‹ LA̕cropole dA̕thènes, le Parthénon; (volume 2)Chapitre 14 sur 23 · ROLE DE LA STATUE LES DIVISIONS DU « SÉCOS · texte numérisé non relu

ROLE DE LA STATUE LES DIVISIONS DU « SÉCOS

Ainsi le dispositif intérieur trahit plusieurs intentions. Sa largeur n’aboutit à l’adoption du canon ionique que parce qu’elle est commandée par une préoccupation

initiale, qui a tout dicté : la conception de la statue divine qui devait régner en ce sanctuaire. Chargé de l’exécution de cette idole nouvelle, profondément imbu de la haute pensée qu’elle devait personnifier, Phidias voyait en elle l’âme même du monument. Il pensait que le temple était fait pour le dieu, et non le dieu pour le temple, au rebours de ce qu’un architecte pouvait s’imaginer. La statue devenant ainsi la raison d’être de l’édifice qui n’en était que l’écrin, c’est elle qui fut, sinon exécutée, du moins conçue tout d’abord dans toute sa signification, avec ses dimensions et ses attributs. C’est elle qui donna l’échelle des proportions du monument, le ton et le sens de la décoration. D’autre part, l’Athéna moderne que le colosse d’or et d’ivoire devait représenter sur l’Acropole, ne devait pas y apparaître comme une étrangère : il fallait marquer qu’elle s’y trouvait chez elle de tout temps et rappeler ses attaches avec le passé. D’où la combinaison éclectique, qui satisfaisait à ces données à la fois techniques et spirituelles : 1° Les proportions de la cella furent calculées par rapport à cellés d’un colosse de 15 mètres de hauteur avec sa base, de la manière la plus propice à son exposition ; 20 Le sanctuaire, pour se présenter comme l’héritier rituel de l’ancien Hécatompédon qu’il allait remplacer, devait garder le même nom, auquel s’attachait une impression de grandeur, et ce nom devait correspondre à une réalité mathématique, c’est-à-dire à une longueur de 100 pieds. Celle-ci était, en effet, celle de l’Hécatompédon in antis tout entier, devenu la partie enclose ou sécos après sa transformation en périptère. La conserver dans les mêmes conditions à l’ensemble du nouveau sécos eût réduit le nouveau naos (ou salle de l’idole) à une exiguïté incompatible avec les proportions de la statue, tandis qu’en la réservant tout entière à ce local sacré, la difficulté se trouvait résolue. En conséquence, le naos du nouveau Parthénon reçut, avec le nom attique d ' Hécatompédos néôs , une longueur de ioo pieds attiques (29 m. 80). Cette solution, sans doute, avait déjà été adoptée pour le Parthénon archaïque (Fig. 8).

Quant à la largeur, elle fut portée à 29 m. 80, pour bien dégager la statue et ménager un déambulatoire qui permît de la contourner et de la voir de tous les côtés. Cet élargissement devait réagir sur l’ordon-

nance extérieure, et faire adopter le parti d’un pronaos et d’un opisthodome prostyles à 6 colonnes, avec io colonnes sur les façades de la péristasis (ou colonnade extérieure).

Par là, le sanctuaire proprement dit obtenait des dimensions parfaitement adaptées à la statue, et qui soutenaient la comparaison avec les cellas de l’Ionie.

D’autre part, pour la partie Ouest du sécos, on continua à s’inspirer du prototype local en le simplifiant. Une salle carrée à 4 colonnes (peut-être ioniques ?) remplaçait les locaux de l’Hécatompédon situés en arrière du naos. Elle reçut le nom de Parthénon ou « salle des Vierges », qui, plus tard, s’étendit à tout l’édifice. Cette salle servait d’atelier aux jeunes filles chargées de tisser, le péplos offert à l’idole en bois de l’Érechtheion pendant la fête des Panathénées. Ainsi, le nouveau temple se présentait en partie comme une annexe et un reflet de son vénérable ancêtre, et le relief des Panathénées en recevait sa justification. Il serait impossible de s’expliquer tout cet agencement, s’il ne supposait pas la restauration prochaine de l’Érechtheion. Le lien entre le présent et le passé en était confirmé avec une délicatesse toute attique.

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