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le, le corps ensei- >stileàla religion; ent; quelques-uns des aumôniers on; la classe com- ; tes élèves étaient ise; mais le « mééistes et peut-être s maîtres et qui ne eux des élèves, ne "ementextérieures s âmes ; les aumôpresque à dire la actions aux collémoins d'influence tout quand après attaché aux Bourle des suppôts de réconcilia Mes de it du libéralisme rtie de leurs proiDces et l'hostilité maîtres dont les rnaîs, tandis que
tiraction publique, iii-S), p. u.
d'autres sortaient de l'Écoie normale nouvellement instituée. Nous avons un Mémoire dédié en 1815 aux parents chrétiens précisément par l'un des professeurs du lycée de Dijon, Jean Couturier (J), qui fait ressortir quelques-uns des dangers de cette situation et qui, avec un courage peu commun, proclame la nécessité, pour relever l'éducation morale et chrétienne, de reconstituer en France des Ordres religieux. Nous y voyons qu'il y a, parmi les professeurs, « des hommes avides qui ne cherchent dans ces fonctions vénérables que les moyens de gagner de l'argent i> ; que les plus honorables d'ailleurs sont « distraits par les soins d'une famille et amollis par l'amour de l'aisance m. (( Les subordonnés ont pour leurs chefs un respect extérieur assez médiocre (2). » Les surveillants ou maîtres d'études, que l'on aurait dû choisir avec un soin d'autant plus scrupuleux que c'est à eux surtout qu'incombe la tâche de veiller sur la conduite morale des enfants, n'étaient
(1) Né en 1768, mort en 1824. Chef d'institution pendant la Révolution, il osait faire le catéchisme aux enfants qui lui étaient conSés. Son école fut fermée jusqu'à la chute du Dii'ectoire. Appelé successivement au collège de Grny, puis à celui de Dijon, administrateur provisoire de Cet établissement en 1815, il refusa d'en garder la directîoa et devint professeur de rhétorique,
nesse est devenue prodigieusement indocile : tout le monde s'en plaint ; mais il n'y a que les maîtres qui sachent bien jusqu'oii ce vice est pan'enu. Nous pourrions en citer quelques traits qui frapperaient nos lecteurs detonncment et d'effroi. L'insubordination est réfléchie au point qu'on en fait un système, un plan combiné; il se forme des partis où l'on interdit l'obéissance à certains ordres des maîtres; lorsque les plus grands élèves ont décidé que tel ou tel devoir ne serait pas fait, ceux qui s'en acquittent sont injuriés et battus par les rebelles; les plus faibles sont toujours dominés et maltraités parles plus forts: de vénérables professeurs souvent sont bravés dans leurs classes, au point qu'on a vu des élèves frapper en leur présence quelques-uns de leurs condisciples. Il n'est presque plus d'écoliers qui travaillent ; de jeunes paresseux n'ont pas craint, quand on les interrogeait, de répondre, en riant, qu'ils ne savaient pas leurs leçons ; et si on les menaçait, leur air de dédain ou leurs paroles insolentes faisaient voir clairement combien ils se moquaient des punitions en usage; et remarquez que les plus insolents sont ordinairement les plus petits, preuve évidente queles châtiments actuels ne suffisent pas. Le plus grave est la prison, les enfants s'en jouent, et y trouvent peut-être l'écueil de leur ir
objet de dérision et un motif de persécution pour ses camarndes impies et cruels. Mais cela ne dura point très longtemps. Mieux traité à la rentrée par ses camarades, dont quelques-uns devinrent ses amis intimes comme Ladey, il descendit presque à leur niveau. S'il conservait cette étonnante candeur qui fut l'un des traits de son caractère, sa foi diminua graduellement, et après sa première communion en 1814, il s'éloigna tout ensemble de l'esprit et de la pratique de la religion. Quant à l'indiscipline, il a raconté lui-même qu'il donnait des coups de pied à ses professeurs, et il ne fut sans doute point l'un des moins ardents à répondre par le cri séditieux de : « Vive l'Empereur ! » au discours où Alexis de Noailles, visitant le collège en 1815 au nom du roi (1), félicitait les élèves d'avoiréchappéà l'oppression impériale. Car, par un contresens étrange, la tyrannîeimpérialeapparaissait à ces jeunes libéraux comme un idéal de liberté en face du gouvernement nouveau, qui portait le faix des souvenirs de l'ancien régime. Bien que Lacordaire ait prétendu lui-même n'avoir été, jusqu'en rhétorique, qu'un élève médiocre et n'avoir obtenu aucun succès au cours de ses premières études, il est certain qu'il ne négli-
(1) Jos. Régnier, Lmordaire. (Nancy, A'agner, 1880, în-8*.
