‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 100 sur 196 · FRANGE ET ITALIE SOT · texte numérisé non relu

FRANGE ET ITALIE SOT

succès de TExposition, que, trois mois après, TÂngleterre aurait à préparer des armements pour se défendre!...

P.'S. Je viens à Tinstantde lire le décret relatif aux biens des princes d*Orléans, et le changement de ministère en France, et me voilà reprise de tous mes doutes.

Ici les boutiques sont pleines de caricatures sur ce qui se passe en France. On appelle le président Malaparte, ce que je trouve assez comique, mais je ne sais pas si cela est neuf.

On a parlé plus haut de l'espèce de contradiction apparente qui existait entre quelques-unes de ses opinions politiques. Dans la lettre suivante, datée de Gènes, Lady Georgiana en parle ellemême et ne laisse rien à ajouter sur ce point à ses propres explications.

Florenoo, 17 février 1852.

... Puisque vous aimez la discussion que nous avons entamée,je vais la poursuivre, mais ce sera, je Tespère, par la méthode des arguments et non celle de la dispute .. Et en premier lieu, je veux bien convenir sur-le-champ qu*en matière de politique, je suis jusqu'à un certain point dénuée de principes solides, c'est-à-dire de préférence déterminée pour un certain mode de gouvernement, considéré en lui-même et sans égard pour les circonstances dont il est environné, les temps, les lieux, et le caractère des nations où il s'exerce. Je crois que, chez certains peuples et dans certaines conditions soci<ile6, les lois les plus utiles et les plus bienfaisantes ailleurs pourraient devenir dangereuses et malfaisantes. Rien, je vous le répète, ne me [semble immuable en ce monde, hormis les vérités religieuses et la loi de Dieu. Je considère que la Justice et la Bonté font partie de cette Loi. Si donc Louis Napoléon ou le Roi

de Naples les enfreignent, je suis toute prête k les condamner autant que vous. Mais il reste à déterminer, si les sëvéritës qu^ils exercent servent, oui ou non, à maintenir l'ordre social et à réprimer les entreprises des pires ennemis de toute justice et de toute humanité? Je ne vous afBrme pas qu'il en soit ainsi, je vous explique seulement ce que je veux dire, lorsque je parle de fonder mon opinion sur ces sujets, non sur des principes mais sur des faits. Le gouvernement absolu n'est pas, suivant moi, nécessairement opposé à ces lois divines de justice et de bonté. Je ne voudrais donc pas qu'en tous cas et toujours il fût condamné, mais qu'il fût jugé par l'esprit qui l'anime, et les moyens qu'il adopte. . . Toutes les institutions humaines sont faillibles et, comme je ne vois de perfection en aucune d'elles, j'admets à coup sûr qu'elles doivent être modifiées selon les besoins nouveaux que le temps amène dans l'histoire de l'humanité. Je trouve que la liberté est un grand bien, mais non pas le plus grand de tous. Je trouve que la discussion libre et le self government sont des choses excellentes, quand l'une fait jaillir la vérité et que l'autre produit la paix et le bon ordre. Mais quand leur résultat est absolument le contraire, alors je ne les trouve plus bonnes, car elles ne sont pas pour moi des biens absolus, mais seulement des moyens d'atteindre un but défini : le bonheur et la paix des peuples ; moyens, qui, je l'admets, sont en général les meilleurs connus, mais pas toujours, ce qui justifie, ne le trouvez-vous pas, la variation que vous reprochez à mes opinions, ou du moins à mes sympathies politiques ?

Je reconnais qu'en Angleterre les radicaux m'inspirent une certaine sympathie, d'abord parce que, lorsque la démocratie n'est point alliée au mal (comme cela a presque toujours été sur le continent] mon inclination est tout

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