‹ L’action des toxiques sur la cellule en divisionChapitre 18 sur 67 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'Ecole de Bruxelles allait poursuivre ses travaux en étudiant systématiquement les corps qui lui paraîtraient a priori capables de dévoiler les propriétés caryoclasiques encore inconnues. De ces corps, elle allait allonger peu à peu la liste, en se basant, pour les choisisr, sur des analogies ou des indices tirés de travaux antérieurs. C’est ainsi que l’arsenie devait être expérimenté.

Dès 1875, De WiniwarTer avait signalé l'efficacité de ce métalloïde dans les lymphadénomes et on connaissait même la guérison d’un lymphome malin par des injections répétées et progressives de liqueur de Fowler.

Mais, en revanche, SLosse et Bayer admettaient que le cancer du goudron est dû à l’arsenic que contient ce dernier ; Lerrcx avait pu réaliser l’apparition d’un cancer de la Souris par badigeonnages cutanés arsenicaux, et CARREL, la transformation de tissus normaux en sarcomes fusocellulaires, en inoculant de la pulpe d’embryon et de l’anhydride arsenieux à des Poules; l’extrait filtré de cette tumeur pouvait être ensuite inoculé en série et provoquer la maladie, comme celui d’un sarcome de Rous. Ces constatations, qui font de l’arsenie une arme à double tranchant, se retrouvent dans son action sur le sang : provoquant une polyelobulie à faible dose, il devient anémiant à dose forte. Allait-il auesi se montrer comme un excitant de la mitose à faible dose et un inhibiteur à dose forte? Bien que des constatations analogues soient des faits banaux en pharma-

codynamie, Prron dit lui-même que « ce n’est là qu’une hypothèse, qui ne repose sur aucun fait expérimental bien établi ». Cela n’empêche pas l’utilisation commerciale du médicament et son étiquette publicitaire d’excitant de la division cellulaire.

Wan, étudiant, en 1927, dans un travail très documenté, l’action de l’acide arsénieux à dose toxique sur les organes lymphoïdes, venait de constater dans ceuxci d'importantes désintégrations nucléaires, suivies de phagocytose des débris par les macrophages. Ces aspects s’observaient d’une facon fréquente dans les corpuseules de Malpighi de la rate et les centres germinatifs des organes lymphoïdes (ganglions, amygdales, plaques de Peyer); ils se rapprochaïient de ceux qu’on observe après action des rayons X ou du benzol. L’auteur expliquait ainsi l’intoxication mortelle par l’arsenie, dont la pharmacodynamie est bien connue chez le Chien.

En 1929, Prrox publiait son travail princeps sur . l’action des composés arsenicaux, limité d’ailleurs à une étude très approfondie de l’anhydride arsenieux, du cacodylate, de l’arrhénal et de l’atoxyl. FIrKker, ayant invoqué, pour expliquer les chocs caryoclasiques, l’action directe de l’injection sur la séreuse péritonéale, Prron a préféré la voie sous-cutanée, pour éviter cette objection.

RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES 1° Avec l’anhydride arsénieux, on obtient:

a) Une poussée mitotique précoce, intense et rapide, donnant sur un graphique un aspect de courbe en clocher, apparaissant après un temps de latence excessi-

vement faible et qui, par conséquent, n’est plus sous ja dépendance d’une poussée préalable de dégénérescences pycnotiques. Cette phase va de la 2° à la 12° heure.

b) Une phase de repos mitotique de la 12 à la 36° heure.

c) Une troisième phase: deuxième poussée mitotique, plus lente et progressive que la première, allant de la 36° heures au 6° jour, atteignant son maximum les 3° et 4° jour, et se traduisant sur un graphique par une courbe en dôme.

d) Coïncidant avec la première phase mitotique, mais durant plus longtemps qu’elle (de la 2° à la 24° heure), une poussée pycnotique intense.

e) Des réactions pycnotiques secondaires variant en sens inverse des mitoses; mais cette variation n’a sa régularité parfaite que dans le thymus, elle est plus irrégulière dans les organes hématopoïétiques.

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