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de l'homme mûr; la gaieté folle et jusqu'à la bouffonnerie de l'enfant, mêlée à la méditation du penseur. »
Ce mouvement intellectuel intense où se laissait entraîner avec tant d'ardeur la jeunesse offrait un danger que, quelques années plus tard, l'abbé Bautain caractérisait ainsi : « La jeunesse d'aujourd'hui, mêlée peut-être trop tôt au mouvement de la société, ne reste point étrangère aux grandes questions qui l'agitent. On peut presque dire que dans notre siècle il n'y a pas de jeunes gens, et c'est un malheur ; car les hommes n'ont plus le temps de mûrir et se mettent à l'œuvre avant d'être formés (1). »
Dans la Société d'études, les questions sociales et politiques étaient abordées avec autant de hardiesse que les questions littéraires : ce fut le salut de Lacordaire. En même temps qu'il faisait des tragédies et des traductions en vers d'Anacréon, il se plongeait dans la lecture de Voltaire et de Rousseau ; son esprit sceptique et raisonneur lui faisait déclarer que la France ne serait bien que quand elle serait protestante (2). Son libéralisme politique était décidément antimonarchique. Les
{!) De l'enseignement de la p/iiZosop/iie (Strasbourg, février 1833, in-S*»), p. 15.
(2) ViUard, p . 7.
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sa famille qui trouvait Dijon un théâtre trop indigne du talent d'Henri, pressée par le double désir de voir son fils s'acquérir une plus haute renommée et une position plus brillante. M"' Lacordaire songeait à l'envoyer à Paris. Lui balançait, hésitait ; il lui coûtait de quitter ce foyer maternel qu'il avait trouvé si doux à sa sortie du lycée ; il lui coûtait d'abandonner ses amis, cette société où il était si à son aise, pour aller s'engloutir dans le gouffre de Paris où il sentait qu'il serait isolé. Mais, en dehors même des considérations d'avenir que la raison faisait valoir à ses yeux, il était entraîné vers Paris par un attrait mystérieux, par une sorte d'appel de la Providence. Sur le point de partir, il écrivait à Lorain (2 octobre 1822) (1) :
•t Je n'ai jamais cru que la Divinité fit attention aux individus ; je pense que la marche de l'univers est réglée par des lois générales, et cependant je me suis imaginé quelquefois que Dieu avait des vues sur moi et qu'il m'avait appelé par mon nom avant que je fusse né. Alaric sentait quelque chose en lui qui le portait à détruire Rome, et je sens quelque chose en moi qui me pousse vers Paris.
(1) Letlra à TliéophiU Folsset (Paris, Poussielgue frères, 1886, ln-S"), I. II, p. 268.
