Lac RDAiRE, Pensées, ii, p
cette apparence d'incertitude et d'irrésolution que l'on remarque en lui à cette époque ; c'était aussi ce tourment de son âme qui le i^uidait dans ses études :
Dopuis trois ans, écril-iJ, loulesmes lectures «•( iii(is pensées ont trait à ceci : Le monde étant ce quil est, que doit croirt un prêtre sur les rapports de la religion avec la philosophie et l'ordre social? En un mot, je cherchais à résoudre le double problème du concours de la religion avec la raison, et de la société spirituelle avec la société matérielle. Tout prêtre qui ne sait pas cela, me disais-je, peut être un homme pieux et bon ; mais à coup sûr, il n'entendra rien à son siècle, ni à l'histoire de l'Église, ni à l'avenir ^
Toujours son esprit anxieux cherche à bien préciser la place et le rôle du prôtrc dans la vie moderne.
A la première partie de la question par lui posée, il répond de façon rapide et brève : « La raison particulière et la raison de l'Église catholique doivent nécessairement se trouver d'accord. »
Ce n'est pas cela d'ailleurs qui le préoccupe le plus, et il ne s'y appesantit pas.
La seconde partie l'intéresse davantage : « Que doit croire un prêtre sur les rapports de la religion avec l'ordre social? » Trois systèmes sont proposés.
Lacordaire les passe en revue tous les trois.
La société spirituelle et la société matérielle doivent subsister ensemble, sans se détruire. — Elles ne peuvent subsister ainsi que par trois moyens: supériorité de l'une sur l'autre, indépendance absolue de l'une et de l'autre, engrênement variable de l'une et de l'autre par des concessions réciproques. — Le dernier moyen est faux, parce que, dans tous les temps, et surtout dans les temps où la foi est faible, il livre l'Église à la merci de la société matérielle, qui, au fond, juge toujours les questions prétendues mixtes. Il fait de l'Église, aux yeux des peuples, une société craintive et ennemie de la liberté; il aboutit tôt ou tard à une Église nationale. Depuis Constance et Bàle, Dieu travaille admiral)lement à le prouver.
Le second moyen, qui est aujourd'hui ratifié aux États-Unis,