‹ Lacordaire journalisteChapitre 23 sur 114 · Avenir du 17 octobre · texte numérisé non relu

Avenir du 17 octobre

3. Ils sont au uouibi'O de treiite-liuit, et chacun d'eux a une ét(uidue l>ien supérieure à ce (jue nous sommes habitués à voir (h^ nos jours. On les trouvera d'ailhuirs plus loiii : mais, en voici néanmoins renonciation à titre de curiosité : Trois sur la liberté d'enscigne/nenf. — Six sur la supprefuion du budget du clergé. — ])(>ux sur lu liberté de la presse. — Mouvement d'ascenj'ion du catholicisme. — Des prédictions. — .Un schisme. — Gœlz de Berlichingen. — D'une circulaire de M. le )ninistre des cultes, et d'un article du Figaro. — Ce (/u'ils sont et ce >jue nous sommes. — Obsétjues de M. Grégoire. — Souscription pour le rétablissement du palais archiépiscopal de Paris. — Hévolulion d'Italie. — La Pologne. — De la protestation de M. de .MontbeL — Bataille d'Ostrolenka. — Entrée

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avons cite est suffisant pour montrer qu'il a tenu la promesse qu'il s'était faite à lui-même de défendre la liberté. Il se consacra tout entier à cette noble tâche. Et quand le Messager des Chnmhres manifeste son ctonncment de le « trouver au nombre des partisans les plus exagérés de la liberté » Lacordaire s'en explique avec dignité :

Pour nous, nous no connaissons en France aucun partisan exagéré de la liberté : nous n'y connaissons que trois partis avides du pouvoir, dont l'un l'a perdu et le regretle, l'autre l'a obtenu et veut le garder, le troisième ne l'a jamais eu et veut l'avoir; puis à côté d'eux, des hommes nouveaux qui ne regrettent pas le premier parti, supportent le second et ne désirent pas le troisième, attendu qu'ils ne regrettent, ne désirent et n'aiment que la liberté. Et qu'entendent-ils par la liberté? Tout simplement ceci : l'inviolabililé de la personne et du domicile, le rétablissement do l'indépendance domestique par l'émancipalion de l'eiisei'jncment, la destruction du règne des commis par Va/franchissement des communes, une représenlalion nationale qui ne soit pas celle d'une caste, une liberté des cultes qui ne soit pas celle de violer leurs iiiystères tt leurs autels. Et pourquoi ces hommes nouveaux réclament-ils tout cela? Parce qu'on leur a promis depuis quarante ans, et (ju'ils veulent échapper au joug des trois partis qui nous tourmentent depuis quarante ans, le parti (pii a pordu le pouvoir, colui qui l'a conquis et celui qui veut l'avoir à son tour. Et si coslionimes nouveaux ont parlé un langage ardent et sévère, c'est (pi'on se lasse quelquefois, après trois ou quatre républiques, quatre ou cin({ monarchies, dix ou douze constitutions, d'être toujours menés par de prétendus libéraux qui nous répètent, avec une prudence passée de portofeuilio eu portefeuille jusqu'à nous: (( Messieurs, il faut savoir attendre, la patience est la première vertu du citoyen ! » En ce cas, la France possède les premiers citoyens du monde, et nous avons le malheur de ne pas en être, mais

du prince Léopold en Belgique. — D'une circulaire de M. le ministre des cultes au sujet de la prière pour le roi — Ce que c'est que la loi. — Un tombeau de Juillet. — Notice funèbre sur feu M. le comte de Montalembert. — De l'élection et de la nomination des Évéques. — De la position et du devoir des catholiques. — Réponse au Messager. — Fêtes de Juillet — De l'ordonnance relative auc aumôniers des Collèges de l'Université. — De la nomination de M. Heg à l'évêché de Dijon. — Du collège de Daupréau. — Réponse au Temps et au Courrier français. — Rentrée de l'Université.

notre exagération est bien pardonnable. C'est celle d hommes liés parles mains et parles pieds depuis leur naissance, et qui ont la témérité d'ouvrir la bouche, parce qu'on leur a dit: Marchez. Par exemple, ils ont entendu crier autour de leur cage : Liberté d'enseignement ! abolition du monopole ! affranchissement des esprits ! indépendance des opinions ! Et ayant ouï cela ils parlaient de la grammaire à quelques petits enfants, lorsqu'on a mis des scellés sur leurs lèvres, à cause de leur impatience, En vérité, il n'y a pas quoi se mettre en colère contre eux i. )>

Dans chacun de ses articles, même dans ses Variétés, on peut dire qu'il donnait un coup de clairon excitant ses lecteurs à la défense de la liberté. C'était, sous sa plume, un véritable appel aux armes. « Tout catholique est soldat, disait-il, et voici l'heure de s'en souvenir 2. » Il exhorte ses frères dans la foi de quitter enfin ce rôle de victime qu'ils supportent depuis trop longtemps et de réclamer leurs droits de citoyens.

Il ne se contente pas de développer ces idées; en bon journaliste, il attaque quelquefois les hommes qui personnifient pour lui l'oppression et l'intolérance. Tel le roi qui se dit très chrétien, et ne va même pas à la messe ^; tel, le ministère « hermaphrodite honteux, mâle devant les faibles et fille devant les forts ^. »

Cependant, il est à remarquer que, à la différence de certains polémistes de nos jours, quand il s'en prend aux individus, il ne regarde que le personnage officiel, laissant totalement en dehors la vie privée : il sait bien reconnaître le mérite et la dignité là oii ils se trouvent. Il a ce respect môme pour les fonctionnaires de l'Université : « Ce sont les choses et non les hommes que nous attaquons. Les hommes nous sont inconnus ; il est impossible que l'Université n'en possède plusieurs d'un grand

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