Le premier numéro de l'Avenir parut le 10 octobre
de secrétaire de rédaction. Comme il le demandait d'un bon journaliste, il s'y donna « depuis les pieds jusqu'à la tête »,
C'est lui qui, dans cette petite maison enfumée du n° 20 de la rue Jacob, dont l'aspect actuel, décrépit et vieillot, n'a pas dû changer depuis cette époque, c'est lui qui donnait les ordres et chaque jour sonnait la charge. C'est lui qui lisait les journaux de Paris et de la province, engageait evcc eux cette polémique dont il sortait toujours vainqueur. C'est lui qui savait découvrir l'incident, le menu fait qui doit fournir matière et développement pour le numéro du jour.
Quand on lit attentivement la collection de l'Avenir, on est frappé du nombre incalculable de filets dont l'expression imngée, violente parfois, rappelle la manière de Lacordaire à cette époque. Sans doute, puisqu'ils sont anonymes, on ne peut infailliblement les lui attribuer; mais on sent qu'ils sont de lui.
Du reste, il ne se confinait pas dans son rôle de secrétaire de rédaction. Il écrivait aussi, et beaucoup. Du 10 octobre au 5 novembre 1830, il fit sept fois l'article principal et trois Variétés. On peut donc dire que, durant les deux mois du lancemenl, il fut l'âme de Y Avenir.
Il s'est donné à cette tâche et veut la mener au point de perfection permise à toute oeuvre de l'homme. 11 accepte les observations de ses amis, et il s'y conforme. « Je vous remercie bien, écrit-il à ftl. Foisset, de votre bonne lettre et de vos excellentes réflexions. Nous avons déjà pris quelques mesures pour en profiter; vous avez dû remarquer moins de longueur dans les articles, un assez grand nombre de faits, un peu plus de réalité. Les premières Chambres ont été mal faites, on les fera de mieux en mieux... A partir d'aujourd'hui, il y a réunion tous les jours pour examiner les articles, afin que rien ne passe sans lecture^ et qu'il y ait plus d'harmonie dans l'ensemble du journal ^ »