‹ Lacordaire journalisteChapitre 25 sur 114 · Poussielgue, éditeur · texte numérisé non relu

Poussielgue, éditeur

peuvent èlrc rompus entièrement ni être resserrés jusqu'il" la servitude. V Avenir admettait toutes ces réserves, mais il les cachait trop souvent sous une déclamation qui trahissait son inexpérience, II eut aussi contre le pouvoir issu de 1830 une attitude trop agressive, pour ne pas dire trop violente. Sans doute, ce pouvoir méconnaissait les droits réclamés par les catholiques ; il entendait fermer sur eux les portes d'airain qu'une législation exceptionnelle avait forgées à leur détriment... »

Après avoir montré combien grande était l'erreur de Louis-Philippe, Lacordaire continue :

(( Il eût mieux valu qu'une parole moins âpre honorât nos plaintes et que notre sljle se ressentit plus du christianisme que de la licence des temps.

Malgré ses défauts, et malgré son chef, l'Avenir ohtint un retentissement formidable... Toutefois, ce mouvement n'avait pas une base assez étendue, il avait été trop subit et trop ardent pour se soutenir pendant une longue durée. Un succès suivi suppose de longues racines jetées dans les esprits parle temps. Bien que O'Gonnell nous eût précédés, la France l'ignorait en quelque sorte, et nous apparaissions au clergé, au gouvernement et aux partis, comme une troupe d'enfants perdus sans aïeux et sans postérité. C'était la tempête venant du désert, ce n'était pas la pluie féconde qui rafraîchit l'air et bénit les champs, il fallut donc, après treize mois d'un combat de chaque jour, songer à la retraite. Les fonds étaient épuisés, les courages chancelants, les forces diminuées par l'exagération même de leur emploi. »

Cependant, l'action de l'Avenir fut loin d'être stérile. Et quand, en 1844, Lacordaire écrivait :

(( Il n'y a pas quinze ans encore, il y avait des ultramontains et des gallicans, des cartésiens et des mennaisiens, des jésuites et des gens qui ne l'étaient pas... aujourd'hui, tout le monde s'embrasse, les évoques parlent de liberté et de droit commun, on accepte la presse, la charte, le temps présent... II y a donc un clergé de France, un clergé ([ui parle, qui écrit, qui se concerte, qui fait face aux puissances, professeurs, journalistes, députés et princes; un clergé sorti des vies passées, ne s'adressant plus au roi, mais à la nation, à l'humanité, à Tavenir. Quatorze ans et une occasion ont suffi pour cela K />

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