Allons, je le vois bien, cette démarche doit décider de mon sort. Je le sais ; mais peut-être je mourrai là-bas. Pourquoi suis-je triste? Il y a des lieux que je verrai avant de partir, et je veux m'y promener seul, le soir, pour leur faire mes adieux. Je suis déjà avancé dans la vie ; ma pensée est plus vieille qu'on ne croit, et je sens ses rides à travers les fleurs dont mon imagination la couvre. Ah I j'ai ouvert le cofire de l'existence, et j'ai vu qu'il était vide ! »
Sa mère, assez liée avec le président de Riambourg, magistrat distingué et grand chrétien, qui a laissé pour la défense de la religion des œuvres remarquables, lui fit donner par ce magistrat une lettre de recommandation pour un avocat de Paris, M. Guillemin. La lettre, en faisant l'éloge du jeune homme, disait qu'il ne s'agissait plus que de lui donner une bonne direction. Les sentiments bien connus du président de Riambourg, l'air candide et presque angélique de son protégé persuadèrent à M. Guillemin, membre lui-même de la fameuse Congrégation, qu'il fallait lui trouver un confesseur. <( Un confesseur à moi I dit Henri ; mais je ne vais pas à confesse, et la raison en est que je ne crois pas. Si j'avais le bonheur de croire, i'irais à confesse ; mais je ne dois pas y aller puisque je ne crois pas. )) Il n'en devint pas moins le
collaborateur de M. Guillemin, qui trouvait dans ce jeune homme le concours le plus actif et le plus intelligent qui se plaisait à lui faciliter sa carrière en lui donnant à étudier des causes importantes, en lui procurant des affaires qui missent en lumière son talent. Car, bien qu'il ne fût pas encore dans les conditions légales, il plaidait, et sa parole obtenait partout un succès éclatant. Berryer, qui l'entendait, le faisait venir chez lui, le félicitait et lui donnait des conseils, le mettant en garde contre l'extrême facilité dont il faisait preuve. Il voyait un avenir brillant s'ouvrir devant lui. (( Je ne doute pas, disait-il, que je réussirais à Paris. J'y ai fait en sept mois plus que d'autres en trois ans... J'ai remarqué au Palais des yeux attachés sur moi... Ce qui m'a satisfait, c'est ma facilité pour la parole, ma tranquillité et mon sangfroid. A peine suis-je levé que je me sens à mon aise (1). »
Mais au milieu de ces triomphes, qui remplissaient de joie et d'espérance sa famille et ses amis et qui eussent enivré une âme ordinaire, le jeune avocat ne se sentait pas heureux. Il lui semblait que (( ce feu d'imagination et d'enthousiasme » dont il était dévoré ne lui avait pas été donné « pour Tell) Lettres inédites, 14 juin 1823, p. 36-37.
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teindre dans les glaces du droit, pour létouffer sous des méditations positives et ardues ». Les plaisirs de Paris le laissaient assez froid ; il trouvait insipide de perdre cinq heures à entendre les (( niaiseries » que Ton débitait dans les théâtres des boulevards, auxquels il avait un accès facile. Demeuré toujours à l'abri des grossiers plaisirs des sens, non seulement il n'aimait point les femmes, mais il se rendait compta qu'il ne les aimerait jamais par leur côté réel. Ni la Société philotechnique où se trouvaient des littérateurs distingués comme Casimir Delavigne, ni la Société des bonnes lettres fondée par Michaud, l'auteur des Croisades^ et où M. Guillemin l'avait introduit, ne pouvaient l'attirer ni le retenir. Il n'y avait noué aucune amitié; ceux même que séduisaient ses brillantes qualités étaient arrêtés par son abord réservé et froid, qui ne laissait point soupçonner la tendresse d'un cœur auquel la solitude était nécessaire pour s'épancher librement. Lui-même dans ses élans d'affection était retenu par la crainte de ne pas éprouver de retour ; il voulait adopter un enfant dont Téducation aurait été le pivot de sa vie ; il redouta l'ingratitude possible. « Rassasié de tout sans avoir rien connu », il se sentait dépaysé et isolé dans ce gouffre de Paris ; il n'avait de consolation que les lettres et de loin en
loin les visites des amis laissés à Dijon. L'un de ses camarades de collège. Hippolyte Régnier, était venu le rejoindre dans son petit logement de la rue du Dragon, où il passait sa vie dans un travail opiniâtre, levé à cinq heures, couché à dix, vivant en anachorète, fuyant tous les dîners et toutes les réunions. En dépit d'un vague et faible tourment de la renommée qu'il subissait parfois encore, il se demandait comment on peut se donner tant de mal « pour cette petite sotte » qu'est la gloire ; il commençait à se guérir de cette « plaie des âmes nobles », de « l'amour de ce néant qu'on appelle gloire et qui n'est qu'un peu de bruit qui n'a point d'écho dans l'éternité », comme il l'écrivait plus tard à Foisset(l). Il songeait à fuir Paris. « Le gouffre où je suis, écrivaitil à Ladey (2), pèse sur moi de toute sa profondeur ; il me semble qu'on y respire un air empoisonné. Il y a dans mon âme beaucoup de simplicité et de bonne foi, peut-être même de la naïveté, et sous tous ces rapports ce pays-ci me convient mal. Ne vivant pas sous les yeux du public au milieu d'amis toujours prêts à me donner de bons conseils, ne puis-je pas m'y corrompre et perdre tout ce qu'il y a de beau en moi ? Car
(1) Lettres à Théophile Foisset, p. 62.
