‹ L’action des toxiques sur la cellule en divisionChapitre 16 sur 67 · PB) LES SENSIBILITÉS DIFFÉRENTIELLES · texte numérisé non relu

PB) LES SENSIBILITÉS DIFFÉRENTIELLES

Contrairement aux autres tissus, l’épithélium séminal est entièrement respecté par la trypañlavine. Cette observation n’est pas nouvelle, nous avons déjà relaté comment les divers tissus répondent diversement à l’injection de peptone. Mais, le fait se répétant à nouveau, Dusrix essaye de préciser ce point et d'établir une véritable hiérarchie des organes, par ordre de sensibilité aux toxiques.

a) Chez des Souris normales, des injections intrapéritonéales faibles (0,5 em à 1 pour 1000) ou fortes (1 em° à 1 pour 1000) montrent en effet des sensibilités décroissantes dans l’ordre suivant: intestin, thymus, centres ganglionnaires, plaques de Peyer, rate, testicule.

b) Mais si l’on étudie l’action de la trypañlavine sur les animaux atteints de tumeurs (Læwin avait recherché son action sur des Souris porteuses de néoplasmes), on s’aperçoit que si tous les organes normaux réagissen au poison, comme on vient de l’exposer, en revanche, les mitoses de l’adénocarcinome lui résistent et, qui plus est, le néoplasme des animaux intoxiqués conserve sa virulence, s’il est injecté à une autre Souris. Cette hypothèse comporte, si elle se vérifie, une conclusion théorique de la plus haute importance: les cellules méo-

plasiques sont plus résistantes à certains poisons caryoclasiques que la plupart des cellules normales.

C) L’EXCRÉTION SPHÉRULAIRE (Dusrin, Mayer et Van HEERSWYNGHELS)

Ÿ - . . - L'étude de l’action de la trypaflavine dans l'intestin grêle va nous donner des précisions intéressantes sur

les altérations cellulaires provoquées par le toxique:

a) Un premier fait évident, c’est la diminution progressive du nombre des cinèses et leur disparition totale de la 7° à la 9° heure. Normalement, on trouve des mitoses dans le tiers inférieur des glandes de Lieberkühn, immédiatement au-dessus des cellules à grains de Paneth. Dans les heures qui suivent l’injection, elles deviennent de plus en plus rares jusqu’à la 9° heure, puis disparaissent. Une onde tardive de mitoses peut apparaître de la 50° à la 100° heure; les divisions augmentent en nombre, atteignent un maximum à la 64° heure et reviennent à la normale vers la 100°.

La trypaflavine semble donc arrêter l’activité cinétique, qui reprend ensuite sous forme d’une onde tardive. Elle aurait donc une action exactement inverse de celle de la colchicine. :

b) Si l’on examine la zone mitotique normale des glandes, après action de la trypaflavine, on constate que dès la 7° heure apparaissent dans le cytoplasme des sphérules, d’abord acidophiles, puis sidérophiles, qui deviennent de plus en plus nombreux et de plus en plus gros et atteignent souvent le volume du noyau. Ils sont très nombreux à la 17° heure et, jusqu’à la 24° heure, deviennent rares à la 48° heure et disparaissent au 4° jour.

ché

Le travail de deux élèves de Dusrin, Mayer et Van HeErsWYNGHELS, contient une analyse approfondie de ce phénomène dont voici les conclusions :

Ces sphérules, dont la constitution chimique se rap-

proche de celle de la chromatine, n’auraient pas

cependant une origine nucléaire, parce qu’on peut Îles

trouver coexistant avec un noyau normal et même avec

des chromosomes en mitose dans quelques cellules glandulaires, et parce qu’une seule cellule peut en contenir plusieurs; de plus, les images où ils semblent faire partie du noyau seraient des images de superposition. Cependant, il faut établir un lien entre leur apparition et l’inhibition de l’activité cinétique provoquée par la trypaflavine. On les trouve en grande partie dans la zone germinative des glandes de Lieberkühn, d’abord intra-cellulaires, puis excrétés dans la lumière glandulaire (excrétion sphérulaire), soit entiers, soit fractionnés et alors moins sidérophiles. Beaucoup plus rares à la surface des villosités, ils se rencontrent avec la même intensité dans le jéjunum et l’iléon, et aussi, mais moins fréquemment, dans le gros intestin, ce qui n’a rien d'étonnant puisque normalement les mitoses y sont beaucoup moins nombreuses. Maïs, ce qui est plus surprenant, on ne les observe pas dans les glandes du fond gastrique, où l’on trouve, en revanche, une réduction des mitoses nettement moins accentuée que dans les glandes de Lieberkühn et, vingt-quatre heures après l’injection, on ne trouve plus de divisions dans cellesei, tandis qu’il y en a encore dans celles-là.

Ces constatations, pour lesquelles les auteurs ne proposent aucune explication, sont d’autant plus intéressantes que l’action de la trypañlavine sur les autres

organes est assez différente de ce qu’elle est pour l'intestin.

L'origine alimentaire de ces éléments, supposés résorbés par la muqueuse, a pu être éliminée grâce à des expériences de jeûne préliminaire, qui laisse persister l’excrétions phérulaire ; le fait que des substances autres que la trypaflavine provoquent l’action caryoclasique, sans apparition de sphérules, ne peut faire considérer celle-ci comme une conséquence lointaine du choc car yoclasique général; la formation d’un composé protéinoacridinique est contredite par l’effet identique des radiations ; il faut donc se contenter de rapporter cet aspect curieux à l’arrêt des divisions cellulaires dans une zone germinative.

C’est pourquoi la trypañlavine apparaît à Dusrix comme le type des poisons qui arrêtent la division cellulaire et la font avorter. Il les appelle poisons caryoclasiques du premier groupe.

Nous aurons à discuter plus loin l’explication avancée par ces auteurs et la signification générale qu’il faut lui accorder. Mais il faut souligner d’abord que l’action inhibitrice se fait suivant un rythme particulier. À une première phase de diminution du nombre de mitoses, qui commence après un temps de latence de 2 heures et qui va jusqu’à la 50° heure environ, succède une phase de repos plus brève de la 50° à la 90° heures, et enfin une phase de régénération dépassant le nombre de mitoses habituel (hypercinétose), le chiffre redevenant

normal par la suite. Cette phase se place de la 100° à la 140° heure.

Malgré quelques variations d ‘horaire, le même rythme se retrouve dans d’autres organes que l'intestin

Page 1