Chocarne, tome 1, c. x11, p
une âme passionnée !.» L'on vit dans ce fait un signe divin. La tige neuve devenait symbolique d'un accroissement de la famille dominicaine ; et son fondateur bénissait l'idée de la voir refleurir sous le ciel de France *.
Lacordaire revint en effet de Rome, revêtu d'un
habit en lequel il voyait une «liberté», comme il
disait. Et alors recommença, plus nourrie de doctrine, plus mêlée de mysticisme, sa carrière oratoire, en même temps que s'ouvraient, peu à peu, des couvents dominicains où le Maître insufflait aux fils de son esprit son amour des âmes, et le secret de les racheter par la parole mais aussi par l’immolation personnelle *.
1. « Les natures ardentes ne se résignent jamais à voir un hasard dans ce qui les concerne. Tout pourelles a été réglé par Dieu, et elles voient un signe de la volonté supérieure dans les circonstances les plus insignifiantes. » Wie de Jésus, ch. 1, p. 21. « Un hasard n'est rien pour une âme froide ou distraite ; il est un signe divin pour une âme obsédée. » Vie de Jésus. Pr-face de la 13° édit, p. 11.
2. Lacordaire était d'autant plus confiant dans l'avenir de la restauration dominicaine en son pays qu'il était persuadé que «rien ne ressemble plus au génie français que le génie dominicain». V. Mém. pour le rétablissement des fr prêch., &. V, tome ix de ses Œuvres.