(2) Lettrée inédites, p. 38.
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Tesprit n'est rien ; il n'y a de grand sous le soleil que l'âme de l'homme. »
Dans cet abandon, dans cet isolement, dans, cette angoisse, le Dieu de son enfance, le Dieu que sa mère lui avait appris à connaître, le Dieu qui avait consolé ses premières douleurs d'écolier, vint à nouveau le visiter et lui offrir la clef du mystère de la vie, la consolation et la force que ne peuvent nous donner les plaisirs vains et passagers de ce monde. Peu à peu, insensiblement, Henri devenait chrétien ; son âme religieuse entraînait son esprit incrédule. La mort d'un ami Taffligeaitelle : sa mélancolie prenait une tournure religieuse et pour quelques instants il était chrétien. Hippolyte Régniçr le rencontrait avec surprise dans Saint-Germain-des-Prés, appuyé contre un pilier et perdu dans ses méditations. La vérité religieuse que, dans de longs entretiens, Foisset avait essayé de faire luire à ses yeux dans les derniers mois de son séjour à Dijon, s'emparait de lui, sans que sa raison s'en sentît affaiblie ou vaincue ; il devenait chrétien et jamais n'avait été plus philosophe.
Ce travail mystérieux s'accomplissait dans le secret de son âme, loin de tout regard,et en dehors de toute influence. Auquel de ses amis aurait-il pu s'ouvrir complètement ? Celui qui l'aurait pu comprendre et soutenir dans ce travail intérieur»
Théophile Foisset, était momentanément brouillé avec lui par la malveillance de tierces personnes. Qui aurait pu agir sur cette âme, moins susceptible que d'autres de céder à des influences étrangères? Son patron, M. Guillemin, s'abstenait de lui parler de religion. Henri avait, il est vrai, été mis en relation avec l'abbé Gerbet, « vrai chrétien », « cœur droit et sensible », qui avait assez vite conquis sa sympathie ; il avait même été introduit auprès de Lamennais ; mais le prêtre illustre qui remuait la France ne lui avait produit qu'une assez fâcheuse impression. Il en écrivait à Edmond Boissard, le 3 juin 1823 (1) :
« C'est un homme petit, sec, d'une figure maigre et jaune, simple dans ses manières, tranchant dans ses discours, plein de son livre. Aucun trait n'indique en lui ce qu'il est, ne révèle son génie. Il n'a de remarquable que cette sécheresse de corps qui faisait que César se défiait de Brutus. Qu'on place M. de Lamennais dans une assemblée d'ecclésiastiques, avec sa redingote brune, sa culotte courte et ses bas de soie noire, on le prendra pour le sacristain de l'église. »
Il s'abstint de retourner chez Lamennais, qui ne lui avait laissé qu'une impression de curiosité.
(1) Lettres inédites, p. 34-35.
dépit de toutes les résistances, vers le sacrifice du sacerdoce. Sa mère, qui Tàimaît tant et dont Tâme chrétienne dut ressentir tant de joie de sa conversion, fit de vains efforts et lui écrivit jusqu'à six lettres pour le retenir dans le monde. Fière des premiers succès de son fils, elle le voyait à regret quitter une carrière honorable où tout semblait lui prédire Tillustration de sa race ; et, dans la dispersion de ses fils, son cœur de veuve saignait de voir lui échapper celui sur qui elle avait le plus compté pour être le soutien de sa vie et la consolation de sa vieillesse. Ce n*est pas sans déchirement de cœur qu'elle donna son consentement à une résolution qu'elle voyait inébranlable.
La détermination subite de Lacordaire fut une surprise pour tous ceux qui l'entouraient, pour ceux même dont l'amitié croyait avoir pénétré plus avant dpns les secrets de son cœur. Par une attention délicate de sa nature affectueuse, il prit comme premier confident de la solennelle démarche à laquelle il se déterminait ce Théophile Foisset que des malentendus séparaient de lui depuis une année, mais auquel il devait les premiers entretiens qui l'avaient éclairé sur la religion. Et Foisset, cet ardent catholique qu'un zèle dévorant poussait à un prosélytisme parfois indis-
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