjà, Lacaune est réputée comme station d'enfants; ensuite le développement râpide des colonies de vacances a drainé vers cette région un nom-

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bre considérable de jeunes pour lesquels se faisait sentir la nécessité d’un changement d’air. Enfin, tout récemment, la création d’Aéria ouverts toute l’année ont donné encore la preuve de l'efficacité incontestable de la cure d’air en toutes saisons. En 1930, dans son livre Les cures thermales et climatiques chez les enfants, Maurice ViL- LARET citait comme unique en son genre la station de Villard de Lans spécialisée pour le séjour, surtout l’hiver, des enfants débiles et convalescents. Actuellement, nous pouvons mesurer les progrès considérables réalisés depuis lors. Je me consacrerai donc surtout à l’étude des éléments nouveaux apportés par la présence permanente dans les établissements de la région de sujets de la deuxième et de la troisième enfance et d'adolescents. Auparavant, on ne peut guère passer sous silence les merveilleux résultats obtenus dans les gastro-entérites du premier âge qui constituent incontestablement le plus beau fleuron du climat de Lacaune. .

Les GASTRO-ENTERITES de la PREMIERE ENFANCE

Parmi les heureux effets du climat de Lacaune, celui qui lui a valu la plus large réputation est sans conteste son action éminemment favorable dans les gastro-entérites des enfants du premier âge. Cette maladie, dont l'allaitement artificiel est responsable dans la majorité des cas, fait de grands ravages au cours de l’été dans les régions chaudes. Elle est, au contraire, très rare à Lacaune, ce qui a frappé depuis très longtemps l'attention des observateurs. Aussi, tous les ans, à l’approche des fortes chaleurs, voit-on arriver une proportion considérable de nourrissons et de jeunes enfants que les mères prudentes veulent soustraire au danger auquel ils étaient exposés dans des pays moins cléments. Ils sont légion, ces jeunes êtres que le séjour à Lacaune a préservé de cette terrible affection. Quant à ceux qui arrivent déjà malades, l’action curatrice est surprenante et on constate souvent de véritables résurrections. Le Docteur H. VERGXNES cite les deux observations suivantes :

OBSERVATION N° 1. — « Dans les premiers jours de juillet 1892, la petite L..., de C... (Hérault), âgée de 19 mois, fut amenée à Lacaune dans un état des plus graves. Son faciès ridé, grippé, lui donnait l’aspect bien connu d’une petite vieillotte. Elle tenait à peine sa tête et son état d’émaciation était tel que, suivant l'expression usitée, elle n’avait que la peau et les os. Depuis quelque temps déjà, ses selles, très fréquentes, étaient d’un vert com-

plètement porracé. Des vomissements, fréquemment répétés, rendaient fort difficile toute alimentation.

« Le docteur à qui cette enfant fut présentée à son arrivée, ne

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