Avenir {]\\ 5 fôvrinr 1831. Siijiplémont
2. C'était liameniiais, poursuivi l.o uionu^jour quo Lacordairo pour un article intitulé O/ipressioii des Catholiques, et acquitté é^falenient après une plaidoirie do M« Janvier, du barreau d'Anf^HM's.
'è. Avenir du 1 février 1831.
Mais des événements immenses out changé la position de l'Église dans le monde ; elle a besoin de rompre tous les liens qui l'enchaînent à l'État et d'en contracter avec les peuples. C'est pourquoi, dévoué plus que jamais à son service, à ses lois, à son culte, je crois utile de me rapprocher de mes concitoyens, en poursuivant ma carrière dans le barreau. »
On sait que le conseil de l'Ordre, après une discussion longue et orageuse, décida que Lacordaire ne pouvait être inscrit au tableau. Ce dernier n'en avait pas moins fait son devoir en réclamant la liberté de la parole.
Défenseur de toutes les libertés, il eût été étrange, que journaliste, Lacordaire n'ait pas revendiqué la liberté de la presse. Aussi n'y manqua-t-il point.
Dans un premier article % il attaque particulièrement la censure qui n'est que « l'infaillibilité ministérielle mise à la place de l'infaillibilité papale. » Il prétend que la liberté vaut mieux que tout, car la liberté c'est l'ordre voulu de Dieu. « Loin que l'ordre soit détruit par le libre combat de l'erreur contre la vérité, c'est ce combat même qui est l'ordre primitif et universel. Rien, dans les desseins de Dieu, n'a été accompli par voie de censure et tout l'a été par voie de répression. L'enfer n'existe que parce que la censure est impossible à Dieu même : il a préféré du moins au régime de la censure le régime de l'enfer. Car si l'enfer fait des damnés, il fait aussi des hommes et des siiints, au lieu que la censure n'eût peuplé le monde que d'idiots immortels. » D'ailleurs, « il n'est pas vrai dans aucun sens, que le mal soit plus fort que le bien, et que la vérité combatte, sur la terre, avec des armes dont l'inégalité ait besoin d'être réparée par le secours du pouvoir absolu. » 11 montre enfm que partout la vérité persécutée a triomphé de l'erreur protégée et puissante. « Les jours ne tuent pas les siècles: la liberté ne tue pas Dieu. »