‹ L’action des toxiques sur la cellule en divisionChapitre 5 sur 67 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

avons consacré une longue étude-et une analyse expérimentale personnelle, destinée à établir la manière dont il intervient dans la division. À cause de son activité très nette, même à doses faibles, cette substance a Cté appliquée d’emblée à un type pathologique de prolifération, sur laquelle les essais thérapeutiques ont une particulière importance: nous voulons dire le Cancer.

Le choix de la colchicine était-il heureux? Ou valaitil mieux utiliser d’autres substances, détruisant complètement la mitose au lieu de la bloquer, telles que la trypaflavine, par exemple? L’avenir le décidera. En attendant, nous avons voulu, après tant d’autres, apporter notre modeste contribution à ce problème, dont on

‘comprendra aisément combien il peut être passionnant

par l’importance de ces conséquences. Nous avons pensé que l’étude thérapeutique de cet alcaloïde avait été trop tôt abandonnée pour le traitement des tumeurs et qu’il convenait de reconsidérer le problème. Les quelques résultats que nous apportons ont renforcé cette: impression, sans entraîner un enthousiasme prématuré, autant que dangereux.

Reprenant dès son début cette question de cytotoxicologie, nous racontons dans un premier chapitre l’histoire des découvertes de Dustin; ce récit des vicissitudes que peut subir une hypothèse était nécessaire et il reste instructif. | 7

Ensuite, nous analysons dans le détail le mode d’action de la colchicine avec les variantes qu’a pu apporter une expérimentation longue et variée. Nous arrivons à cette conclusion que cette action est d’inhibition et non d’excitation, et à des considérations plus générales sur la nécessité de bien choisir le matériel biologique,

quand on veut en obtenir une réponse claire.

Passant en revue toutes les connaissances, tantôt vagues, tantôt fragmentaires, tantôt approfondies, mais limitées à un seul groupe biologique par exemple, qui agissent aussi sur la mitose, nous sommes amené à étudier avec plus ou moins d’intérêt un grand nombre de substances qui, à tort ou à raison, sont considérées comme agissant sur la caryocinèse. Nous verrons que le moment n’est pas encore venu d’élaguer dans cette foule de corps, parce qu’on n’a pas suffisamment distingué les poisons caryoclasiques d’une part et les toxiques électifs de la division, dont la colchicine est le type, d’autre part.

Il nous restera encore à développer l’enchaînement des applications diverses à la Biologie, à la Clinique et à la Thérapeutique, surtout à la Thérapeutique du Cancer. |

Enfin, un dernier chapitre rapportera nos travaux personnels sur le mode d’action de la colchicine, dans les tissus normaux et néoplasiques, la manière dont nous l’avons appliquée en Cancérologie et les autres substances que nous avons essayé de lui comparer.

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