‹ Lacordaire journalisteChapitre 11 sur 114 · II. P. Leganuet — Montalembert, p · texte numérisé non relu

II. P. Leganuet — Montalembert, p

:2. Montalembert.

Par quel engrenage l'Kglise de France était-elle donc prise? Par lé Concordat et par le budget des Cultes : par le Concordat qui viciait le recrutement de l'épiscopat, par le budget des cultes qui faisait du clergé une caste de fonctionnaires stipendiés, à la merci du gouvernement. Dans un article intitulé : De la spj^vUude où tombe insensihlement le clergf' calholvjue ^, on trouve une sorte de résumé des oppressions auxquelles, à l'époque qui nous occupe, était soumise l'Eglise en France :

Voyons où nous en sommes après plus de quinze mois d'afrranchissemeut.

Nos églises, que nous avaient rendues les stipulations du Concordat, n'appartiennent plus à notre culte, mais à tous les cultes ; on nous les prête, et le droit du ministère est d'y faire célébrer, quand bon lui semble, toute ciTémonie, religieuse ou non, qui lui convient.

Nos évoques sont nommés par ce ministère qui s'empare, à beure fixe, de nos tabernacles pour y offrir des sacrifices de sa façon. Et, parmi les évoques qu'il nous donne, les uns sont scbismatiques, les autres octogénaires jusqu'à l'imbécillité, ceux-là uiéprisés des fidèles pour leur vie ambitieuse et servile.

Nos grands vicaires sont cboisis par ce ministère qui nous pourvoit de tels évèques, et en même temps qu'il décerne une mitre, il désigne l'bomme qui sera digne de la toucher après lui sur le front de l'élu.

Nos cbauoines ont besoin d'être approuvés par ce ministre.

Nos curés aussi.

Nos desservants n'en avaient pas besoin jusqu'à présent; mais c'était un abus.

Et, comme l'approbation serait un droit illusoire si l'on n'avait pas celui de désapprouver, le ministère désapprouve les chanoines, curés et desservants qui lui sont présentés par les évèques, jusqu'à ce que les évèques approuvent les chanoines, curés 4*t desservants que leur présente le ministère.

Nos évèques, de peur qu'ils n'abusent du grand pouvoir qui leur reste, sont surveillés par les préfets, qui visent leurs mandeiueuts.

Nos curés le sont par leurs maires, et s'ils abusent de la pa-

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