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les en division, on constatait une véritable « explosion » de figures caryocinétiques ;
2° .Ces caryocinèses ont des caractères spéciaux :
a) La membrane de la cellule est tendue au maximum, cette dernière apparaît comme une vésicule conflée, sous tension, sphérique quand elle est isolée, polygonale par pression réciproque, lorsque la densité mitotique est plus grande;
b) Le cytoplasme paraît clair, réfringent, parfois formé d’une certaine quantité de gouttelettes entourant la chromatine ;
c) La membrane nucléaire a disparu généralement ;
d) Le fuseau achromatique est invisible;
e) Les chromosomes sont agglomérés au centre de la cellule, avec un aspect qui rappelle celui de la plaque équatoriale. Mais souvent la chromatine ressemble à une boule centrale fortement sidérophile, hérissée de prolongements chromosomiaux plus ou moins épais et longs. Parfois, un chromosome mal individualisé s’étire hors du magma central.‘ Plus rarement ils sont dispersés en fragments régulièrement répartis dans l’aire cellulaire et la mitose dégénère en caryorrhexis.
3° Ces divisions à caractères anormaux restent bloquées un certain temps, que Dusrin évalue à un jour entier environ chez la Souris, ensuite elles sont forcées de dégénérer.
4° Interprétation des faits expérimentaux
A. — L'’'excitation de la mitose
Aussi bien pour la colchicine que pour le cacodylate, certains faits étaients évidents : il est facile de retrou-
ver les mitoses anormales dues à ces poisons, avec
leurs caractères particuliers et leur accumulation considérable dans les zones germinatives. Mais il s’agit maintenant d’en interpréter l’existence et sur ce terrain délicat, des conceptions assez opposées vont venir s'affronter.
On observe, dit Dusrix, un nombre de divisions si considérable que leur simple accumulation par blocage est incapable de l’expliquer et qu’il faut recourir à une autre explication: la colchicine et le cacodylate commencent par faire entrer en division toutes les cellules « en imminence caryocinétique », après quoi les chromosomes sont bloqués en métaphase et la division ne pouvant s’achever, la seule possibilité reste la dégénérescence nucléaire par pyenose. Un raisonnement par analogie vient appuyer cette conception: en utilisent la trypañlavine ou le bleu trypan, on n’a jamais observé une pareille abondance de mitoses et pourtant leur action toxique est assez vive. Il s ‘agit donc d’un phénomène nouveau: c’est la stimulation de la caryocinèse. Tous les auteurs français ou étrangers qui ont soutenu cette manière de voir ont repris cet argument, sous des formes différentes. Nous verrons plus loin de quelles critiques il peut être l’objet.
Ces mitoses, que l’auteur a proposé d’appeler mitoses cacodyliques, qu’il a appelé ensuite mifoses colchiciniques, quand l’intensité de la réaction à l’alcaloïde l’aura frappé, ont évidemment des caractères spéciaux qui empêchent de les identifier à des divisions normales. Elles sont, en effet, arrêtées dans leur évolution. C’est pourquoi il propose de les appeler stathmocinèses
Nous avons souligné déjà l’importance de la théorie de Dusrix sur l’action excitomitotique de la colchicine. Auparavant on connaissait, en dehors des matières -nutritives et de certaines substances d’origine végétale, telles que les auxines, très peu de corps ayant cette propriété de stimuler la division. On peut dire que la découverte de Dusrin était de celles qui risquaient de révolutionner la Biologie.
B. — Devenir des mitoses colchiciniques
On ne peut évidemment pas nier que, chez les animaux du moins, la phase première de stimulation est fugace et rapidement suivie d’une phase de dégénération nncléaire, de sorte que si la colchicine aux doses employées par l’auteur (25 mer. environ par kilog. de poids) était capable théoriquement de provoquer une hyperplasie passagère, par augmentation brusque du nombre des cellules, en revanche la destruction de ces mêmes cellules devrait compenser immédiatement cette hyperplasie.
On n’a jamais dit, en tous cas, que la colchicine provoquait aux doses employées la croissance d’un tissu.
L'avenir des mitoses intoxiquées n’a été précisé que plus tard. En anticipant un peu sur les travaux ultérieurs, on peut dire que:
a) Ou bien la chromatine dégénère et la cellule meurt avant de finir sa division, l’anaphase et la télophase étant impossibles ;
b) Ou bien l’intoxication ayant été assez faible, le cycle mitotique peut se poursuivre, pour aboutir à deux noyaux-fils parfaitement normaux.
Plus souvent, dans ce cas, on observe des inégalités
de taille, des ponts de chromatine entre eux ou encore des micronoyaux, dus à la vésiculation de chromosomes isolés ou de groupes chromosomiques aberrants. Cela signifie que le processus de reconstitution nucléaire a surpris des chromosomes attardés et une division chromosomique en pleine irrégularité.
c) Une troisième éventualité, beaucoup plus rare chez les animaux, mais dont la cellule végétale donnera de magnifiques exemples, est la reconstitution sur piace, à hauteur de la plaque équatoriale, d’un noyau formé par vésiculation des chromosomes, dont la forme est normale, la taille un peu plus grande peut-être, mais dont le stock chromosomique est double, puisque le clivage a eu le temps de se faire.
Nous retrouverons par la suite ces diverses anomalies que des botanistes, surtout, ont eu le mérite de mettre en lumière. Pour le moment, nous suivons les travaux de Lirs et Dusri, qui s’attachèrent à l’étude des phénomènes de dégénération, que nous allons maintenant analyser.