‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 101 sur 196 · FRANGE ET ITALIE · texte numérisé non relu

FRANGE ET ITALIE

entière de ce côté-là. J'aime Textension du suffrage, je déteste le monopole et les privilèges, et quant à la Religion, la liberté et Tégalité qu'ils réclament, serviraient selon moi les intérêts de ce qui est à mes yeux la Religion véritable, et la première de toutes les choses que j'ai à cœur. Mais voici, mon cher Freddy, où l'accord va cesser entre nous. Je considère la connaissance de la vérité religieuse, réducation chrétienne des enfants des classes ouvrières, comme le premier et le plus important de tous les buts à atteindre, de tous les bienfaits à obtenir; et la liberté civile, le bien-être, la prospérité temporelle, comme des biens en eux-mêmes fort désirables sans doute, mais fort inférieurs aux premiers, et qu'on ne peut mettre en comparaison avec ce qui regarde l'âme humaine. Sur le continent les radicaux, à peu près sans exception, se sont identifiés avec l'athéisme et Tincrédulité. En Angleterre, au contraire, ils ont servi la cause de ce qui est pour moi la vérité absolue, et par conséquent (sans- le vouloir, il est vrai), ils ont secondé ce que je regarde comme le plus grand bienfait que l'on puisse conférer aux hommes. Voilà pourquoi les sentiments que m'inspirent les uns ou les autres diffèrent autant. Vous allez être peut-être surpris et mécontent de m'entendre vous dire si explicitement l'importance suprême que j'attache à ce point unique. Mais à quoi bon battre les buissons pour dissimuler ma pensée, tandis que ce n'est qu'en l'avouant franchement que je puis me faire comprendre et vous donner [pour ainsi dire la clef de mes inconséquences apparentes.

Néanmoins ma sympathie naturelle, je le répète, est toute en faveur de la Liberté. J'aurais été satisfaite si la République française avait pu suivre ce qui semblait être ses bonnes tendances au début. J'aurais aimé que son Assemblée nationale pût la servir fidèlement et ses hommes d'État la bien gouverner. Ce genre d'issue m'eût fait beau*

coup plus de plaisir que je n'en ai à voir Louis Napoléon à la place qu'il occupe, lors même qu'il s'y conduirait avec toute la sagesse, toute l'humanité imaginables. Mais, il me semble évident que telle qu'elle était la République était absolument impuissante pour le bien, et préparait au pays tout entier les horreurs de l'anarchie.

Il en est de même en Italie. Toutes mes sympathies sont en faveur de l'indépendance italienne. Les troupes autrichiennes me sont partout pénibles à voir. Et cependant. . . étant maintenant convaincue que dans l'état actuel du pays, aucune institution libérale (et quel effort fut jamais plus généreux en ce sens que celui qu'avait spontanément tenté t^ie IXI)ne pourra jamais fonctionner sans être immédiatement transformée en instrument de désordre par l'influence désastreuse et maudite de Mazzini ; m'étant, dis-je, convaincue de cela et ne voyant répondre à toutes les amnisties^ concessions et bienfaits du plus paternel des souverains que par une ingratitude éhontée (non du peuple, il est vrai, mais d'une bande errante de brigands empêchant tout progrès et travaillant sans relâche à pervertir la foi et les mœurs des Italiens), voyant tout cela, je suis forcée de me réjouir qu'ils soient tenus en respect, même au moyen de baïonnettes autrichiennes et de quelques arrestations arbitraires.

En parlant de Rome et de Naples, il ne faut pas oublier que l'assassinat fait partie du système de Mazzini, et qu'arrêter un homme qui fait partie d'une association suspecte peut devenir une précaution absolument nécessaire. C'est un misérable état de choses, j'en conviens, mais à qui la faute ? Quand les gens sont poignardés dans la rue pendant qu'ils causent avec leurs amis, on ne peut plus user des ménagements délicats qui entourent et ralentissent les formes de la justice dans les pays où la vie n'est point menacée de cette façon. . . Rappelez-vous que le Pape avait

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