‹ LacenaireChapitre 6 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La familk d'un criminel. — Stérilité et fécondité mallicurcuse.

Pierre-François Lacenaire naquit, en 1 8Û0, à Francheville, village situé aux environs de Lyon, et fut le qua- Iric'me enfant d'un homme déjà vieux.

Son père, originaire de la Franche-Comté, et ramé dune famille de cultivateurs, avait été pris en amitié par sou curé et le seigneur de son village. Grâce à leur double protection, il reçut du premier des leçons de lecture, d'écriture, de calcul et d'orthographe, et du second, quelques lettres de recommandation pour des personnes de Lyon.

Avec ce léger hagoro intellectuel, une santé de fer et une bourse canter.ant trente écus, le jeune campagnard vint en 1765, h 1 âge de vingt ans, chercher fortune dans cette ville, et ne tarda pas à entrer chez MM. Albert frères, marchands de fer en gros.

Après une dizaine d'années d'efforts persévérants, le jeune commis gravit toute l'échelle des emplois subal-

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ternes, el arriva à !a position d'associé <hm la niaison où il était entré presque comme garçon de magasin.

Dur, inflexible et impérieux envers tout le monde, il était, par contre, humble, souple, et même servile envers les nobles ei les prêtres, auxquels, par reconnaissance, il avait voué un amour sans bornes et un dévoùment fanatique.

Il occupa, pendant vingt ans, la position d'associé dans la maison des frères Albert, et, en 1792, sa fortune étant faite, il songea à un autre étab'issement""

11 avait alors quarante-huit ans, et non-seulement il était encore célibataire, mais on n'avait jamais connu aucune liaison, même la plus passagère, à cet homme, dont la rudesse et râpreté effarouchaient les tendres affections.

Il y avait alors à Lyon une veuve que de grands malheurs venaient de frapper. Son mari, peintre distingué, après s'être ruiné au jeu, avait échappé au remords par le suicide, laissant dans la misère sa femme et quatre enfants.

Afin de nourrir sa famille, la pauvre veuve avait pris chez elle des pensionnaires; mais comme l'aîné de ses enfants était une jeune fille d'une rare beauté, qu'elle élevait avec une chasteté ombi;:'ouse, elle ne s'attachait à recevoir chez elle que des hôtes ^;raves et austères.

Les pleurs de sa mère, dont elle cl;iit le discret témoin, les silencieuses angoisses que la mlsèi'c mettait dans le ménage, avaient imprimé à l'esprit de celle pauvie enfant une teinte sérieuse, et à sa physionomie ce «ai.het de résignation souffrante et de grke mélancoh-

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